×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Intégrales de l’investissement
    Bernoussi: «Nous entrons dans une phase de très grande tension salariale»

    Par L'Economiste | Edition N°:2417 Le 07/12/2006 | Partager

    . L’essor des investissements met la pression sur les ressources humaines qualifiées. Orientation scolaire: une pièce maîtresse mais sous-estimée . La réforme scolaire tuée par la recherche du consensusLes reproches des investisseurs ont migré. Ce n’est plus la lenteur administrative mais bel et bien la difficulté à trouver les bons profils, les bons cadres et les bons professionnels.Ce qui est en soi un signe d’évolution des affaires et surtout du rythme de développement. Trop de chantiers et pas assez de ressources humaines qualifiées. Et pourtant, oh paradoxe!  24,4% des diplômés étaient encore au chômage cet été… Pour L’Economiste, le patron de la direction des Investissements, Hassan Bernoussi, revient sur cette question centrale et sur les conséquences en découlant sur le marché du travail.- L’Economiste: Pourquoi ce thème de la formation? - Hassan Bernoussi: Il s’est imposé de lui-même. Il existe une forte croissance des investissements, à la fois nationaux et étrangers. On avait l’habitude de reprocher au Maroc sa lenteur administrative, son excès de bureaucratie. Ce n’est plus d’actualité, puisque la réforme a gagné son pari. En revanche, le problème des investisseurs devient la disponibilité des ressources humaines adéquates et de la qualité de ces ressources humaines. On sait que le Marocain est travailleur et bon technicien. Il faut le dire. Mais loin de suffire, le marché demande des formations d’ingénieurs d’envergure et à grande échelle. Et ceci est un besoin immédiat. Les « employeurs traditionnels», tels le tourisme, le textile ou l’agriculture, et les métiers mondialisés du Maroc comme l’offshoring, l’automobile, l’électronique ou l’aéronautique ont tous des demandes fortes de collaborateurs compétents. Pour vous donner une idée, en moyenne, une unité industrielle dans l’un de ces secteurs emploie en moyenne 200 personnes, avec 20% des personnes dont les profils doivent être hautement qualifiés, c’est-à-dire de l’encadrement, et essentiellement des ingénieurs de grandes écoles.- Quelles conséquences sur le marché du travail?- Nous entrons dans une phase de très grande tension salariale, car le type de profils recherché est relativement limité. Et les nouveaux arrivants [n.d.l.r.: les investisseurs] vont directement puiser là où opèrent ces profils. Ce qui crée des surenchères et des tensions salariales. Par conséquent, un avantage comparatif du Maroc, c’est-à-dire une disponibilité d’ingénieurs à bon prix, risque de ne plus être. L’objectif des Intégrales est de poser le diagnostic et de réfléchir ensemble à la mise en œuvre d’une stratégie d’adéquation, avec deux volets essentiels : l’éducation et la formation- A commencer par l’orientation scolaire?- Sur 80.000 collégiens, seuls 10.000 choisissent un baccalauréat scientifique. Les autres options leurs semblent plus accessibles, plus à leur portée. Ce qui n’est pas toujours le cas  et est souvent une vue de l’esprit. Par ailleurs, la faible proportion des filières scientifiques fait que sur 10.000 bacheliers, on produit en moyenne 2.500 ingénieurs par an. Vous voyez bien l’effet entonnoir que l’orientation scolaire produit. Ce qui explique les dernières réformes engagées par le gouvernement, dont le projet de produire 10.000 ingénieurs par an à l’horizon 2010. Pour rompre cet effet d’entonnoir, nous proposons, par exemple, des passerelles entre l’université (facultés des sciences) et les grandes écoles d’ingénieurs, afin que les candidats issus des grandes écoles ne soient pas les seuls ingénieurs. Ainsi, les étudiants des facultés des sciences pourront-ils avoir un complément de formation à l’un des nouveaux métiers mondiaux du Maroc, et ce, afin de bénéficier du titre d’ingénieur et de répondre à la demande du marché.- Le sens du mot «ingénieur» serait-il donc à redéfinir?- En termes de terminologie, nous migrons d’un système francophone vers une représentation plus anglo-saxonne. L’objectif est de doubler rapidement le vivier d’ingénieurs disponibles.- Hormis l’enseignement privé, l’investisseur ne peut-il pas, lui aussi, participer à l’amélioration de l’état du marché?- L’investisseur a un rôle important à jouer dans la formation. En réalité, tous les niveaux d’investissement sont à fort potentiel de formation. Car les investissements et les entreprises elles-mêmes forment des formateurs marocains. Tout investissement est un investissement induit: celui de la formation de formateurs. Par conséquent, le Maroc peut devenir un site privilégié.- L’Education nationale absorbe un quart du budget marocain. Et zéro en politique d’orientation scolaire! Que faut-il pour «éclairer» celui qui a le rôle d’éclaireur?- Le courage de mettre en place la réforme coûte que coûte… Parfois, trop de consensus tue la réforme. Il faut foncer!


    Le plein-emploi… c’est possible!

    Le plein-emploi au Maroc peut facilement être atteint si notre système d’éducation nationale se calque sur les réalités du développement du pays». Le patron de la D.I., Hassan Bernoussi, en est convaincu. «Produisons des techniciens, des ingénieurs, des managers… Ce n’est pas une vue de l’esprit; nous sommes un pays de 30 millions d’habitants, avec une position géostratégique déterminante, ouvert, où les investissements affluent… Pourquoi avoir des difficultés d’emploi? Ce n’est pas une question de moyens mais d’adéquation et d’adaptation», martèle Bernoussi.«Le système de l’Education nationale a été mauvais pendant de nombreuses années, ce qui a créé des générations en marge du marché de l’emploi», analyse le directeur de la D.I. Ce donne de jeunes chômeurs qui manifestent devant le Parlement pour un job à vie dans une administration…Propos recueillis par Jihad RIZK

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc