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International

Israël découvre la guerre asymétrique
Par le colonel Jean-Louis DUFOUR

Par L'Economiste | Edition N°:2327 Le 26/07/2006 | Partager

Entre Israël et le Hezbollah, la bataille terrestre est engagée. Toutefois, l’armée israélienne semble hésiter entre l’invasion du Liban et des opérations de va-et-vient limitées au fleuve Litani, 20 km au nord de la frontière.Ces jours derniers, les indices d’une entrée en force de Tsahal(1) au Liban n’ont pas manqué, rappels de réservistes, montée en ligne de six brigades, mise en place de tank dozers pour ouvrir des passages dans la grille frontalière… En même temps, le gouvernement israélien a multiplié les déclarations apaisantes, parfois contradictoires: pas d’occupation du Liban, pas de guerre au peuple libanais, durée réduite des opérations… Israël doute. Il se rappelle l’opération «Paix pour la Galilée» en juin 1982, de sinistre mémoire. Aujourd’hui, une guerre contre des miliciens sans uniforme, prompts à se disperser dans la population et que rien ne distingue des autres Libanais, supposerait une occupation longue, un contrôle étroit des habitants, l’instauration d’un ordre policier insupportable. L’Etat hébreu doit retrouver ses deux soldats enlevés et supprimer les capacités de nuisance du Hezbollah pour assurer la sécurité du pays. Cela exige des actions terrestres d’envergure en complément des raids aériens. Cependant, le gouvernement du centriste Ehud Olmert, confronté d’un côté aux manquements évidents de son armée, de l’autre à la pugnacité du Hezbollah, doit commencer à se poser des questions quant à la bonne conception des opérations en cours.. Une armée israélienne en questionTsahal n’est plus ce qu’elle était. Que son aviation de combat détruise des convois d’ambulances, qu’elle attaque deux excavatrices garées de longue date sur un chantier en sommeil d’Achrafieh(2), que n’importe quel camion puisse être incendié sur une route au seul prétexte qu’il s’agit d’un camion, révèle sinon un manque de sang-froid, du moins une absence inquiétante de renseignements précis. Au plan tactique, le comportement des fantassins hébreux laisse perplexe. Mercredi et jeudi derniers, deux accrochages avec le Hezbollah se sont traduits chaque fois par quatre soldats perdus pour Tsahal, sans compter de nombreux blessés. Une fois, au moins, une unité israélienne est tombée dans une embuscade, en approchant une position apparemment abandonnée du Hezbollah.Ce dernier, sur la base d’une menace effective à l’encontre des villes israéliennes, a conçu une stratégie à trois volets: 1. amener Tsahal à lancer des attaques coûteuses contre des positions préparées à l’avance; 2. attirer Israël le plus loin possible à l’intérieur du Liban de manière à rendre ses armées dépendantes de lignes de communication d’autant plus vulnérables qu’elles seront étirées; 3. tendre vers une insurrection de type irakien face à laquelle Israël ne pourra se dérober de peur d’une reprise des tirs de missile sur ses villes mais qu’il ne saurait affronter longtemps pour cause de pertes excessives. . Que peut faire Israël? Pour ce faire, le Hezbollah a parsemé le sud Liban de blockhaus savamment disposés et camouflés qui servent à la fois de position défensive et de base de tir pour les roquettes. Trois mille hommes les tiennent, avec armes antichars et missiles sol-air portatifs dont, paraît-il, des «Stinger» américains. Cerise sur le gâteau, le Hezbollah a déclenché sa guerre au moment et sur le terrain qu’il a lui-même choisis! Dès lors, Israël doit faire trois choses: écarter la menace qui pèse sur ses villes et donc annihiler toutes les capacités de lancement du Hezbollah entre la frontière et le Litani ; détruire les installations de la milice libanaise, donc aller d’une manière ou d’une autre dans le nord de la Bekaa et dans les faubourgs sud de Beyrouth; atteindre ces objectifs sans se laisser entraîner dans une guerre d’attrition contre des insurgés compétents et déterminés. Le temps n’est plus où Israël affrontait avec brio des armées arabes mal équipées et peu manœuvrières. Très différente est la contre guérilla, dure, ingrate, moralement pénible; elle se mène contre des groupes d’individus plus ou moins organisés, structurés et motivés, peu vulnérables aux coups de formations blindées-mécanisées, à la fois ultramodernes et dépassées. L’armée de conscription d’Israël déteste ce type de conflit, préférant des campagnes courtes et brillantes, sinon joyeuses. Si les combattants du Hezbollah savent s’adapter aux circonstances, s’ils parviennent à durer sous les frappes tout en conservant une cohésion élémentaire, cette nouvelle campagne libanaise pourrait se révéler autrement difficile que la guerre ratée contre l’OLP, il y a vingt-cinq ans. A moins que cette sombre perspective n’incite finalement Israël à se rallier à l’idée d’une force internationale d’interposition.


Une armée libanaise impuissante

Les 60.000 hommes n’interviendront pas ou peu. Peu mobiles, dotées d’un armement obsolète et hétéroclite, dépourvues d’appui aérien, les brigades libanaises à la cohésion aléatoire, recrutées en fonction de la confession (une unité druze, une autre maronite, la troisième chiite, etc.), semblent hors d’état de mener un combat moderne.. L’armée syrienne, l’arme au piedNonobstant les déclarations d’un ministre syrien, selon lequel Damas entrerait en guerre en cas d’invasion du Liban par Israël, l’armée syrienne (250 000 hommes équipés de matériels soviétiques) ne devrait pas bouger. Elle a trop éprouvé en 1982 l’efficacité de l’aviation de combat israélienne pour envoyer à nouveau ses appareils Mig et ses grandes unités au massacre.

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