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    Economie

    Interruption volontaire de grossesse
    «Aucun soutien officiel n’existe»
    Entretien avec Chafik Chraïbi, gynécologue obstétricien

    Par L'Economiste | Edition N°:2698 Le 23/01/2008 | Partager

    . Toujours des réticences politiques et religieuses. La légalisation n’entraînera pas une augmentation des IVG. «La pilule du lendemain n’est pas une alternative»- L’Economiste: Vous militez pour l’assouplissement des conditions de l’avortement. Pensez-vous que la société marocaine soit prête pour ce débat?- Chafik Chraïbi: Oui. J’en suis persuadé. D’abord, parce que la société vit tous les jours le problème d’une grossesse non désirée. Aussi bien pour les célibataires que pour les couples mariés. Il faut savoir que le Maroc se modernise beaucoup et qu’il s’ouvre sur le monde avec tout ce que cela peut impliquer. Je fais allusion à la libéralisation des mœurs qui aboutit à la multiplication des relations sexuelles hors mariage. Ceci étant, la société se retrouve inéluctablement face à des grossesses non désirées. D’autre part, même les couples mariés peuvent très bien avoir à faire face à une grossesse accidentelle et donc non souhaitée. Et ce, pour multiples raisons telles que des conditions financières peu avantageuses, ou encore dans le cas d’une famille nombreuse. Nous ne pouvons pas dire que tous ces cas sont des échecs du programme de contraception. Je suis intimement convaincu que le Maroc a vraiment réussi son plan de contraception, mais les accidents sont tout à fait envisageables et il faut bien y faire face. - Pourtant, des Etats réputés plus libéraux que le Royaume interdisent toujours l’avortement?- Je suis sûr que vous pensez aux Etats-Unis. Mais il faut savoir que peu d’Etats aux USA interdisent toujours l’IVG. De plus, ces interdictions correspondent davantage à des positionnements politiques. Les officiels adoptent de telles positions pour plaire à leurs électeurs. Au Maroc, la situation est différente. Le débat doit être ouvert en dépit des réticences aussi bien politiques que religieuses. Il est évident que celles-ci se dresseront contre un assouplissement des conditions de l’IVG, mais le débat doit être ouvert pour les raisons éthiques que l’on connaît. Vous savez, cela fait un an que je milite pour cette cause, et je vous assure que je n’ai eu que des feed-back positifs, mais tous de manière officieuse. Je n’ai pas un seul soutien officiellement. - Justement, avez-vous essayé de porter le débat devant les institutions publiques? Parlement, Conseil des ouléma…- Pas pour le moment. Je compte créer en collaboration avec des médecins, des juristes, des religieux et des gens de la société civile une association afin de réfléchir à un projet pour l’assouplissement des conditions de l’IVG. Lorsqu’il sera prêt, ce projet sera présenté au Parlement, mais nous ne sommes pas encore là. J’ai déjà publié sur vos colonnes d’ailleurs une lettre ouverte au législateur pour, justement, avoir un retour des partis politiques et des représentants de la société civile. Mais je n’ai encore rien reçu. - Quelle est, selon vous, la durée maximale de grossesse dans laquelle on devrait permettre d’avorter?- Il ne faut pas aller au-delà de 8 à 10 semaines de grossesse au maximum. En Tunisie, où l’IVG a été légalisée bien avant la France, l’avortement est possible dans la limite de 70 jours de grossesse. Cette légalisation n’a pas eu pour conséquence une augmentation du nombre des avortements. Ni en Tunisie, ni dans les nombreux pays qui ont légalisé cette opération. En revanche, lorsque l’opération est réalisée dans la transparence et dans les premières 10 semaines, le risque est réduit au minimum. Le prix aussi. - Est-ce que la pilule du lendemain peut être envisagée comme une solution alternative?- Il faut d’abord savoir que le ministre de la Santé a déjà signé l’autorisation de mise sur le marché de la pilule du lendemain au Maroc. Cette pilule est généralement indiquée lorsque la femme a eu un rapport sexuel sans aucune protection et pendant la période supposée fécondante. C’est-à-dire aux environs des 14e et 15e jours du cycle. Mais cette pilule agit essentiellement par inhibition de l’ovulation. En d’autres termes, si l’ovulation a déjà eu lieu, cette pilule n’aura aucun effet, puisqu’elle n’est tout simplement pas abortive. Propos recueillis par Naoufal BELGHAZI

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