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    Informatique, logo, épargne : Les nouveaux chantiers de la CNCA

    Par L'Economiste | Edition N°:250 Le 17/10/1996 | Partager


    Nouvelle identité visuelle, nouveaux produits, projet de changement de statuts... la CNCA poursuit son opération de restructuration. Objectif: s'aligner sur les autres banques, notamment à travers le respect des règles prudentielles et la dynamisation de la collecte de l'épargne.

    La CNCA dépoussière son épi d'or. Elle dévoilera dans les prochains jours son nouveau logo. Cette nouvelle identification visuelle constitue l'un des aspects de la restructuration de la Caisse, entamée dès la nomination de son nouveau directeur général, M. Abdellah Lahlou, au printemps 1995.
    La Caisse relifte ainsi son image à la fois par le lancement d'un nouveau logo, l'aménagement de ses agences et la conception d'un nouveau message publicitaire.
    Elle s'est également dotée de nouveaux départements (Marketing, Contrôle des risques, Audit interne...). Parallèlement à l'installation d'un nouveau centre informatique, la Caisse veut s'engager «avec prudence» dans le domaine de la monétique. Les quatre GAB, acquis il y a deux ans, seront opérationnels en janvier 1997. «L'année prochaine sera pour nous une année d'apprentissage des spécificités de la monétique tout en tenant compte des réalités et de la culture de la banque», précise M. Lahlou.

    L'audit, lancé au moment de l'arrivée de la nouvelle direction, avait pour but de préciser la situation financière de l'institution. Il a fait apparaître des dysfonctionnements et relevé l'ampleur des impayés de la Caisse. A partir de là a été lancée une restructuration, toujours en cours, qui porte sur trois mesures de redressement: la création d'un Fonds de Garantie, le renforcement des fonds propres et le recouvrement des créances.
    Autre changement: le statut de la CNCA. Un projet de texte, actuellement en discussion au Secrétariat Général du Gouvernement, vise à transformer la Caisse en société anonyme, à l'instar des banques.

    Régionalisation


    Au-delà du statut, «il est temps aujourd'hui de modifier l'assise juridique de l'entreprise en tenant compte de la concurrence mais aussi des règles prudentielles», insiste M. Lahlou. L'objectif de la réforme, ajoute-t-il, est de pouvoir disposer d'un texte qui adapte la CNCA à son environnement.
    La réforme vise également la décentralisation, d'autant plus que la CNCA «épouse totalement l'option de la régionalisation». Aussi l'architecture proposée dans le projet de texte prévoit-elle au niveau central la création d'une Banque Nationale de Crédit Agricole (BNCA), détenue entièrement par l'Etat. Au niveau régional seraient créées des banques régionales, sous forme de sociétés anonymes à capital variable, dont une partie serait souscrite par la BNCA.
    Par ailleurs, sur le plan de l'activité bancaire, la nouvelle direction se donne pour objectif de faire de la CNCA une «banque performante et rentable qui respecte les règles prudentielles». Actuellement, plus de 50% de ses ressources proviennent de l'extérieur.

    A ce niveau, rappelle M. Lahlou, plusieurs réunions avec les bailleurs de fonds se sont déroulées dont une à Paris en été 1996. Une prochaine rencontre aura lieu au Maroc au mois de novembre et réunira «tous les bailleurs de fonds qui s'intéressent à la santé financière de la CNCA». Parmi les prêts étrangers débloqués figure notamment un crédit de 54 millions de Deutchmarks de la banque allemande KFW, destiné aux secteurs agricole et agro-industriel, aux femmes rurales, aux artisans... En juillet 1995, un prêt de 150 millions de Francs de la Caisse Française de Développement porte sur l'appui aux réformes institutionnelles, la formation et les programmes spéciaux en zone de montagne, le crédit jeunes promoteurs... S'y ajoute un don de la Commission Européenne de 16,4 millions d'Ecus affecté en particulier aux besoins de financement des petits agriculteurs, clients des Caisses locales.

    Nouveaux produits


    Aujourd'hui, la préoccupation de la Direction demeure le renforcement de la collecte de l'épargne rurale et agricole. Outre la distribution des crédits et leur recouvrement, l'accent devra désormais être mis sur la collecte de l'épargne avec «comme principe de base la décentralisation et l'augmentation régulière des compétences régionales». Pour consolider cette nouvelle stratégie, de nouveaux produits CNCA apparaîtront au début de l'année 1997. Il s'agit notamment de produits d'épargne, d'assurance et de retraite.
    Outre le recouvrement, la CNCA a déjà entamé la préparation de la campagne agricole 1996-97. Il s'agit particulièrement de la révision des normes de financement. Ainsi, les normes touchant à la production végétale ont été portées de 5 à 20%, celles des productions animales de 30 à 70%. De plus, une adaptation des normes de financement a été réalisée pour les plantations (exemple les pêchers). S'y ajoute l'introduction de financement pour les nouveaux produits, tels que la protection de l'environnement ou encore l'énergie et l'extension au secteur forestier.

    Mouna KABLY
    & Meriem OUDGHIRI



    500 millions de DH pour les micro-projets


    Pour les six premiers mois de l'année, la CNCA a débloqué 1,26 milliard de DH, soit une hausse de 30% par rapport à la même période de l'année dernière. La part accordée aux petits producteurs a, à elle seule, été multipliée pat 5.
    «La CNCA a toujours accordé des micro-crédits», précise M. Lahlou. Aussi, du 1er septembre 1995 au 30 juin 1996, les Caisses locales ont-elles financé 72.660 dossiers totalisant 209,9 millions de DH pour des projets dont les montants varient entre 1.000 et 5.000 DH.
    Pour la tranche supérieure, entre 5.000 et 10.000 DH, les Caisses locales ont traité 17.332 dossiers qui ont couvert un montant de 142,3 millions de DH par unité.
    Enfin, entre 10.000 et 20.000 DH, les Caisses locales ont agréé 8.082 dossiers représentant un montant total de 131,85 millions de DH. Ainsi, l'enveloppe globale affectée au financement des micro-projets allant de 1.000 à 20.000 DH s'est élevée à 500 millions de DH et a concerné 100.000 dossiers.

    M. O. & M. K.



    Informatique

    La CNCA adopte une architecture ouverte



    La CNCA vient de procéder au changement de son système central.
    Il s'agit d'un système informatique modulaire destiné à intégrer tous les traitements actuels de l'institution et capable d'assurer le développement des fonctionnalités complémentaires. Le système s'appuie sur une architecture ouverte appelée à évoluer vers un système cible. "Ce système cible hébergera le futur système d'information qui sera développé en interne", explique M. Bassou Baouz, responsable de la Direction de l'Informatique à la CNCA.
    La première étape du schéma directeur a été réalisée en juillet 1996. Elle visait à assurer la continuité des traitements actuels. "Il fallait avant tout sécuriser le système informatique en remplaçant le système propriétaire par une architecture ouverte basée sur des serveurs et des équipements de télécommunications se prêtant à toutes les applications", précise M. Lahlou. La première étape a nécessité un investissement global de 11 millions de DH (matériel et logiciel de base). Le programme d'investissement étalé sur les trois prochaines années est évalué à prés de 50 millions de DH /an.
    Selon le directeur de l'informatique, la CNCA sera la première banque de la place à se doter d'une architecture ouverte.
    Sur les 210 agences permanentes du réseau, 150 sont informatisées et seules 15 d'entre elles sont connectées au Centre pour la transmission directe de données. En outre, la réalisation de la migration de l'ancien système au nouveau a requis 150 jours de formation du personnel d'encadrement. Pour les mois à venir, les actions sont déjà planifiées et prêtes au lancement. D'ores et déjà, deux pôles d'urgence ont été identifiés.
    D'une part, le changement des applications informatiques à la fois au niveau central et des agences, d'autre part la mise en place d'un réseau télécoms pour assurer la liaison au centre informatique.
    L'archivage électronique figure également parmi les priorités du centre et sera mis en place ultérieurement.
    Par ailleurs, il est envisagé de doter le Centre informatique d'un système de sécurité et d'un système générateur de courant. "L'appel d'offres a déjà été lancé pour la mise en place du dispositif de sécurité à l'accès du centre et de la salle informatique", précise M. Baouz.
    Le centre emploie quelque 80 personnes dont une vingtaine de concepteurs et de développeurs de logiciels.

    M.K. & M.O.

    Recouvrement

    Une nouvelle culture est à développer



    La culture de recouvrement au sein de la CNCA est à revoir. Selon son directeur général, la notion de "campagne" de recouvrement doit être abandonnée définitivement. "Nous devons apprendre à gérer, en parallèle et sur toute l'année, le crédit et le recouvrement", insiste M. Lahlou. Au moment de sa réorganisation, la CNCA s'est dotée de deux Directions distinctes, l'une chargée du Crédit et la seconde des Recouvrements. L'objectif est d'intégrer à terme la fonction du recouvrement des créances dans l'activité naturelle de la banque, tout en tenant compte des contraintes régionales et des difficultés de la clientèle. C'est dans ce sens que le Conseil d'Administration exceptionnel de mars 1996 avait supprimé les intérêts de retard et les frais de poursuite à l'encontre des débiteurs disposés à honorer leurs dettes. "Nous devons apprendre à privilégier les solutions amiables compte tenu des contraintes spécifiques du monde rural, le recours à la Justice n'étant utilisé qu'en cas de rupture du dialogue avec le client". Pour le directeur général, il incombe au personnel du réseau d'éduquer sa clientèle pour mettre fin aux confusions concernant la mission de l'institution. "L'Etat est certes l'actionnaire unique de la CNCA, mais les fonds proviennent des dépôts collectés et surtout des bailleurs de fonds étrangers".
    A fin septembre, le taux moyen de recouvrement des créances de la CNCA gravitait autour de 60%. "En fait, cette moyenne n'est pas vraiment représentative, car il existe de grandes disparités régionales", précise le directeur général. En effet, les régions sinistrées, notamment l'Oriental, ont souffert de plusieurs années de sécheresse et le taux de recouvrement y est très faible. Ceci a eu pour effet d'exclure les petits agriculteurs du circuit bancaire. "Nous avons entamé, avec le concours de la Caisse Française de Développement, une étude sur ces petits producteurs afin d'analyser leurs rapports avec la CNCA".
    Par ailleurs, la Caisse avait financé des activités commerciales qui se trouvent actuellement en difficulté. "Le nombre de dossiers est réduit mais les montants débloqués élevés". Si les négociations de restructuration de la dette aboutissent, le taux de recouvrement moyen s'en trouvera nettement amélioré. En revanche, les régions riches, telles que la Chaouia, dégagent des taux de recouvrement avoisinant les 90%."Hormis ces situations extrêmes et le portefeuille contentieux, le taux de recouvrement dépasse aujourd'hui les 80%".

    M.O. & M.K.


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