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Economie

Industrie du cuir
Un plan de relance pour 2006

Par L'Economiste | Edition N°:2171 Le 14/12/2005 | Partager

. Réforme tarifaire au pas de charge. Restructuration en amont de la filière. Plates-formes d’exportation et délocalisationsAprès le textile, le secteur du cuir aura son contrat-programme. Il aura fallu plus d’une année de consultations avec les opérateurs pour boucler le plan de relance. Il n’attend plus que le feu vert du ministère des Finances pour être mis en oeuvre en 2006. En tout cas, les opérateurs l’attendent de pied ferme.Le volet douanier constitue l’un des grands axes de ce programme. Il est prévu d’aller plus loin dans la réforme tarifaire. Au total, près de 90% de la matière première sera taxé à 2,5%, y compris la matière de base (cuir brut), même si le Maroc est un pays producteur. Le taux actuel varie entre 2,5 et 50%.Pour le cuir semi-fini, le taux variera selon l’origine. Le produit importé de l’UE s’établira à 2,5% contre 10% pour le reste du monde. Le taux actuel étant de 40% quelle que soit la provenance. “L’objectif de l’ouverture des frontières est de pousser les tanneries locales à se mettre à niveau pour répondre aux exigences des marchés extérieurs et faciliter la délocalisation des tanneries étrangères”, explique Abdeslam Alaoui El Hassani, président de la Fédération marocaine des industries du cuir (FEDIC). . Des cartes à jouerL’intérêt des tanneries européennes est latent puisque deux opérateurs, espagnol et italien, ont déjà tenté de s’implanter au Maroc au cours des deux dernières années. Cependant, elles ont buté sur l’absence en amont de réglementation de la filière. La baisse des tarifs douaniers prévue dans le plan de relance devrait contribuer à l’assainissement du secteur et octroyer plus de visibilité aux investisseurs étrangers. “Contrairement à ce qui se passe en Asie, la délocalisation de quelques fabricants n’a pas entraîné l’implantation de leurs fournisseurs pour assurer un approvisionnement de proximité”.Reste le produit fini (chaussures et maroquinerie) dont le taux sera porté à 20% pour les importations de la zone UE. Pour le reste du monde, le taux est maintenu à 50%. Objectif: promouvoir l’implantation de marques de franchise européennes pour servir de locomotive et dynamiser la production locale. Sur ce registre, le Maroc a une chance à saisir. Les industriels européens délocalisent une partie de leur production, la plus basique, vers l’Asie. “Mais pour des raisons de confidentialité, ils évitent de confier leur collection pour limiter les risques de contrefaçon”. Le Maroc doit donc maximiser ses chances pour attirer une partie de la production européenne et développer le commerce moderne. De plus, les pays asiatiques butent sur la disponibilité de la matière première à grande échelle. Là aussi, le Maroc a une carte à jouer pour peu qu’il protège et valorise localement sa matière première.Il est également en mesure de se positionner sur le marché américain avec l’entrée en vigueur prochaine de l’accord de libre-échange. La dernière mission, organisée par la Fedic du 14 au 18 novembre, a confirmé l’existence d’opportunités d’exportation. “Les groupements de détaillants ont été surpris par la qualité du produit marocain”. Un travail de promotion s’avère cependant nécessaire.L’autre axe du programme de relance du secteur concerne la mise en place de plates-formes d’exportation assorties d’un traitement fiscal incitatif. Ce dernier devrait bénéficier aux exportateurs directs et indirects pour améliorer la compétitivité. “Ces plates-formes offriraient plusieurs atouts compétitifs, notamment la disponibilité de la matière première et des délais de réponse très courts”. Mais tous ces aménagements requièrent au préalable une structuration en amont de la filière. Le ministère de l’Agriculture devra s’impliquer dans le processus, sachant que le cuir est un sous-produit de la viande animale. “Il faut adopter rapidement une politique de valorisation de ce sous-produit pour contrer l’abattage, le ramassage et le traitement informels des peaux, à travers notamment un programme de vaccination des maladies de la peau du cheptel”. Il sera alors possible de gagner jusqu’à 40% de l’exploitation de la peau brute. Une étude, dont les termes de référence sont en cours de validation, sera bientôt lancée.


Assistance technique et promotion

LE plan de relance prévoit un programme global d’assistance technique avec le concours de l’Agence nationale de la PME (ANPME). Une convention est en cours de finalisation. Elle devrait inclure la préparation des collections et l’accompagnement au niveau de la créativité.Concernant la promotion du label Maroc, le plan de relance prévoit une dotation budgétaire annuelle de 5 millions de DH sur 3 ans. Elle viendra s’ajouter aux ressources déjà existantes telles que la quote-part de la taxe parafiscale.Cette dotation est jugée plutôt insuffisante par les opérateurs car pour combler le déficit d’image et rattraper le retard, il faudra y mettre beaucoup plus et assez rapidement.


Trois zones industrielles pour commencer

LE plan prévoit la création de zones industrielles dédiées car le traitement du cuir nécessite beaucoup d’eau et l’utilisation de produits chimiques ayant un impact sur l’environnement. D’ores et déjà, trois zones sont programmées. La première sera située à proximité de Casablanca. Un terrain a été repéré dans la région de Settat. A Fès, le site est déjà sélectionné. Il abritera plusieurs industries polluantes et ne sera donc pas dédié exclusivement au cuir. Reste à mettre en place une station d’épuration avant le lancement de l’activité. Enfin, à Marrakech, un avant-projet a été élaboré.Mouna KABLY

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