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Economie

Intempéries
L’éternel défaut des infrastructures

Par L'Economiste | Edition N°:3415 Le 01/12/2010 | Partager

. Maroc Météo avait annoncé 60 mm de pluie à Casablanca!. Les dépôts de stocks de Samir, CEC, Oued El Maleh menacés La surprise était générale. Les prévisions de Maroc Météo n’ayant pas fait état de telles intempéries. Des morts (Mohammedia, Bouznika, Khénifra, Al Hoceïma…), des blessés et beaucoup de dégâts matériels. Du jamais-vu. Par conséquent, les écoles publiques dans plusieurs villes sont restées fermées. Administrations et entreprises paient un lourd tribut. A défaut de moyens de transport, le personnel a opté pour une journée chômée… et payée (circonstances atténuantes) que de rester des heures à attendre un bus ou un taxi qui n’arrive jamais. La disponibilité et la praticabilité des réseaux routier, électrique, voire téléphonique, est au cœur des dispositifs d’urgence, mis en place dans les régions les plus touchées. Le Grand Casablanca où le record de plus de 200 mm enregistré en 24 heures, entre hier et avant-hier (voir p. 11) est naturellement de loin la région où les inquiétudes sont plus palpables. Elle concentre 60% des activités économiques du pays, 40% du parc automobile (avec 800.000 véhicules) et l’essentiel des 500.000 m3 de stock de carburants du pays, soit 230.000 m3. A cet effet, le sort des dépôts du pétrolier Samir, Oued El Maleh et CEC à Mohammedia reste lié au barrage Oued El Maleh (voir p. 5) dont le taux de remplissage a atteint 100% au 29 novembre, contre 20% à la même période de l’année dernière. Il menace de rompre à tout moment. Le début de débordement de ses eaux constaté aux premières heures de la matinée du mardi 30 novembre, a condamné une partie de l’axe routier Casablanca-Rabat (voir p. 3), entraînant des déviations énormes. La file indienne des camions-citernes en attente d’approvisionnement est sans fin depuis le début de ces intempéries. Le risque de rupture d’approvisionnement, même pour les régions moins touchées par les intempéries, est réel. Tant il est vrai que le réseau routier est mis à mal. A l’euphorie des agriculteurs des Doukkala (surtout les céréaliers), qui voient dans ce déluge un don du ciel, le risque de voir Jorf Lasfar coupé du reste du monde n’est pas écarté. D’autant plus que la route entre Casablanca et El Jadida est quasi impraticable. La cité industrielle abrite le deuxième dépôt de stocks de sécurité le plus important du pays, 110.000 m3. Les dégâts collatéraux menacent fortement les régions les moins touchées par ces intempéries. Les zones industrielles étaient paralysées, notamment à Aïn Sebaâ et Bouznika où l’ambiance ressemblait à une journée mortem (voir pp. 4 & 6). Ici et là, les témoignages brossent un tableau à faire froid dans le dos. Exceptées la cartographie des points noirs et les actions de lutte contre les débordements des eaux pluviales menées par Lydec, il n’existerait aucun plan d’urgence pour faire face aux inondations, avouent, sous couvert de l’anonymat, plusieurs agents communaux. Des cellules de crise exceptionnelles sont dressées pour faire face à la situation. Chez Lydec, l’alerte lancée depuis lundi après-midi est maintenue. La salle de crise, au siège de l’entreprise, reste connectée à 1.200 agents dispatchés sur le terrain dès les débuts des intempéries. Il y a de quoi. «Les réseaux existants sont dimensionnés pour accueillir une pluie de 20 mm/heure», relève un cadre, comme c’est le cas dans toutes les métropoles du monde où ces dimensionnements se font en fonction d’une moyenne de pluie décennale. La faille viendrait cette fois du bulletin alerte de «Maroc Météo annonçant 60 mm le dimanche soir pour les pluies attendues le lendemain sur Casablanca». Il en tombera plus de 200 par endroits, en moins de 12 heures. C’est la moitié de précipitations enregistrées par an sur le Grand Casablanca. Mais à situation exceptionnelle, moyens exceptionnels. Seulement, la cellule casablancaise, dédiée à la circulation, est restée muette. Seuls les pluviomètres de Lydec, reliées à la salle de crise érigée au siège de l’entreprise où tous les responsables des directions opérations veillent en sentinelle, permettent de mesurer l’impact sur les voieries, le réseau électrique et les plaintes des usagers. Les feux de signalisation ont disjoncté, donnant lieu à des scènes invraisemblables de chaos sur certains axes routiers. Hôpitaux et cliniques ne sont pas épargnés. Chez ces dernières, les dégâts matériels (inondation des appareils de scanners, entre autres, souvent situés dans les sous-sols) sont importants. La protection civile, certes à pied d’œuvre depuis le début des intempéries, s’est refusée à tout commentaire sur les moyens humains et logistiques dont elle dispose. Seules les sirènes des ambulances, rompant le silence du chaos dans les principales villes inondées, renseignent sur l’importance des dégâts. La défaillance des infrastructures remonte à la surface.


Impacts

«De nombreuses voieries ont été inondées, car ni elles ni les réseaux ne peuvent évacuer de tels débits», relève un communiqué du gestionnaire délégué. Des perturbations enregistrées sur le réseau électrique ont entraîné des coupures de 120 postes de distributions publiques et clients, sans plus de détails. En cause, l’inondation des sous-sols (Mohammedia, Aïn Harrouda, Zénata, Mosquée Hassan II, Gautier, Oukacha…). Les banques ne sont pas épargnées, leur système d’exploitation (guichets automatiques surtout) a été totalement paralysé. Certains ont préféré baisser rideau et laisser passer la foudre. A l’heure où nous mettions sous presse, plusieurs quartiers de Casablanca étaient encore privées d’électricité.En moins de 24 heures, le centre de relation clientèle de Lydec a enregistré 1.800 appels pour des problèmes d’assainissement, de coupure d’électricité et d’éclairage public. Les premières accalmies, selon Maroc Météo, sont prévues demain. Bachir THIAM

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