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    Economie

    Intégrales de l’investissement
    Grosses tensions sur l’emploi qualifié

    Par L'Economiste | Edition N°:2417 Le 07/12/2006 | Partager

    . 4e édition aujourd’hui et demain, consacrée à la formation des compétences. L’accélération de la croissance révèle une pénurie de RH qualifiées. Plan gouvernemental: bon mais en retard!LA 4e édition des Intégrales de l’investissement a lieu aujourd’hui et demain au Palais des congrès de Skhirat, où plus de 1.000 personnes du gotha économique national et étranger sont attendues. Thème de cette année: «l’éducation, la formation et l’emploi: les défis de l’investisseur». C’est leur préoccupation première quel que soit leur secteur: tourisme, nouvelles technologies, textile, BTP… Toutes les entreprises tiennent grosso modo le même discours: «nous avons de sérieux problèmes à trouver suffisamment de compétences pour porter notre croissance». Contextualisé, ce problème émane d’une excellente conjoncture économique, mais il risque de l’enrayer s’il n’est pas résolu. D’où un premier plan sur le court terme du gouvernement: arriver à produire 10.000 ingénieurs par an d’ici 2010. La réactivité du gouvernement est nécessaire, mais insuffisante et arrive un peu tard. Elle couvrira mal la période 2007-2010 où des perturbations sur le marché de l’offre et la demande de travail se feront (font) sentir : tensions salariales, surenchères et/ou déclassement de certains diplômés. Les appels d’air seront probablement comblés par des énergies étrangères (jeunes Marocains à l’étranger?), ou par un débauchage des compétences là où elles opèrent, ce, pour ne pas retarder le rythme de réalisation des investissements. Donc le développement d’un projet pourrait se faire aux dépens d’un autre. Les indicateurs sont au vert, franc et fort, pour 2006: 7,3% de croissance, baisse record du chômage, mais il reste élevé dans les rangs des diplômés (21,4%), boom des investissements, envolée du secteur des nouvelles technologies, lui-même indicateur du rythme de modernisation des entreprises marocaines, accélération des entrées en Bourse d’entreprises marocaines dans divers secteurs. Autrement dit, nous sommes devant un nouveau modèle de croissance: moins de pluviométrie et plus de matière grise, moins de coût-minute et plus de sous-traitance à valeur ajoutée… Ce qui veut dire plus de savoir, plus d’adaptation, plus d’agilité. Sauf… qu’on a oublié qu’il faut s’y prendre à l’avance pour former les hommes qui vont avec ce nouveau modèle! Le plan du gouvernement tentera de rattraper les loupés, mais pas pour les trois années à venir. Ce qui veut dire des coûts supplémentaires pour l’entreprise.Sur le long terme, l’attitude de l’Education nationale est capitale. L’installation de la réforme du MEN est certes longue et difficile… mais depuis le temps qu’elle est mise en route (2000), elle aurait dû améliorer déjà le marché du travail. Ce qui n’est pas le cas. Et c’est bien ce qui gêne les investisseurs: «le diplôme n’est vraiment pas suffisant; moi j’ai besoin d’abord de têtes bien structurées, d’esprits épanouis», dit cet investisseur anglais. «Epanoui»… c’est peut-être bien ce que dit l’ancien ministre de l’Education nationale, Rachid Benmokhtar: «donnons un enseignement de qualité à tous les enfants».C’est le double enjeu de l’école: former en grand nombre et en qualité.In fine, que la qualité ne soit pas le corollaire d’un élitisme sclérosant, qui empêche paradoxalement l’envolée de la croissance.Voilà donc l’investisseur centré sur la question de formation de ses collaborateurs, avec une forte pression sur le coût du travail qui fait perdre une part des avantage comparatifs. Il était temps de réagir…


    Que faire, que dire aux collégiens?

    Concernant l’orientation scolaire, il s’agit de sensibiliser l’ensemble des collégiens à l’importance des filières scientifiques, qui sont enrichissantes, nobles, et qui vont sans doute œuvrer à hausser la qualité de vie et de l’environnement du Maroc. Afin d’avoir un vivier de compétences rapidement opérationnel, nous devons aller à la base et remoduler, revoir le système éducatif.La réforme de l’Education nationale est un chantier ouvert et d’envergure. Les priorités sont:- l’accessibilité au système d’Education nationale pour tous (avoir un taux d’alphabétisation important);- la création de filières correspondant réellement à l’état du développement du pays;- le développement des filières d’excellence.Par ailleurs, deux dimensions sont capitales:- la dimension régionale: faire en sorte que chaque région puisse avoir à son niveau des établissements d’enseignement et de formation de grande qualité. L’un des reproches de la plupart des investisseurs est l’indisponibilité de vivier de ressources qualifiées sur l’ensemble du territoire. Par exemple, nombre d’entre eux s’installent là où il y a le plus d’ingénieurs, en l’occurrence l’axe Casa-Rabat. Il s’agit d’avoir de manière la plus éclatée possible des zones de formation pour une bonne répartition des compétences;- le rôle du secteur privé: nous devons mettre toutes les ressources disponibles pour encourager l’investissement dans le système éducatif national afin que l’offre soit suffisante et de qualité. Tous les pays à forte croissance ont un système d’éducation privé, conjoint avec le public, de qualité.J. R.

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