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Politique Internationale

Johnny Hallyday: "Contre la politique et jamais alcoolique"

Par L'Economiste | Edition N°:602 Le 24/09/1999 | Partager

· Les bons et mauvais souvenirs qui ont marqué Johnny

Plus de 100 millions de disques, près de 850 chansons, plus de 40 disques d'or, 20 de platine, plus de 100 tournées, 28 films, plus de 1.000 couvertures de magazines, des millions de mots. L'Alhambra, l'Olympia, le Parc des Princes, Las Vegas, le Stade de France, en l'an 2000, les Champs-Elysées: toujours plus énorme. "J'ai besoin de paris pour m'exciter. Jean-Jacques Goldmann m'a écrit une très jolie chanson qui est tout à fait moi, plus moi que moi: Donnez-moi l'envie d'avoir envie". Et des amours, mariages, ruptures, divorces, deux enfants, deux petits-enfants, une tentative de suicide, des triomphes, des échecs, des tombereaux de clichés. Il ne lui aura manqué qu'une interview par Marguerite Duras pour être canonisé. Un mythe, donc.
Johnny Hallyday s'avance dans un couloir sombre de l'hôtel Raphaël. Foulée déhanchée, le "Boss" se dandine un peu. Maigre, presque frêle, la chevelure roussie, T-shirt Armani, treillis, tennis blanches, lourd bracelet d'argent, un lion tatoué sur le bras. Sa voix de basse laisse percer des accents faubouriens, mais un son qui sonne juste un Paris en noir et blanc. Il se pose sur une bergère dans une sorte de bonbonnière, entre salle d'attente de notaire de province, velours fanés, peintures à la grotesque, et salon de claque de haut vol: "Où sont les poules de luxe?" lance-t-il. Sur son portable à motif de guitare nacrée, il règle des détails domestiques. La vie a laissé des traces dans son regard bleu-vert qui se plisse, se durcit, s'adoucit au gré des minutes. Le bouc latino lui donne un air méphistophélique, un rien à la Béjart. On s'affaire autour de lui, maquilleuse, coiffeur, photographe.
Un père, un fils, séparés par un divorce, l'océan, réunis par des calendriers aléatoires (Sylvie Vartan a élevé David aux Etats-Unis). Ce disque ensemble, comme un pardon, forcément. "Non, je ne pense pas avoir à me faire pardonner quelque chose. La vie a été faite ainsi. J'ai vu mon fils quand je pouvais, je ne l'ai pas vu grandir dans ma maison. On a essayé de rattraper le temps perdu quand il a grandi".
Le mythe dure depuis quarante ans: les années 60 ont fait surgir une jeunesse dans la France pantouflarde. Et Johnny lui a donné une voix: "Nous, les enfants des lendemains de la guerre, nous avions du désarroi. Nous étions des paumés. Pour la France d'aujourd'hui, il y a le chômage, le sida".
Je ne suis ni de droite ni de gauche. Johnny le chiraquien, tout de même tranchant: "Je suis très ami avec Chirac depuis longtemps, pas du tout politiquement". On pressent deux types qui se reniflent et se sentent du même tonneau. "Non, j'ai aussi été très ami avec Marchais". Des Johnny de la politique, en somme, des types qui existent par leur corps: "Peut-être que cela me séduit, des gens qui ont de la présence, leur parti politique, je m'en tamponne".
On y vient forcément au cliché "bête de scène", "présence physique": "Mes idoles ont toujours été gens qui dégageaient quelque chose. Mes admirations: Marilyn Monroe, James Dean, Montgomery Clift, parce qu'on a envie de leur ressembler, avec leur désespoir et leurs éclats de rire. Le gars parfait pour moi devait ressembler à James Dean et chanter comme Elvis Presley. Un rebelle est un homme libre".
"L'Homme", comme on dit dans son milieu, a accusé cette image de virilité jusqu'à la caricature: "Ça, c'est au spectacle, je ne joue pas ma peau comme à la guerre, mais je remets tout en question dans mon métier. Je peux passer de la démesure à l'intimité, à la tendresse". Cette démesure l'a porté jusqu'à la drogue; la provocation l'a poussé jusqu'à le confesser: "Non, c'était une interview honnête. Je déteste les sujets vérité où l'on dit: Non, moi, jamais! Je ne le cache pas mais je ne m'en vante pas. Je devais d'ailleurs me sentir mal dans ma peau; j'ai décidé de changer, je me sens mieux". Il y a ceux qui disent, le vrai Johnny, il faut le connaître "torché": "J'ai jamais été alcoolique, je peux m'en passer. Il m'arrive de rentrer torché, après une soirée joyeuse avec ma bande de copains. Qui n'a pas fait ça, jeune?".

Jean-Luc ALLOUCHE
Syndication L'Economiste-Libération (France)

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