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Economie

Intelligence économique
Chefs d’entreprise, pensez aux stratégies d’influence!

Par L'Economiste | Edition N°:2171 Le 14/12/2005 | Partager

. Une tactique n’est pas gagnante par elle-même. L’Etat doit assumer son rôle vis-à-vis des PME. Respecter le droit de réciprocitéA quel point l’intelligence économique (IE) est-elle devenue stratégique? La question a été longuement débattue le 12 décembre à Casablanca. Organisée par l’APD, l’Association marocaine pour le progrès des dirigeants, la rencontre a attiré du beau monde(1). Près de 170 chefs d’entreprise ont assisté à la «leçon» de sensibilisation donnée par un expert, Alain Juillet. Homme d’affaires français, il est nommé par Chirac en décembre 2003, haut responsable en charge de l’Intelligence économique auprès du Premier ministre français.L’IE, pour Juillet, c’est un nouvel état d’esprit. Il s’agit de bien faire comprendre aux chefs d’entreprise que ceux qui s’y mettront seront ceux qui resteront dans la course. Le SG du ministère des Affaires économiques et générales a souligné, lui, l’importance du savoir pour dynamiser l’économie nationale. Preuve du souci de l’administration de développer ce type de concept, la création d’un centre de veille stratégique. «Nos entreprises ont besoin d’informations fraîches, a-t-il déclaré, nous souhaitons d’étroites relations avec le secteur privé pour mettre en place des plans d’action». Veilles concurrentielle, de marché, nouvelle culture de l’information… De quoi parle-t-on exactement avec l’IE? On peut la définir comme la maîtrise de l’information stratégique et utile et sa protection, pour tous les décideurs économiques. . Prendre le train en marche«Il y a un moment dans la vie des entreprises où il faut prendre le train en marche. Ceux qui vont s’intéresser à l’IE feront partie des gagnants de la compétition mondiale», explique Juillet, qui se dit inquiet pour les autres. Après, ce sera trop tard, le retard sera irrattrapable. La compétitivité invite à plus de réactivité et l’IE s’impose pour améliorer les performances des organisations, observe Juillet. Un constat, le concept est à la mode (il n’y a qu’à voir le nombre de sites qui lui sont dédiés). Tout juste peut-on dire que le contexte de foisonnement de l’information le rend indispensable pour «avoir son mot à dire» dans le jeu du commerce mondial. «Si les entreprises ne s’y intéressent pas, l’Etat doit montrer le chemin en aidant les petites et moyennes entreprises à faire le pas», indique Juillet. Et c’est bien ça le problème: les PME/PMI, TPE ne pourront pas le faire seules (problème de coût, notamment). Il faut que les entreprises comprennent, insiste Juillet, que nous ne sommes plus dans le registre de l’offre et de la demande mais dans le marché de la connaissance. Celui qui gagne est celui qui en connaît le plus. La donne change, «tous les pays ont envie d’avoir une part du gâteau de la croissance mondiale»… D’où la montée de la concurrence. Deux stratégies, la différenciation par le prix ou par le produit (et le nombre de conférences qui ont eu lieu au Maroc sur le poids de l’innovation montre bien l’enjeu… cf. www.leconomiste.com). En pleine mondialisation, un tuyau pour les gouvernements? Appuyer un maximum sur le développement des TIC, «afin de parvenir à tirer son épingle du jeu», estime Juillet. Petit bémol cependant: pas de solution miracle pour tous, il faut mettre le concept «à la sauce» de l’entreprise, de sa culture, de sa production... Autre bémol, une tactique n’est pas gagnante par elle-même, avertit Juillet, si elle n’est pas appuyée par des stratégies d’influence. Grosso modo: chefs d’entreprise, préparez la suite! Comme prévoir et faire face aux attaques concurrentielles.. Se battre à armes égalesQuel rôle pour l’Etat? En France, le Premier ministre a décidé d’engager une politique publique d’intelligence économique pour faire face aux nouveaux défis de compétitivité. «Il est impératif que l’Etat se mobilise», lance Juillet. Il faut que sa politique se centre sur l’utilisation de toutes les ressources pour que les TPE aient accès à la compétition mondiale. Il n’est pas question de faire du protectionnisme mais de donner les moyens aux entreprises de se battre à armes égales (à l’intérieur comme à l’étranger). Par ailleurs, un pays doit protéger ses secteurs stratégiques vis-à-vis de l’investissement étranger. Juillet invoque le droit de réciprocité: Pourquoi devrais-je être plus libéral chez toi que tu ne l’es chez moi! Pas de distorsion donc.L’Etat devra développer les formations, mettre en place des systèmes techniques légaux d’information. Pousser les organisations intermédiaires qui travaillent avec les entreprises et celles-ci, elles-mêmes, pour qu’elles puissent gérer leurs affaires seules.


Le coup de bluff du Japon

L'IE est un concept vieux comme le monde… Et qui est en train de s’adapter à l’environnement. «Ceux qui seront leaders mondiaux de ces vingt premières années du XXIe siècle seront ceux qui maîtriseront les TIC», disaient les experts au moment du jubilé de l’an 2000. Quelques années plus tard, on voit que la première décision prise par Bush lors de sa réélection a été d’augmenter les budgets des nouvelles technologies de l’information… Les Etats-Unis disposent d’une avance considérable. La connaissance est bel et bien le bélier de la concurrence pour les gouvernements.Et l’histoire le dit bien. Petite anecdote racontée par Juillet, mais qui a son poids: les Japonais sortent anéantis de la Seconde Guerre mondiale. Plus de flotte, plus d’économie… Le pays du Soleil Levant doit tout reconstruire. Une réflexion fait son petit bout de chemin dans les hautes sphères: il reste partout dans le monde des succursales appartenant aux plus grandes sociétés japonaises. On leur demande d’envoyer à Tokyo toutes les informations dont elles disposent. L’enjeu est gigantesque: il s’agit de reconstruire la connaissance totale d’un pays! A l’époque, on fonctionne par télétex… Et le Japon en recevra plus de 100.000 par jour! Le miracle japonais a réellement bluffé tout le monde. Céline PERROTEY--------------------------------------------------------------------(1) La réussite de la conférence est en grande partie due à la pertinence du sujet et au travail de Saâd Kettani, Farida Jirari et Abdelillah Lahlou, membres actif de l’APD.

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