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    Politique Internationale

    Je suis gros, cherchez le coupable!

    Par L'Economiste | Edition N°:467 Le 19/03/1999 | Partager

    · Premier gène découvert jouant un rôle dans le métabolisme de la maladie. Nom de code: MG

    · Des tests effectués sur des souris

    · En France par exemple, plus de 400.000 personnes meurent chaque année à cause de l'obésité


    Et si l'obésité avait une origine génétique? Cela paraît invraisemblable, mais c'est bien la réalité. Des chercheurs américains du laboratoire Millenium Pharmaceuticals à Cambridge viennent d'identifier le premier gène impliqué dans le métabolisme de l'obésité. Son nom: Mahogany ou gène MG. Il est le sixième gène de l'obésité découvert, mais le premier a joué un rôle dans le métabolisme de cette maladie. Celui-ci est capable d'agir notamment sur les dépenses énergétiques de l'organisme. Appliquée à l'homme, cette découverte qui ne concerne pour le moment que les souris, pourrait aboutir à la mise au point d'un médicament aidant à rester mince.
    La biologiste moléculaire Karen Moore, responsable de l'étude de Millenium Pharmaceuticals, estime en effet que cette découverte aidera les chercheurs à mettre au point un médicament capable de miner l'activité du gène muté.
    Le mécanisme de pénétration dans l'organisme d'un tel médicament fait d'ailleurs l'objet d'une deuxième étude publiée dans "Nature" par des chercheurs de l'Université de Stanford (Californie).
    Mais ce n'est pas encore évident. En effet, bien que tout plaide en faveur d'une origine génétique de l'obésité, l'excès de poids aurait des causes plus diverses. C'est un problème complexe dans lequel le régime mais aussi l'exercice physique et la biologie jouent un rôle tout aussi important, souligne le généticien Craig Warden de l'Université de Californie à Davis. C'est la raison pour laquelle il faudra plusieurs années avant de mettre au point un médicament adapté.

    En attendant le remède miracle, les spécialistes continuent à encourager l'activité physique dans la vie quotidienne et les loisirs.
    Par ailleurs, et toujours dans le même contexte, deux chercheurs québécois, Michel L. Tremblay de l'Université McGill et Brian Kennedy, de la compagnie Merck Frosst, ont identifié un autre gène lié cette fois-ci à l'obésité et au diabète. L'étude est publiée dans la revue Science. Ces chercheurs ont isolé des souris chez lesquelles l'absence d'une enzyme de ce gène permet à certains individus de manger littéralement tout ce qu'ils veulent, sans souffrir de diabète, ni prendre du poids. En bloquant l'activité de cette enzyme, le sang des souris devient beaucoup plus sensible au glucose, explique le biochimiste Tremblay. C'est en fait dans le diabète de type II, qui se développe surtout chez les personnes obèses et âgées de plus de 40 ans, que l'enzyme, appelée PTP-1B, jouerait un rôle de premier plan. Evidemment, cette découverte commence à susciter l'intérêt des chercheurs pour tenter de l'appliquer aux humains chez qui ce type de diabète se développe surtout chez les personnes obèses sans raisons apparentes et frappe plus de 35 millions de personnes dans le monde.
    A noter que l'obésité est un mal qui ne cesse d'augmenter et qui touche par exemple plus de 54% des adultes américains et de 6 à 8% de la population française. De plus, la tendance actuelle à l'uniformisation des modes de vie doit faire craindre, selon les spécialistes, une augmentation de l'obésité dans les années à venir. Cette tendance est justifiée par une sédentarité croissante, une proportion de plus en plus importante d'adultes cessant de fumer, une alimentation riche en énergie et en graisse.

    A l'heure actuelle, en France, par exemple, entre 40.000 et 100.000 personnes meurent chaque année directement ou indirectement de l'obésité.

    Abdelaziz MEFTAH
    (Agence Science Presse et AP)

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