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Economie

Intempéries
La zone industrielle de Tanger sinistrée

Par L'Economiste | Edition N°:2891 Le 29/10/2008 | Partager

. Le site construit sur une zone inondable . 130 entreprises et 25.000 employés sur le carreau. Comment les patrons s’organisentScandaleux! La zone industrielle de Tanger, aujourd’hui sinistrée, «a été bâtie sur une zone inondable». L’association professionnelle de la zone (AZIT), présidée par Adil Raïss, et le ministère du Commerce et de l’Industrie confirment. Le wali, Mohamed Hassad, l’aurait également publiquement déclaré, selon certains témoignages, lors de son déplacement. Et d’ajouter qu’il fallait «construire en hauteur». En clair, une panoplie d’erreurs, conjuguées aux pluies diluviennes du week-end dernier, a mis à néant un tissu industriel dynamique. De fait, le président de l’AZIT affirme que la zone -construite en 1975- a été «édifiée sur le lit de oued Mghougha»! Plus encore, le site est implanté en dessous du niveau de la mer. Des infrastructures, dont les canalisations, sont sous-dimensionnées. Un pont construit par l’Office national des chemins de fer complique tout. «Il passe au-dessus du canal et limite par conséquent son débit…», précise Raïss. Même la nouvelle gare, ceinturée par un mur, «n’a pas tenu compte de la sensibilité de la zone», poursuit-il. Prises en sandwich, les 130 entreprises installées dans la ZI de Mghougha tentent de limiter les dégâts. Sans compter les 25.000 personnes, aujourd’hui sans emploi. Il faut attendre plusieurs semaines avant la reprise. Indo Maroc, fabricant de verres optiques, figure parmi les entreprises sinistrées. Son directeur général, Benito Cazal, parle de «catastrophe». L’usine est là mais «plus de machines». Les flots de jeudi dernier ont emporté dans leur sillage l’une des dernières tranches d’investissement -11 millions DH-, précise le top management. Ironie du sort, cette filiale, qui compte 80 collaborateurs, vient «de rénover» son matériel de production. La maison-mère espagnole, qui a réalisé un CA de 150 million d’euros et dispose de 50% du marché ibérique des verres optiques, soutiendra financièrement et techniquement sa filiale marocaine. «Cinq techniciens seront dépêchés sur place pour les réparations. La mise en marche est prévue dans quelques semaines», souligne Cazal. Côté production, les commandes seront acheminées vers l’Espagne. Sauf qu’il faudra «attendre 8 jours au lieu de trois». La plupart des opérateurs sont incapables pour le moment de chiffrer les pertes. Mais «elles sont élevées», déclarent-ils unanimement. Indo Maroc est actuellement en pourparlers avec ses assureurs. Sa voisine, les Fromageries Bel, a perdu 500.000 tonnes de marchandises finies. Son directeur général, Bernard Merle, qui s’est spécialement déplacé de son siège à Casablanca, fait état de dégâts en produits finis, emballage et matières premières… Sa société, qui emploie 1.400 collaborateurs, est installée dans la ZI de Mghougha depuis 28 ans. Bernard Merle qualifie l’inondation de «particulièrement grave». Car c’est «la première fois que les locaux de production sont inondés». Les Fromageries Bel comptent aussi mobiliser les techniciens européens du groupe. Ils devraient d’abord diagnostiquer le matériel. L’arrêt d’activité dure depuis jeudi dernier. Pour les commandes, là aussi c’est la société mère qui prend la relève. «Côté assurance, on est couvert», précise le top management. L’AZIT souligne pour sa part que du point de vue assurance «la situation est délicate» (voir p. 4). C’est la «4e inondation» depuis la création de la zone industrielle, précise son président. Et la ZI de Mghougha n’est pas la seule. En effet même les unités de Mghougha Sghira et de Majd ont été touchées. A Tanger free zone (TFZ), dont le DG est en voyage en Europe, la situation est plutôt normale. Toutefois, les ouvriers ont été «bloqués durant la nuit du jeudi à vendredi», selon une source interne. Les pluies diluviennes ont neutralisé les routes. Et la situation ne risque pas de s’arranger. La Météorologie nationale annonce en effet de grosses pluies jusqu’au 2 novembre. Quoi qu’il en soit, le ministre du Commerce et de l’Industrie, Ahmed Réda Chami, a écourté sa visite à Séville pour se rendre à Tanger. Il a dû même «prendre le bateau» pour se réunir lundi avec les opérateurs de la ZI de Tanger, indique Souad Terrab, sa conseillère de communication. Le ministre compte d’ailleurs faire un bilan de la situation durant le Conseil de gouvernement de ce jeudi.Faiçal FAQUIHI

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