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Economie

Industrie pharmaceutique : Les génériques plafonnent à 10% du marché

Par L'Economiste | Edition N°:226 Le 18/04/1996 | Partager

Les médicaments génériques tardent à s'imposer sur le marché en dépit de leurs bas prix. Ces médicaments sont fondés sur des molécules tombées dans le domaine public et qui ne sont plus protégées par un brevet


L'Association Marocaine de l'Industrie Pharmaceutique vient d'établir ses chiffres concernant le marché marocain des médicaments. Le chiffre d'affaires global du marché pour l'année 1995 est de 3,5 milliards de Dirhams, un résultat en progression de 2% par rapport à 1994. Les ventes en unités ont par contre connu une chute de 1,2%. Ce chiffre, qui illustre une baisse de la consommation de médicaments, a suscité les inquiétudes de l'AMIP qui appelle à l'accélération de la réalisation du projet de généralisation de la couverture maladie.
Autre chiffre établi par l'association, celui de la part de marché des médicaments génériques. Cette part est actuellement estimée à 10%. Ce résultat ressuscite le débat sur les médicaments "d'origine" (molécule brevetée qui a un nom commercial) et leurs versions en médicaments génériques (à base de molécules tombées dans le domaine public).
En effet, il semble au regard de cette faible part de marché que les spécialités pharmaceutiques "d'origine" ne sont pas concurrencées par leurs versions bon marché, les médicaments génériques en l'occurrence.

Une autre donnée le confirme. Il s'agit du classement, en valeur et en volume, des 10 premiers médicaments commercialisés sur le marché marocain. En valeur, l'Amoxil, un médicament de la classe des pénicillines, fabriqué au Maroc sous licence de Beecham par le laboratoire Roussel-Diamant, arrive en tête. Pour cette spécialité, l'entreprise a réalisé un chiffre d'affaires de 35,7 millions de Dirhams. La performance est également constatée en volume: 1,4 million d'unités vendues en 1995.
Ce classement, qui illustre la bonne santé des spécialités d'origine, a également été établi par l'AMIP. Outre celles d'Amoxil, de bonnes performances ont également été constatées pour d'autres classes de médicaments. Ainsi, dans la catégorie des anti-inflammatoires non stéroïdiens, les ventes réalisées pour les médicaments Voltarène et Feldène, ont été respectivement de 22,8 millions et 18,4 millions de Dirhams, et ont permis aux deux produits de faire partie du lot des 10 premiers médicaments vendus sur le marché privé des médicaments.

Coût de recherche

Sous l'appellation de médicaments génériques sont regroupées des versions de médicaments, dont la production et la commercialisation sont rendues possibles par l'expiration de la durée de protection du brevet couvrant le produit original. Pour les industriels de la pharmacie qui s'y adonnent, les génériques représentent un grand intérêt.
Tout d'abord, ces médicaments leur épargnent les coûts et les délais nécessaires au lancement de molécules nouvelles. D'après l'AMIP, sur 10.000 molécules testées en moyenne par les laboratoires de recherche, une seul atteint le stade de la commercialisation. Le coût de développement d'une telle molécule est estimé à 200 millions de Dollars.
Par ailleurs, il aura fallu au moins 10 ans de développement, d'essais thérapeutiques et d'études pour la mise au point du médicament.

Conséquence de ces coût élevés, les molécules tombées dans le domaine public, généralement au bout de 10 ans, sont très vite récupérées par les sociétés pharmaceutiques, puis revendues sous un habillage différent, affublées d'un nom nouveau ou même du nom de la molécule. Pour se frayer une place, ces médicaments essayent également de se distinguer par une posologie (mode d'emploi) différente ou par la disparition d'effets secondaires indésirables.
Le principal atout des génériques se situe en principe au niveau de leur prix. Une même molécule, vendue sous des marques différentes, peut voir son prix varier du simple au double. Le cas de l'amoxicilline, une molécule qui a été copiée une vingtaine de fois au moins, est probant. En boîte de 20 comprimés, le médicament est vendu 55,70 Dirhams-Prix Public Maroc sous la marque Amoxil, son appellation d'origine. Deux génériques, Agram et Cipamox, la proposent en boîtes de 20 comprimés aux PPM respectifs de 52,70 et 42,50 Dirhams.
La molécule revendue en tant que médicament libre de droit (médicament générique) est relativement bon marché.

La différence est plus apparente pour une autre catégorie de médicaments, celle des propioniques, sous-catégorie des anti-inflammatoires stéroïdiens. Un exemple est celui du médicament Voltarène, une spécialité d'origine dont le principe actif est le diclofénac.
En boîte de 50 mg de 30 comprimés, cette molécule est vendue sous la marque Voltarène au PPM de 43,64 Dirhams. Le prix passe à 30,34 et 28,77 Dirhams pour respectivement les deux génériques Xénid et Apo-diclofen, soit des différences de prix respectives de 30,5% et 34%.
A travers ces deux exemples, les médicaments génériques sont, au regard de leurs faibles prix, nettement plus compétitifs. Ils présentent donc un avantage en terme d'économies de santé. Par ailleurs, les chiffres relatifs au marché marocain des médicaments permettent de prévoir l'arrivée de nouveaux génériques. Et pour cause, près de 43% de ce marché a été réalisé pour des médicaments dont l'âge dépasse 10 ans et près de 33% pour des médicaments dont l'âge est compris entre 5 et 10 ans. Le chiffre d'affaires global du marché est donc en grande partie réalisé par des produits qui vont bientôt tomber dans le domaine public.

Résistance

Pour l'instant, le marché des génériques est freiné par l'inexistence d'une politique publique de promotion des médicaments génériques au Maroc. L'absence d'une couverture d'assurance maladie généralisée explique en partie cela. Pourtant, la généralisation de l'assurance-maladie pourrait permettre aux compagnies d'assurances d'effectuer le remboursement sur la base du médicament le moins cher. C'est l'exemple retenu par la sécurité sociale en France.
Pour les laboratoires fabricants des spécialités d'origine, les génériques sont certes, au regard de leurs prix faibles, compétitifs. Mais les laboratoires ne baissent pas les bras pour autant. Tous les moyens sont bons, y compris d'utiliser les armes des concurrents: la commercialisation de génériques. Cette technique est utilisée par de nombreuses multinationales qui, à l'échéance du brevet de la molécule mère, lancent leurs propres génériques pour maintenir un prix élevé de la spécialité d'origine.

Mohamed BENABID

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