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Economie

Industrie des pâtes alimentaires
Une production de seulement 180.000t par an

Par L'Economiste | Edition N°:2860 Le 15/09/2008 | Partager

. Un marché perturbé par l’informel et la contrebande. Cependant, une évolution annuelle de 8%Le Maroc a produit en 2007 quelque 85.000 tonnes de pâtes alimentaires. Un volume que les professionnels du secteur jugent peu élevé comparativement à celui produit notamment par la Tunisie. D’autant plus que la croissance démographique, l’évolution des habitudes culinaires et aussi le transfert de la demande des ménagères du couscous «fait maison» vers le couscous d’origine industrielle, devraient doper le marché et, partant, la production. Actuellement, elles sont 14 entreprises à opérer dans le secteur. Elles ont dégagé en 2007 un chiffre d’affaires qui gravite autour des 800 millions de DH. En 2003, elles étaient 23 entreprises à tourner pour l’industrie des pâtes. Depuis, huit sont en cessation d’activité ou en liquidation judiciaire. Les «rescapées» développent aujourd’hui une capacité de production de près de 180.000 tonnes dont 91.500 de couscous.L’évolution, même modeste, du chiffre d’affaires (en 1998, il était de l’ordre de 352,6 millions de DH, en 2.000 de 398,7 millions de DH et en 2003 de 563,1 millions de DH) dénote cependant d’une progression annuelle qui s’affiche autour de 8%. Ce qui peut donc être considéré comme une performance dans un secteur qui cherche encore sa place dans le tissu économique et industriel national. Côté investissement, il semblerait que la situation a tendance à se calmer. Il est évident que la quinzaine d’entreprises produisant couscous et pâtes alimentaires ont déjà drainé et mobilisé les investissements qu’il fallait. Des professionnels estiment que leur montant a atteint un milliard de DH au cours des dix dernières années et qu’ils ont généré un millier d’emplois. Mais, malgré tout, l’industrie locale n’arrive pas encore à satisfaire la demande. Le recours aux importations de pâtes alimentaires est donc une pratique non seulement courante, mais aussi nécessaire pour pouvoir répondre aux besoins du marché. Ces importations s’opèrent à partir de 12 pays (France, Espagne, Italie, Chine, Thaïlande, Turquie, Liban, Vietnam, Japon, Canada, Pays-Bas et Grèce). Une quinzaine de marques provenant de ces pays sont distribuées sur le marché national. Celles «labellisées» sont en majorité écoulées à travers les circuits de commercialisation modernes (supermarchés, hypermarchés et autres supérettes…). En volume, ces importations dépassent en moyenne annuelle les 6.000 tonnes. En valeur, elles atteignent quelque 350 millions de DH dont la plus grosse partie est engloutie par les pâtes.Ce mouvement d’importation a connu une «intéressante dynamique depuis la signature des accords de libre-échange entre le Maroc, l’Egypte, la Tunisie et la Jordanie (Accord d’Agadir) et avec la Turquie.Quant aux exportations, elles n’ont été initiées que depuis une dizaine d’années. Elles sont encore timides et demeurent ponctuelles. En volume, elles ont dépassé en moyenne les 3.000 tonnes par an pour une valeur, également moyenne, de l’ordre de 20 millions de DH. L’ouverture des frontières pour les produits fabriqués en Egypte, en Tunisie et en Jordanie fait planer une sérieuse menace sur l’industrie des pâtes alimentaires et du couscous. L’accord de libre-échange entre ces pays et le Maroc (Accord d’Agadir) «risque de faire mal, sauf si nous aussi, industriels marocains, commençons à exporter vers ces pays», indique-t-on auprès de l’Amipac. Certes, assure-t-on, l’harmonisation des politiques agricoles des quatre pays signataires de l’Accord est à l’ordre du jour, mais, jusqu’à maintenant, on n’en voit pas le bout. En plus clair, les «pâtes et couscous marocains supportant un surcoût élevé au titre du soutien à la production des blés nationaux estimé à 20%, auront du mal à faire face aux produits importés de ces pays en franchise de tous droits et taxes». «Nous serons, dans ce cas, handicapés, d’une part, par ce que nous coûte notre participation au soutien des farines nationales (1,20 DH par kg de pâte et couscous) et, d’autre part, par la situation de concurrence déloyale des produits importés», indique un industriel. Ce que l’on craint le plus, c’est la perte de parts du marché et donc le risque de vulnérabilité face aux co-signataires de l’Accord d’Agadir et aussi à ceux qui ont signé les accords de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Un expert estime que les «compétiteurs tunisiens, égyptiens et jordaniens sont en train de conquérir le marché national sans bourse délier». Allant plus loin, il explique que «la perspective est d’autant plus préoccupante que la pénétration des étrangers ne sera pas facilement réversible quand bien même le gouvernement imposerait un ‘‘droit d’entré’’ compensateur de type ‘‘élément agricole’’ pour corriger les parités respectives».La meilleure opportunité qui s’offre aux industriels pour développer la filière pâtes et couscous «réside dans l’énorme élasticité de la demande nationale». On le sait, l’offre «officiellement répertoriée ne couvre pas la totalité de la demande en pâtes alimentaires, et tout au plus le tiers de la demande en couscous», indique-t-on. L’on s’accorde également à dire qu’une partie de la demande, principalement en couscous, continue à être satisfaite par les moyens traditionnels. «Mais, dans nos villes et même dans nos campagnes, l’on a de plus en plus tendance à ne plus rouler le couscous à la main et à utiliser le couscous industriel», constate-t-on. Ce qui veut dire que le potentiel reste aussi large que considérable pour le développement de la filière pâtes alimentaires et couscous.Cependant, des études de marché et aussi des enquêtes sur la consommation doivent être initiées soit par les professionnels eux-mêmes, soit par les pouvoirs publics. Une meilleure connaissance des consommateurs et de la consommation en général s’avère donc nécessaire. En d’autres termes, une évaluation quantitative et qualitative de la consommation également dans ses dimensions régionales peut renseigner sur les besoins réels. D’ailleurs, la consommation de pâtes alimentaires a commencé à se faire sentir dans le milieu rural où elle était considérée comme «dégradante». Avec les coûts de la vie qui sont en hausse vertigineuse, le consommateur rural a de plus en plus de mal à assurer le minimum pour sa famille. «Les pâtes offrent l’alternative et peuvent être consommées à tout moment de la journée, en plus de l’avantage qu’elles présentent: elles se digèrent facilement».Jamal Eddine HERRADI

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