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Société

Incendie de Lissasfa
Les employés l’appelaient «Oukacha«

Par L'Economiste | Edition N°:2766 Le 29/04/2008 | Partager

. Des mineurs parmi les victimes. Des sapeurs pompiers matériellement démunis. La responsabilité des autorités locales encore floue Certains l’appellent «Oukacha». Il ne s’agit pas ici du centre pénitencier portant le même nom, mais plutôt de l’usine Rosamor ameublement. L’entreprise est spécialisée dans la fabrication de mobiliers à base de bois, mousse, éponge et tissus.Piétons, motocyclistes, automobilistes… sont venus voir l’immeuble quasi décimé après l’incendie survenu le 26 avril dans la zone industrielle de Lissasfa au sud de Casablanca. Les secours parlent d’un bilan provisoire de «56 décès» et «22 blessés».Venus des quatre coins du pays (Settat, Zagoura, Fès ….), «l’on compte parmi les victimes mêmes des mineurs», selon Abderahim Ajwi, élu à la commune de Hay Hassani et responsable des affaires sociales. Le parc industriel de Lisasfa concentre 22% des unités, 9% de la production et 12% des effectifs employés du Grand Casablanca. Il se classe d’ailleurs juste derrière la zone industrielle de Bernoussi-Zenatat et celle de Aïn Sbâa-Hay Mohammedi. Pourtant, ce «haut lieu de l’économie casablancaise» ressemble à tout sauf à une zone industrielle. Pour y accéder, il a fallu prendre une piste rocailleuse et poussiéreuse. Au bout du chemin, l’usine Rosamor ameublement pointe son nez. Trois jours plus tard, le lieu de l’incendie est devenu une sorte d’attraction macabre. Les forces de sécurité sont encore sur place. Des barricades squelettiques servent à contenir une foule curieuse. Cette chaleur anormale de fin avril n’a pas découragé les centaines de personnes venues contempler ce paysage désolant. En face d’eux, à une cinquantaine de mètres, un immeuble éventré tient à peine debout. Des matelas en éponges, des rouleaux de tissus, du bois… sont jonchés par terre. La scène rappel un peu le tournage d’«Apocalypse Now».Les murs calcinés laissent deviner l’ampleur du désastre. Mêmes les sapeurs pompiers ne prennent pas le risque de s’y aventurer. Lorsqu’on demande à un gradé de la protection civile de nous faire un diagnostic technique sur la situation, notre interlocuteur se contente de bredouiller qu’«il ne peut pas faire de déclaration». Une grue tente, tant bien que mal, de dégager le premier étage qui est encombré de débris. Après une heure et demi de notre arrivée, les sapeurs-pompiers se tiennent toujours immobiles. Le conducteur de l’engin, habillé en civil, peine à trouver une issue. A son côté un agent de la protection civile lui donne de temps à autres quelques instructions. Le manque des moyens des sapeurs-pompiers est tout de même patent. «Le bâtiment pourrait à tout moment s’affaisser», indique un haut gradé de la police. Son uniforme ne l’empêche pas d’adopter un discours critique: «On perd notre temps à informer les supérieurs. Entre temps, les mesures tardent à venir. Heureusement qu’on n’a pas eu à organiser la coupe du monde!», ironise-t-il. Boucheta El Jami, parlementaire Istiqlalien et président de l’arrondissement Hay Hassani, décline toute responsabilité: «les plans initiaux sont conformes à la loi». Les escaliers de secours sont pourtant inexistants. Même la terrasse est couverte d’un toit en zinc. Seules issues visibles, des fenêtres quadrillées par le grillage. L’incendie aurait bloqué l’ouverture des portes électriques. Le non respect des normes de sécurité alourdit encore plus la responsabilité juridique du propriétaire des lieux. Actuellement en garde à vue, nous n’avons pas pu obtenu des précisions. L’un de ses deux fils, Amine Moufarih, est resté quant à lui injoignable. C’est apparemment l’autorisation qui soulève des interrogations. A en croire Boucheta EL Jami, «c’est en 2004 que le propriétaire actuel a acheté cette usine, mais sans renouveler l’autorisation obtenue deux ans auparavant». Celle-ci avait comme objet social «couture moderne». C’est une commission constituée du Conseil de la ville, de l’agence urbaine de Casablanca et de la Wilaya qui la délivre.Le parlementaire de Hay hassani n’hésite pas aussi à mettre en cause la Lydec. «Comment expliquer le fait qu’il n’existe aucune bouche d’incendie ?», s’interroge-t-il. L’affaire Rosamor a par ailleurs servi de catalyseur. Des ouvrières, en blouses roses, ont fait le déplacement pour manifester leur ras-le bol, sous le regard médusé de la police. «C’est une honte, les travailleuses sont en dangers», scandaient-elles. En se greffant à ce sinistre événement, les ouvrières ont fait un joli coup de Com pour dénoncer «l’injustice sociale». Caméramen et photographes ont braqué leurs objectifs sur les ouvrières de la société Maxi Maille. Elles accusent leur employeur de les faire travailler dans des conditions inhumaines. «Il nous arrive aussi d’être enfermées à clé. Le respect des normes de sécurité est une science-fiction», avance leur porte-parole, Zaineb Safia. Au-delà de ces revendications, l’incendie a provoqué une véritable tempête politique. Le Souverain a d’ailleurs présidé hier une séance de travail à Meknès sur les mesures à prendre.Une commission interministérielle, présidée par le ministre de l’Industrie, du commerce et des nouvelles technologies, Ahmed Chami, a été chargée de proposer les mesures réglementaires. Cette commission remettra son rapport à la primature vers la fin 2008. Faiçal FAQUIHI

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