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    Courrier des Lecteurs

    Investissements industriels agréés : La reprise doit se confirmer en 1995

    Par L'Economiste | Edition N°:166 Le 09/02/1995 | Partager

    Les perspectives d'une mauvaise année agricole ne devront pas pénaliser l'investissement cette année. D'ailleurs, il n'est pas établi que la sécheresse influe sur le comportement de tous les industries. 1994 a été en tout en cas une année de reprise, et cela s'est traduit notamment par un regain d'optimisme chez les patrons qui ont repensé à investir.

    Alors que l'optimisme des milieux d'affaires liés à l'agriculture s'émousse du fait de la sécheresse qui s'installe, le Ministère du Commerce et de l'Industrie (MCI) annonce une progression de 36% des investissements industriels agrées en 1994. Mieux encore, il affirme que les intentions d'investissement pour 1995 resteront orientées à la hausse même si la production agricole est menacée.

    Le redressement des projets d'investissements relevé en 1994 traduit le regain de confiance des industriels dans les perspectives de croissance de leur économie après deux années consécutives de crise. Avec l'annonce d'une bonne campagne agricole 1994 et la reprise des économies nationale et mondiale, les industriels ont en effet ressorti leurs projets des cartons. Certes, ces projets ne représentent que des intentions d'investir, mais de l'avis de M. Alami, chef de la Division des Statistiques et de la Documentation au MCI, ils constituent "le meilleur moyen" pour prendre la température de l'économie et évaluer le moral des patrons. D'ailleurs, la baisse de 7% enregistrée en 1992, la première depuis 1981, avait figuré dans la liste des indices de crise au côtés, notamment, des difficultés de trésorerie des entreprises.

    L'augmentation des intentions d'investissements en 1994 est à nuancer, puisqu'elle intervient après deux années de baisse : 7% en 1992 et 19% en 1993. Ces reculs sont eux-mêmes à relativiser, car en 1991 et 1992 d'importants projets, comme les extensions de cimenteries (Cior, Cadem, Cinouca et Asmar) ou la création de Simasfi, ont été initiés, "perturbant ainsi la courbe de croissance des projets", selon l'expression d'un responsable au MCI. En observant l'évolution des montants à investir, il s'avère en effet que le montant de 1994 (près de 11,3 milliards de DH) est du même ordre que celui de 1991 (environ 11,1 milliards).

    Depuis 1981, année où elles avaient reculé de 10,3% à 1,5 milliard de DH, jusqu'en 1989, les intentions d'investissements ont affiché des taux de croissance supérieurs à 20%, sauf en 1983 et 1985 (4,7 et 1,9% respectivement). Les plus fortes progressions ont été relevées en 1982 (+43,4% à 2,1 milliards de DH) et en 1989 (+39% à 8 milliards). Ce n'est donc qu'à partir de cette décennie, plus précisément en 1990, que les montants des investissements ont franchi la barre des 10 milliards.

    Aussi significative qu'elle puisse être, l'interprétation de l'évolution de ces investissements gagnerait en précision si leur taux de réalisation annuel était disponible. Un tel taux est incalculable puisque les projets passent au stade de réalisation avec quelques mois de décalage, voire des années. En effet, et selon un enquête menée par le MCI sur dix années d'agréments, les projets initiés mettent en moyenne 12 à 18 mois avant d'être concrétisés.

    En 1994 donc, 92% des investissements visés conformes relèvent du secteur privé et 8% du public. Parmi les 4.185 affaires initiées, 1.071 concernant des créations d'unités et 3.114 des extensions.

    Au total, ces affaires nécessitent des dépenses en devises de près de 7 milliards de DH (63% du total), ce qui représente une augmentation de 29% par rapport à 1993. Le financement de ces projets doit provenir pour 53% de fonds propres et pour 36% de crédits bancaires. Les 11% restants sont répartis entre les crédits fournisseurs (7%) et le leasing (4%).

    Parmi les dossiers soumis à l'agrément du MCI, 1.646 intéressent les petites et moyennes industries (PMI), soit 50% de l'ensemble. L'investissement moyen par dossier pour ces PMI est de l'ordre de 913.000 DH, le coût par emploi étant de 45.000 DH en moyenne. La branche de prédilection des petites et moyennes industries reste le textile et le cuir (450 millions de DH doivent y être investis), suivie de la chimie-parachimie (374 millions) et des activités à caractère industriel (236 millions). La petite et moyenne industrie envisage de créer 32.986 emplois pour 1,5 milliard de DH et la grande industrie 37.014 emplois pour 9,8 milliards. Ces chiffres permettent de conclure que l'effet de création d'emploi par valeur investie est environ 6 fois plus important dans les PMI que dans la grande industrie.

    Chimie-parachimie en tête

    S'ils sont réalisés, tous les projets initiés doivent donc se traduire par la création de quelque 70.000 emploi, soit 12% de plus qu'en 1993. L'investissement moyen par dossier s'élève ainsi à 2,6 millions de DH (contre 2,7 en 1993) pour la création de 16 emplois (contre 20) nécessitant chacun 161.000 DH (contre 133.000). En 1992, l'investissement moyen par dossier s'était établi à 3 millions de DH pour la création de 23 emplois nécessitant chacun 133.000 DH. Près des trois quarts (74%) des emplois attendus concernant trois branches: textile et cuir (38%), chimie et parachimie (23%) et agro-alimentaire (13%). Ces trois branches concentrent par ailleurs 67% du montant à investir.

    Ainsi, les industries chimiques et parachimiques ont attiré 35% de l'investissement global contre 16% pour le textile et cuir et autant pour l'agro-alimentaire. Les investissements projetés dans les entreprises à caractère industriel représentent 17% du total investi pour 11% des emplois à créer. Ceux prévus dans les industries métalliques et mécaniques et électriques et électroniques pèsent respectivement 10 et 6%.

    Comparée à 1993. la structure des investissement par secteur n'a donc pas connu un grand changement. Les industries chimiques et parachimiques ont continué d'occuper le premier rang. Les industries agro-alimentaires, qui occupaient la quatrième position en 1992, se sont maintenues au deuxième rang, ex-oequo avec les industries textiles et du cuir qui gagnent ainsi deux places. Les entreprises à caractère industriel, alors en troisième place, se retrouvent à la quatrième.

    France: Indétrônable

    Concernant les investissements étrangers, la France se maintient en tête avec 591 millions de DH dont 47% destinés à la branche chimie-parachimie et 19% au textile et cuir. L'Espagne lui emboîte le pas avec 478 millions de DH, dont 61% vont à la chimie-parachimie. Elles est suivie de l'Italie qui a initié des affaires totalisant 316 millions concentrés à hauteur de 58% dans la chimie-parachimie. L'Arabie Saoudite projette pour sa part de consacrer 88% des 226 millions de DH qu'elle compte investir dans le domaine de la chimie parachimie.

    La répartition régionale des investissements place enfin la Wilaya de Casablanca au premier rang avec 3,7 milliards de DH (33% du total) et 33% des emplois à créer (23.074). Avec près de 1,6 milliard, la province de Settat occupe la deuxième position devant Kénitra (1,2 milliard) et la Wilaya de Rabat (606 millions).

    En outre, la distribution des projets par zone du code des investissements fait ressortir l'importance de la zone III (le Centre) qui totalise près de 4,5 milliards de DH. Elle précède la zone II (30%) et la zone IV (28%). La part relative de la zone I (préfecture de Casablanca-Anfa) s'élève à 3% contre 2 en 1993.

    H.E.

    Les dix plus gros projets de 1994

    - Complexe sidérurgique maghrébin de Settat (création): 730 millions de DH

    - Cellulose du Maroc (extension): 730 millions DH

    - Atelier aéronautique de la RAM (extension): 375 millions

    - Verreries TGF (création): 276 millions

    - Maroc Phosphore (extension): 172 millions

    - ROCA (création): 170 millions

    - Entrecanales del Savero (création): 146 millions

    - Thomson (extension): 121 millions

    - Groupe TCC (extension): 109 millions

    - L'Africaine de Câbles (extension): 108 millions.

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