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    Affaires

    Jet4you attaque un ministre wallon

    Par L'Economiste | Edition N°:2495 Le 29/03/2007 | Partager

    . Pour un préjudice de 35 millions de DHMieux vaut tard que jamais. La direction de Jet4you est décidée à obtenir «réparation des conséquences très préjudiciables» de l’arrêté du ministre wallon des Transports, lui interdisant ses liaisons entre Charleroi et Liège. La jeune compagnie a introduit une action au tribunal de première instance de Namur, en Belgique. L’affaire remonte à septembre 2006 quand Jet4you annonce l’ouverture d’une ligne Casablanca-Charleroi-Liège-Casablanca. Cette annonce fait suite à l’autorisation délivrée par le ministère fédéral belge des Transports. Cette instance, soutient la compagnie, est la seule compétente en Belgique à délivrer les droits de trafic en vertu de l’accord aérien bilatéral liant le Maroc à la Belgique.Il n’empêche que pour s’entourer de toutes les précautions, les responsables de Jet4you avaient en son temps sollicité et obtenu l’accord des aéroports de Charleroi et de Liège, qui dépendent du ministère wallon des Transports, chapeauté par André Antoine. C’est peu dire donc que la compagnie (le capital est détenu à 40% par l’allemand de voyages TUI et le reste à parts égales par Investima, fonds d’investissement de la Société Générale Maroc, Attijariwafa bank et Holidays Services de la famille Benabes-Taarji) disposait de toutes les autorisations requises pour exploiter cette liaison. Mais la décision interdisant «les vols de Jet4you entre Charleroi et Liège prise et communiquée par André Antoine à la veille même de l’ouverture de cette liaison (1er novembre 2006) était pour le moins inattendu (cf. L’Economiste du 7 novembre 2006). Le staff de Jet4you qualifie encore cette décision «d’abusive tant par sa tardiveté que par sa contrariété aux autorisations et engagements» des autorités belges. Convaincue d’avoir été lésée par cette décision, la compagnie a minutieusement préparé sa riposte en engageant un auditeur pour évaluer le préjudice (3,3 millions d’euros, soit 35 millions de DH de pertes calculées sur la base de budgets de campagne publicitaire, perte du chiffre d’affaires sur ces vols, atteinte à l’image de la compagnie…). «Ce préjudice inclut aussi la prise en charge à partir du 20 décembre 2006 par Jet4you du coût des navettes en bus entre Liège et Charleroi, alors que le ministre avait annoncé que ces coûts seraient pris en charge par la Région», rappelle-t-on au sein de la direction. Le ministre wallon qualifie de «fantaisiste l’action de Jet4you». Il brandit la position tranchée du commissaire européen aux Transports. En réponse à sa lettre, le commissaire Jacques Barrot, écrivait dernièrement: «l’arrêté d’André Antoine, interdisant les sauts de puces n’est pas illégal... Le texte de 1958 ne donne pas de garantie particulière aux compagnies marocaines sur la possibilité pour elles d’opérer des vols en coterminalisation». C’est-à-dire un vol comptant deux villes de destination et/ou de décollage. Pis encore, écrit Barrot, «même si l’accord entre l’Union européenne et le Maroc va octroyer, à terme, des droits importants en Europe aux compagnies marocaines, elles ne bénéficieront pas de droits pour le trafic intérieur à un Etat membre, ni même de droit de coterminalisation à l’intérieur d’un Etat». Quel sens donner alors à la clause «ciel ouvert» entre l’UE et le Maroc? A cette question, le commissaire européen oppose «les raisons environnementales font partie des exceptions qui limitent la liberté des compagnies marocaines à opérer dans le ciel européen». Jet4you et les autres compagnies marocaines apprécieront.


    Grosses pertes pour une low-cost

    Un auditeur, réviseur d’entreprises indépendant, évalue les dommages et intérêts subis par Jet4you à 3,3 millions d’euros. Il fallait du temps pour évaluer et chiffrer correctement ces dommages encourus (tel que les indemnités et annulations de vols par les passagers par exemple). L’arrêté du ministre André Antoine désignait expressément Jet4you.Bachir THIAM

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