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    Economie

    Intoxications alimentaires: La mortadelle retirée des rayons

    Par L'Economiste | Edition N°:601 Le 23/09/1999 | Partager

    · Une saisie conservatoire touche tous les produits dans tous les points de vente
    du Maroc

    · Dans plus de 66% des cas de toxi-infections alimentaires collectives, la mortadelle a été suspectée


    L'affaire des intoxications alimentaires se poursuit. Depuis la fin de la semaine dernière, une saisie conservatoire vient de toucher tous les lots de mortadelle et «cacher», «quelle qu'en soit leur origine (fabriqués au Maroc ou importés)» et ce, dans tous les points de vente, les établissements et les grandes surfaces du pays. Des analyses de laboratoire seront menées en vue de «statuer sur l'état de salubrité de ces produits», indique un communiqué émanant du Ministère de l'Agriculture. Il s'agit en fait d'une approche scientifique qui permet de limiter le risque.
    Cette décision a été prise par la Commission interministérielle (Ministère de l'Agriculture, du Développement Rural et des Pêches Maritimes et Ministère de la Santé) en charge de ce dossier lors de la réunion du 17 septembre dernier. A l'ordre du jour, l'examen des données épidémiologiques et analytiques liées aux cas des toxi-infections alimentaires collectives (TIAC) survenus suite à la consommation de certains produits alimentaires.
    La mortadelle, notamment, a été suspectée dans les deux tiers des cas de ces TIAC. Dans le doute, les autorités sanitaires ont donc préféré procéder à la saisie conservatoire de tous les lots de mortadelles, face à un secteur de la charcuterie éclaté et qui s'est développé très rapidement. Sur les 60 unités recensées, seules quelques unes répondent aux normes d'hygiène en vigueur et sont agréées par les services vétérinaires relevant du Ministère de l'Agriculture. De même, pour les circuits de commercialisation où très souvent les conditions d'hygiène et de conservation ne sont pas respectées.

    Les enquêtes menées aussi bien sur les échantillons prélevés par la commission d'enquête que sur le terrain n'ont pas permis d'identifier, «dans l'état actuel des choses, la ou les marques à l'origine des intoxications».
    Sur les différents cas enregistrés ces dernières semaines(1), il a été démontré biologiquement que les intoxications sont en partie dues à une toxine sécrétée par un bacile connu pour l'empoisonnement qu'il provoque, le botulisme. Des contrôles, menés au niveau de certains établissements, particulièrement les snacks et les laiteries, ont conclu à un état sanitaire défectueux.
    Dans tous les cas, la multiplication des cas d'intoxications alimentaires a révélé l'insuffisance du système de contrôle sanitaire mais aussi les mauvaises conditions d'hygiène au sein des établissements de production.
    Aujourd'hui, ouverture des frontières oblige, c'est une nouvelle vision du contrôle des denrées alimentaires qui s'impose. L'approche actuelle du contrôle se limite très souvent au produit fini au détriment du contrôle de tous les maillons de la chaîne de production. Le dossier de la dioxine en juin dernier l'a démontré. Le projet de loi relatif à la qualité et à la réglementation des denrées alimentaires, en cours d'élaboration, devrait rectifier le tir et mettre à niveau l'arsenal juridique.

    (1) Cf L'Economiste des 15 et 17 septembre 1999.


    Les nouvelles mesures pour la charcuterie


    Depuis mai dernier, le secteur de la charcuterie bénéficie de nouvelles normes sanitaires. Il s'agit du décret relatif au contrôle de ces produits publié au BO du 20 mai 1999.
    A travers une vingtaine d'articles, ce texte réglemente la filière d'amont en aval. Il fixe les conditions de fabrication, de vente et de contrôle des produits de charcuterie. Les unités déjà existantes à la date de publication de ce texte disposent d'un délai d'un an pour se conformer aux nouvelles dispositions.
    Le texte passe au crible les normes d'installation d'une unité de fabrication. Celle-ci est subordonnée à l'obtention d'une autorisation préalable des services vétérinaires locaux. D'autres mesures concernent les lieux d'implantation des établissements, les différents équipements, ainsi que le personnel travaillant au sein des unités. De plus, le responsable de l'établissement doit faire procéder régulièrement et au moins une fois par semaine à des contrôles de sa production. Objectif, en vérifier la conformité aux normes techniques et sanitaires exigées.

    Meriem OUDGHIRI

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