×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Affaires

Infrastructures“Le port Tanger-Atlantique a encore une année d'avance sur ses concurrents”Olivier Bonnin, directeur général adjoint de Bouygues Travaux Publics

Par L'Economiste | Edition N°:970 Le 05/03/2001 | Partager

. L'appel d'offres a été “parfaitement” transparent. Bouygues a été présélectionné parmi les plus grands groupes internationaux . Un nouvel appel d'offres ferait perdre jusqu'à deux ans à Tanger, un délai qui est d'une importance vitale dans la situation actuelle de la Méditer-ranée occidentale- L'Economiste: Quelle est la position de Bouygues Construction sur l'évolution du projet du port Tanger-Atlantique?- M. Olivier Bonnin: Notre position est claire. Nous avons été choisis par le gouvernement marocain au terme d'une préqualification et d'un appel d'offres international qui nous avait opposés à des concurrents américains, français, italiens et espagnols. Ces derniers avaient soit renoncé, soit présenté des projets coûteux. Notre solution a été retenue, car elle offre plusieurs avantages: montant global des travaux très inférieur aux autres options, en raison de la solution technique retenue; avance publique remboursable et limitée à 1,2 milliard de dirhams; création de plus de 150.000 emplois dans la zone franche du port avec des activités industrielles tournées vers l'exportation; garantie de revenus récurrents importants pour les pouvoirs publics marocains. En bref, ce projet se veut une source d'expansion et de prospérité pour la région. J'ajoute qu'il est également très économe en fonds publics grâce au partenariat avec un concessionnaire privé.-Etes-vous toujours dans les bons délais?- Nous savons que le Maroc est naturellement très attaché à ce projet qu'il considère comme prioritaire. Vu l'importance des enjeux, il est normal que les discussions puissent parfois être difficiles et complexes et donc donner l'impression de ne pas vraiment avancer. Pour notre part, nous sommes prêts à déployer les efforts nécessaires afin de faire aboutir ce projet et donc finaliser notre accord. C'est l'intérêt de tous. Si ce projet prend trop de retard, ce sont alors les ports d'autres pays qui prendront malheureusement un avantage concurrentiel décisif. Mais il est encore temps. Le projet de Tanger a pour lui de solides atouts. Il n'y a plus qu'à boucler le dossier. Certes sans se précipiter. Mais sans occulter le fait que l'Espagne, le Portugal et peut-être même Gibraltar ne restent pas inactifs, au contraire. C'est ainsi que l'appel d'offres du port d'Algésiras vient d'être lancé et que les travaux du port de Sinès viennent de débuter. Or, dans le domaine du transport maritime, ces trente dernières années montrent que le retard pris par un port ne se rattrape presque jamais. Tanger a encore une année d'avance sur ses concurrents. Nous sommes prêts à nous mobiliser pour faire du futur port de Tanger-Atlantique le numéro un de la région. - Quelle est la position de vos partenaires sur la question?- Nous avons convaincu des investisseurs et armateurs de s'engager à nos côtés, ce qui montre bien tout l'intérêt économique du projet retenu. Mais ces armateurs et investisseurs souhaitent évidemment que ce projet de port atlantique de Tanger démarre assez rapidement. Sinon, je redoute qu'ils ne décident de s'impliquer dans d'autres projets concurrents. Je tiens à souligner que nous avons un véritable savoir-faire en matière de conception-réalisation-exploitation en concession. Ainsi, nous développons des projets ambitieux en Allemagne, en Afrique du Sud, en France, au Royaume-Uni et en Europe centrale. Ce savoir-faire, nous souhaitons l'investir dans des projets d'intérêt général au Maroc comme le futur port de Tanger. Rappelons que la création de la zone franche devrait permettre de générer des investissements de plusieurs milliards de dirhams.- Quels sont les points sur lesquels Bouygues Construction refusera de transiger au niveau du Memorandum of Understanding?- Par définition, nous restons très ouverts, car nous sommes dans une logique de partenariat avec nos clients, publics comme privés. Nous sommes présents au Maroc depuis de nombreuses années. C'est ainsi que nous sommes engagés depuis longtemps dans la croissance de l'économie marocaine, notamment à travers notre filiale Bymaro, dirigée par Ali Bencheqroun, qui est un acteur majeur du secteur de la construction au Maroc. La Mosquée Hassan II, l'aéroport d'Agadir, les 20.000 logements de Sala Al Jadida figurent parmi ses principales réalisations. En revanche, pour revenir à notre accord sur Tanger, il est évident que nous ne pourrons accepter toute disposition qui compromettrait l'équilibre économique ou financier du projet (augmentation du prix de revient, risques accrus pour les banques, baisse de la rentabilité…). Le marché financier international et les investisseurs ont leurs propres critères qu'il nous faut respecter.- A quel moment votre société passera-t-elle à une attitude réactive pour réclamer ouvertement la position du gouvernement marocain?- Le gouvernement marocain fait les choses comme il en a envie et c'est bien normal. Nous allons d'ailleurs reprendre prochainement les discussions avec lui. Sa décision définitive sur Tanger est importante et nous comprenons parfaitement qu'elle doive être soigneusement pesée. Pour notre part, nous souhaitons agir comme partenaire de l'Etat marocain sur le long terme. La signature du Memorandum de 1999 en jetait les bases. Il n'en demeure pas moins que la situation pourrait devenir urgente, compte tenu de l'émergence de projets concurrents dont la crédibilité se nourrit largement des délais pris par Tanger.- En cas d'annulation du projet ou du lancement d'un nouvel appel d'offres, quelle serait votre réaction?- Ce serait très pénalisant pour ce projet d'intérêt général. Un nouvel appel d'offres ferait perdre jusqu'à deux ans à Tanger, un délai qui est d'une importance vitale dans la situation actuelle de la Méditerranée occidentale.- Bouygues ne jouit pas d'une très bonne réputation compte tenu de l'absence de transparence dans laquelle se négocient les marchés publics; ne pensez-vous pas que c'est cet élément qui vous a desservi lors des négociations sur ce projet?- Nous ne sommes pas du tout d'accord sur ces termes. Nous suivons chez Bouygues des règles strictes de transparence et d'éthique auxquelles tous nos collaborateurs sont soumis. L'appel d'offres a été parfaitement transparent. Ont été présélectionnés les plus grands groupes internationaux: GTM, Dragados-FTC, Campenon Bernard, Bechtel, Bouygues Travaux Publics (filiale de Bouygues Construction). Les deux premiers ont jugé le projet difficile à financer; les trois derniers ont remis une offre. Grâce à une solution technique innovante, notre offre était presque moitié moins chère et prévoyait une avance publique remboursable, alors que nos concurrents réclamaient une subvention de l'Etat. - Avec le lancement de l'appel d'offres d'Algésiras, peut-on considérer que le projet est toujours économiquement viable?- Oui absolument. Si le temps presse, ce projet est toujours économiquement viable. Les atouts d'Algésiras sont d'abord une liaison routière et ferroviaire avec le reste de l'Europe, ce qui peut intéresser les investisseurs. Mais le port de Tanger conserve quelques longueurs d'avance, ce qui est essentiel pour capter le marché et fidéliser la clientèle. Cette avance permettra de développer la zone franche, créer des dizaines de milliers d'emplois et constituer le point d'accroche du trafic. Nous voulons aussi faire un gros effort de formation. Nous avons avec nous des engagements d'armateurs sur une garantie de trafic et ce serait dommage d'y renoncer. Vous voyez que Tanger a encore toutes ses chances. Nous y croyons. Nous sommes prêts à investir résolument dans l'avenir économique du Maroc. Propos recueillis par Fatima MOSSADEQ

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc