×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Industrie du cuir : Casablanca retenue pour le second salon panafricain

    Par L'Economiste | Edition N°:259 Le 19/12/1996 | Partager

    A partir de 1998, l'Afrique aura son salon du cuir, à l'instar de l'Europe ou encore de l'Asie. Après l'Afrique du Sud, ce sera Casablanca qui abritera la seconde édition du salon panafricain. Objectif: lieu de rencontre pour le développement de la coopération dans les industries du cuir.


    Après l'Europe, l'Asie et les Amériques, l'Afrique aura aussi son salon du cuir. En effet, le Centre de Commerce International de Genève (Nations Unies) a organisé une réunion les 3 et 4 décembre 1996 à Naïrobi au Kenya afin de discuter de l'organisation d'un salon panafricain permanent du cuir et d'un programme de conférences et de séminaires. Objectif: le développement des affaires dans le domaine du commerce et des industries du cuir en Afrique. Seize pays dont le Maroc y ont participé et les recommandations ont concerné la confirmation de l'organisation de la première édition du salon en Afrique du Sud en décembre 1998 et la seconde à Casablanca en l'an 2000. Le choix des pays d'exposition a été notamment dicté par l'importance du marché sud-africain pour la région et l'infrastructure en place. Pour le Maroc, les critères retenus sont notamment l'importance de son industrie, les possibilités de coopération ainsi que la proximité des marchés européens. De plus, quatre thèmes ont été retenus pour le premier salon, dont la création d'une Fédération Africaine du Cuir. Celle-ci aura pour mission d'initier des programmes de coopération et d'assurer la coordination entre les différentes associations profession-nelles africaines. Il est à rappeler que l'idée de mettre en place un salon panafricain faisait partie des recommandations d'un séminaire tenu à Tanger et à Casablanca en 1995(1). Ont également figuré l'amélioration de la qualité du cuir à travers l'élevage (meilleure sélection des races, vaccinations...), les méthodes de dépeçage (formation, séminaires, mécanisation des abattoirs...), la conservation, la collecte, le traitement des peaux, mais aussi la préparation d'un annuaire du cuir, des actions promotionnelles

    Aujourd'hui, l'Afrique s'organise donc pour mieux tirer profit de ses ressources en cuir, encore largement inexploitées. Pour les professionnels, la demande mondiale des peaux et cuirs ne cessera de s'accroître, accompagnée de l'ouverture des marchés pour ces produits. Ainsi, par exemple, selon les évaluations et les données fournies lors du dernier séminaire de mai 1995, la consommation mondiale de chaussures (actuellement de 10 milliards de paires) devrait atteindre 12 milliards en l'an 2000, avec une augmentation du volume de ventes annuel moyen de 1,8 paire par tête d'habitant. Cet accroissement de la demande devrait se concentrer à l'avenir dans les pays en développement en raison de leur croissance démographique et de l'élévation des niveaux de vie et de la délocalisation vers ces pays qui se poursuivra.
    Si la transformation industrielle du cuir reste un métier nouveau en Afrique, ce n'est pas le cas au Maroc qui se distingue par une ancienne tradition. Les autres pays ayant progressé dans l'industrialisation sont le Zimbabwe, l'Afrique du Sud, l'Ethiopie, le Kenya, la Tanzanie, la Tunisie et l'Egypte. Le secteur du cuir au Maroc, qui emploie actuellement plus de 20.000 personnes, se compose de plus de 500 petites et moyennes industries. La quasi-totalité de ces entreprises sont tournées vers les marchés extérieurs. Ainsi, plus de 60% des produits manufacturés et semi-finis en cuir sont exportés vers les pays d'Europe, les pays arabes, l'Afrique et divers autres pays. Les articles chaussants sont considérés comme une branche moteur de la filière cuir au Maroc. Elle réalise près de 50% de la production totale du secteur et occupe à elle seule près de 60% des exportations de cuir.

    En Afrique, la filière cuir contribue diversement aux économies nationales selon les pays. Le cheptel sur ce continent est estimé à un peu plus de 567 millions de têtes (en 1992), soit 18% de la population animale mondiale, mais ne fournit que 13,6% de la production mondiale de cuir et 1,2% du commerce mondial qui s'élève à 33 milliards de Dollars par an. Cependant, des problèmes liés à la qualité, à la productivité, à la technologie et aux compétences entravent le développement de cette industrie. En Afrique, le secteur se présente sous forme d'unités artisanales et de petites et moyennes structures dont la capacité est sous-utilisée. Par ailleurs, l'Afrique enregistre chaque année une perte commerciale considérable estimée à 4 milliards de Dollars. Cette situation est notamment due à la non-collecte des cuirs et des peaux (400 millions), au déclassement des cuirs africains sur les marchés d'exportation (400 millions), ainsi qu'à la faible valeur ajoutée des produits commercialisés (3,2 milliards).

    Meriem OUDGHIRI

    (1) Séminaire sur l'amélioration de la qualité du cuir et de ses produits en Afrique, organisé par la FEDIC, la BID et la CEA à Tanger et à Casablanca en mai 1995.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc