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Economie

Industrie du papier
La concurrence déloyale plombe le secteur

Par L'Economiste | Edition N°:2908 Le 25/11/2008 | Partager

. 50% du marché du cahier raflé par détournement. La sous-facturation pointée du doigt. Recul inquiétant des investissements Est-ce le bout du tunnel pour l’industrie marocaine du papier? Dès mars prochain, les droits d’importation sur la matière première (carton et papier en bobine) devraient baisser à 10,5% contre 16,25% actuellement. Niveau de nature à dissuader «les fournisseurs égyptiens et tunisiens» de cahiers et ramettes. «Le différentiel ainsi dégagé par rapport à l’accès en exonération des droits et taxes appliquée aux produits finis ne couvrirait même pas le coût du transport», estime Ali Mchiche Alami, président de l’Association des distributeurs du papier et carton. N’empêche que les dégâts occasionnés sont énormes. Sur les cinq dernières années, toutes les contre-performances ont été enregistrées. Ralentissement d’activité de la fabrication, arrêt de la transformation locale du papier et fermeture de nombreuses unités d’impression.Plus grave encore, l’essoufflement -pour ne pas dire la désaffection- des investissements. A telle enseigne que certains gros opérateurs préfèrent désormais recourir à l’importation des produits finis au lieu de faire tourner leurs propres machines. En clair, pas d’intérêt pour développer la qualité et, partant, l’émergence d’une filière nationale.Concurrence déloyale et sous-facturation ont, en effet, plombé des pans entiers du secteur des arts graphiques. Depuis l’entrée en vigueur de l’accord Quadra, transformateurs et producteurs de papier ont perdu d’importantes parts de marché. Sur leur propre terrain. En cause, des produits finis importés d’Europe et écoulés au Maroc, via le cadre de libre-échange instauré avec l’Egypte, la Jordanie et la Tunisie. Pourquoi ce recours au commerce triangulaire? C’est que l’accord Maroc-UE prévoit l’exonération des produits finis et maintient une taxation de la matière première et des produits semi-finis. Ce traitement différencié a été, bien évidemment, mis à contribution par quelques opérateurs des pays signataires de l’accord d’Agadir. Ils s’approvisionnent en Europe et vendent au Maroc cahiers, ramettes A4, boîtes cartonnées d’emballage, etc. Même les dépliants commerciaux sont imprimés ailleurs et expédiés vers le Maroc. Histoire de gagner sur papier. Or, l’accord d’Agadir n’a pas repris ce traitement différencié. L’ensemble de la nomenclature est exempt de droits d’importation. Ajoutez à cela l’absence d’une définition claire des règles d’origine imposant le taux minimum de 40% de valeur ajoutée locale. D’où l’ampleur du trafic. En 2 ans, la moitié (50%) du marché marocain du cahier a été raflée par le biais du détournement. Soit quelque 6.000 tonnes de papier estimées à 120 millions de DH. Cela occasionne aussi un manque à gagner non négligeable pour le Fisc. La sous-facturation est la règle dans ce genre de transactions. Face à cette situation, il faut dire que le processus de mise à niveau accuse un grand retard dans cette filière. Les professionnels s’attendent à une véritable restructuration surtout pour les papeteries et l’industrie de transformation. Mais le processus tarde à être déclenché. Ce qui n’arrange pas non plus les choses. D’autant plus que les fonds ne parviennent pas à être levés par manque de visibilité et de l’opacité qui entoure l’activité de certaines catégories de papier. Selon des professionnels, les détournements dans l’importation de papier sont monnaie courante et bien même avant l’arrivée de partenaires nord-africains.La transformation occupe elle aussi une place prépondérante dans le secteur. «Mais sur ce registre, les industries de labeur nécessitent globalement une mise à niveau en profondeur, car leur matériel acquis d’occasion est souvent obsolète», précise un imprimeur. Dans le même ordre d’idées, les imprimeries de presse ont déjà entamé des investissements en matériel neuf. Pour la pâte à papier, le Maroc produit de la fibre courte destinée uniquement à des usages graphiques. Cellulose du Maroc produit environ 130.000 tonnes et en exporte quelque 90%. Or, la moyenne chez les grosses unités concurrentes à l’étranger est de 500.000 tonnes. Un écart très important.


Enjeu

LA filière manque cruellement de statistiques actualisées. Selon les dernières estimations, le secteur compte au total près de 60 entreprises et génère 6.000 emplois directs, dont 1 millier de saisonniers. Une seule unité fabrique de la pâte à papier. La filière compte plusieurs composantes: le papier pour emballage qui représente 13%, le papier pour impression 20%, le papier ouate 2%, le carton plat 23% et le papier ondulé 54%. La totalité de la consommation nationale est de 400.000 tonnes.A. G.

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