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Jalil Benabbès-Tâarji, président de l'AIH Marrakech : "L'investissement est le vrai baromètre de la reprise"

Par L'Economiste | Edition N°:379 Le 16/11/1998 | Partager

Le président de l'Association de l'Industrie Hôtelière (AIH)(1) de Marrakech analyse le mouvement actuel de la reprise du tourisme dans la région. Pour entretenir cette dynamique, c'est le moment ou jamais, dit-il, d'agir sur les fondamentaux du secteur.

- L'Economiste: Marrakech déborde de touristes, la ville refuserait même des opérations de congrès. Difficile de faire la fine bouche, cette fois l'activité est bien repartie. A quoi l'attribuez-vous?
- M. Jalil Benabbès-Tâarji:
Il faut distinguer entre deux grandes familles d'explications. Des facteurs objectifs et subjectifs. Dans le désordre, il y a un phénomène de mode qui est incontournable, comme dans l'habillement. Après avoir traversé une période difficile, la destination marocaine est entrée dans un nouveau cycle de croissance. Notre espoir est que ce cycle dure le plus longtemps possible. Il y a aussi les efforts en matière tarifaire de la profession et de la Royal Air Maroc et une reprise générale du marché des voyages.
Ceci dit, moi je reste prudent; je ne serai rassuré que si l'on maintient ce rythme sur deux ou trois ans. Si la reprise commerciale est bien réelle, les fondamentaux, eux, n'ont pas changé. J'entends par là la politique de promotion et les moyens qui y sont consacrés, la relance de l'investissement, la révision du régime fiscal du secteur, les taux d'intérêt, la question foncière, etc. C'est sur ces éléments qu'il faut agir pour asseoir une croissance durable.
Je crains qu'il n'y ait pas assez de volonté politique pour traduire le caractère prioritaire du tourisme dans les faits. Lorsque le gouvernement place l'emploi au coeur de ses priorités, il faut que cela se retrouve de manière opérationnelle dans le cahier des charges de chaque département. Cela ne me semble pas être le cas aujourd'hui. Le vrai baromètre de la reprise est l'investissement. Or, l'investissement dans l'hôtellerie a touché le fond, il est à un niveau quasi nul.

- Comment relancer donc la machine à investir ?
En plus des facteurs que je viens d'évoquer, le plus urgent, c'est la réforme de la Charte des Investissements. Tous les industriels et opérateurs économiques s'en plaignent. Le principe du zoning prévu dans la Charte n'est que théorique. Le décret d'application n'a jamais été publié. Mon idée serait de le réintroduire en adoptant un découpage à deux zones, l'axe Berrechid-Casablanca-Kénitra et le reste du pays. Cette configuration éviterait que les parlementaires ne se fassent la compétition que pour leur région. Ou, le cas échéant, élargir les pouvoirs des conseils régionaux qui décideraient des facilités à accorder aux investisseurs. Sachez qu'en Tunisie dès qu'une entreprise atteint 80% de son chiffre d'affaires à l'exportation, elle a la latitude d'opter pour le régime de zone franche.
Par ailleurs, avec un taux d'intérêt à deux chiffres, il éjecte une partie des promoteurs du marché. Celui-ci écrème de facto, en acceptant que les dossiers les plus solides qui finissent par trouver un financement.

- Vous ne pouvez pas reprocher aux banquiers de ne financer que des projets "bancables".
- Je fais juste un constat; je ne dis pas que les banques ont tort d'agir ainsi. C'est normal qu'elles se montrent méfiantes après tous les problèmes qu'a connus le secteur. J'essaie d'expliquer tout simplement la disparition des investissements dans l'hôtellerie sans jugement de valeurs.

- A la différence d'autres secteurs, le tourisme n'arrive pas à faire passer ses revendications. Votre lobbying est moins percutant que celui de la pêche ou de l'agriculture par exemple.
- Vous avez tout à fait raison. Je constate que depuis deux ans les représentants du secteur ont brillé par leur absence à des moments cruciaux. Dans notre secteur, il y a encore beaucoup de chemin à faire en matière de culture associative. Il n'est pas d'ailleurs exagéré d'affirmer que le tourisme n'a pas encore fait sa révolution culturelle.

- Le retour des enseignes hôtelières internationales au Maroc semble agacer les hôteliers. Pourquoi selon vous?
- Votre constat n'est pas général. Il faut aussi comprendre que pour quelques cas isolés qui étaient en difficulté, toute la profession a été injustement traitée de piètre gestionnaire.
Maintenant, pour en revenir aux chaînes étrangères, nous nous disons dans la profession qu'elles sont les bienvenues dans la gestion hôtelière et dans l'investissement. Nous souhaitons en revanche que les transactions, qu'il s'agisse de cession ou de location d'actifs publics ou semi-publics, y compris le dossier du CIH, se déroulent dans l'équité et la transparence. Qu'elles fassent systématiquement l'objet d'appels d'offres ouverts à tous. Je ne parle pas de préférence nationale qui est une notion archaïque, je dis appel à concurrence très large.

Propos recueillis par Abashi SHAMAMBA

(1) M. Jalil Benabbès-Tâarji est président de l'Association de l'Industrie Hôtelière de Marrakech et président de l'antenne de la CGEM pour la région de Marrakech et Tensift.

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