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    Irak: Le Conseil de Sécurité divisé

    Par L'Economiste | Edition N°:408 Le 25/12/1998 | Partager

    Les quatre jours de frappes qui ont meurtri l'Irak ont aussi fait une seconde victime: les Nations Unies et leur secrétaire général, M. Kofi Annan. Un débat oppose actuellement Américains et Russes sur l'étendue de ses prérogatives.


    Pas de consensus au Conseil de Sécurité sur la crise irakienne. Les Etats-Unis ont émis des réserves mercredi 23 décembre sur la proposition russe de charger le secrétaire général de l'ONU, M. Kofi Annan, d'une évaluation de la situation en Irak avant la collaboration avec le pouvoir irakien. Dans un projet de communiqué, la Russie avait proposé mardi que Kofi Annan évalue en premier lieu l'impact des frappes aériennes américano-britanniques et "joue son rôle dans la promotion des travaux humanitaires et la restauration de la diplomatie". Pour Washington, Annan ferait mieux de se cantonner au seul aspect humanitaire. Ainsi, elle a présenté des amendements au texte qui requiert l'unanimité, sur lesquels est effacée toute allusion à la diplomatie.

    Le représentant-adjoint de la Russie à l'ONU, Youri Fedotov, s'est opposé à cette limitation du rôle du secrétaire général. "Kofi Annan doit continuer à jouer un rôle important et significatif", a-t-il expliqué, ajoutant que le Conseil de Sécurité devait "réaffirmer son rôle aux termes de la Charte des Nations Unies".
    Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, quant à elles, veulent une réunion du collège des 21 experts de la Commission Spéciale de l'ONU chargée du désarmement de l'Irak (UNSCOM) avant la fin du mois de janvier pour évaluer la situation. Elles exigent cependant que ce soit les inspecteurs de l'UNSCOM et les représentants de l'Agence Internationale pour l'Energie Atomique (AIEA) qui effectuent cette évaluation en premier "du mieux qu'ils pourront sur le terrain".

    Exclu du désarmement


    "Un compromis est envisageable. Mais pas avant la semaine prochaine", a confié à la presse l'ambassadeur de Suède auprès des Nations Unies.
    Un diplomate américain a ainsi affirmé que Washington pouvait se montrer "flexible" pour accorder à M. Annan un rôle diplomatique, mais l'a exclu du domaine du désarmement. Elle s'oppose aussi à un paragraphe du texte qui "regrette" l'usage de la force. En revanche, le diplomate a affirmé "ne pas avoir de problèmes existentiels" avec la réunion des commissaires de l'UNSCOM que les Etats-Unis se proposent de rassembler au plus tard le 31 janvier prochain.
    Un peu plus tôt, Kofi Annan avait exhorté le Conseil à dépasser ses divisions. "J'espère que les divisions au sein du Conseil seront surmontées, parce qu'il est essentiel que nous unissions nos efforts pour aller de l'avant", a-t-il dit aux journalistes. "Cela va demander de la flexibilité, des compromis et la volonté d'être réellement créatif", a-t-il ajouté.

    Cette demande de flexibilité a cependant peu de chances d'aboutir, les Etats-Unis refusant foncièrement toute autre proposition hormis la leur. Le secrétariat d'Etat américain encourageant le secrétaire à "jouer seulement un rôle pour promouvoir les secours humanitaires".
    A l'issue de la réunion à huis clos du mercredi, le président du Conseil, qui n'est autre que l'ambassadeur du Bahreïn, Jassim Buallay, a déclaré que les Quinze devraient reprendre cette discussion la semaine prochaine. De son côté, M. Fedorov a promis de poursuivre des discussions bilatérales pour venir la semaine prochaine au Conseil avec un nouveau texte. Et d'ajouter: "Nous allons étudier avec soin les amendements (américains). Certains peuvent aider, d'autres vont à l'encontre de l'objectif initial de cette déclaration. C'est le cas de la limitation du rôle du secrétaire général au seul aspect humanitaire".

    Ghassan KHABER

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