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Economie

Immigration clandestine: Les points communs avec le Mexique

Par L'Economiste | Edition N°:2139 Le 27/10/2005 | Partager

. Les deux pays de transit et de départ . L’urgence d’un cadre de dialogue sud-méditerranéen LA frontière entre le Mexique et les Etats-Unis est un vrai laboratoire de la mondialisation et sa relation avec l’immigration clandestine. Sur cette ligne de 3.200 kilomètres séparant la plus grande puissance d’un pays du tiers-monde, le contraste économique et social est criant. Les 70 terrains de golf verdoyants de San Diego n’ont rien à voir avec les rues sales de Tijuana et leurs vendeurs ambulants. Zones franches et rideaux de fer cohabitent. Entre cette frontière et celle, méditerranéenne, séparant l’Europe et l’Afrique, beaucoup de similitudes et de problèmes communs existent. Pour les deux cas, Jorge Santibanez, directeur du Collège de la frontera norte (COLEF) au Mexique, tire un même constat à savoir l’existence d’une économie asymétrique. Durant une conférence donnée récemment à Rabat, il a évoqué l’urgence d’une nouvelle réflexion entre pays du sud sur les questions de l’immigration clandestine. «Si solution il y a, c’est surtout dans un cadre concerté entre ces pays. Car, contrairement aux pays européens, il n’y a pas un espace de dialogue commun pour les pays de départ», estime-t-il. En effet, vu la tournure violente que le phénomène a pris dernièrement dans les présides marocaines Sebta et Melilia, la responsabilité doit être équitablement partagée. Outre le caractère aujourd’hui sécuritaire de la lutte contre l’émigration clandestine aux USA et en Europe, Santibanez mène le débat sur le terrain de l’économie. Sur ce registre, il existe une différence de taille entre le cas marocain et mexicain. Le PIB espagnol par habitant est 15 fois supérieur à celui du Maroc, alors que la différence n’est que de 6 contre 1 entre les Etats-Unis et le Mexique. La frustration est donc plus grande dans le sud de la Méditerranée. Aujourd’hui, des intellectuels européens appellent leurs gouvernements à faire preuve de plus de courage pour reconnaître la légitimité du phénomène migratoire. Ils pensent que l’avortement de la Constitution européenne a condamné les Etats européens à agir chacun pour soi en matière de traitement du phénomène. Dans les villes frontalières entre le Mexique et les Etats-Unis, 13 millions de personnes vivent dans de sorte de corridors régionaux où la plupart habitent d’un côté de la frontière et travaillent de l’autre. En 2020, cette population sera de 25 millions de personnes, un vrai pays binational. Dans ces villes à l’identité confuse, surtout à proximité des points de sortie, les pharmacies et magasins foisonnent. Les Américains viennent souvent à El Paso ou à Tijuana pour acheter des médicaments sans avoir à présenter une ordonnance. La loi y est constamment contournée avec le sceau d’un accord tacite. Quant aux Mexicains, ils préfèrent patienter 3 heures à la frontière pour gagner quatre fois le salaire qu’ils touchent dans les maquiladoras, ces usines de sous-traitance. Ceux qui en ont les moyens envoient leurs femmes accoucher dans les cliniques américaines à San Diego ou ailleurs pour garantir la nationalité américaine à leurs enfants. Ces Américains d’origine mexicaine utilisent tout au Mexique et paient leurs impôts aux Etats-Unis. Parmi les 37 millions d’hispaniques qui habitent aux USA, 25 millions sont des Mexicains dont 14 millions sont nés au pays de l’Oncle Sam. Pour Santibanez, la proximité avec un pays développé n’est pas toujours un avantage. Le 11 septembre a beaucoup touché la frontière. La politique américaine est devenue à ce niveau beaucoup plus sécuritaire. Comme c’est d’ailleurs le cas en Méditerranée où les flux migratoires échappent de moins en moins à l’étiquetage terroriste. La violence sur les lignes de passage, comme ce fut le cas à Melilia et Sebta, est une nouvelle composante qui vient encore dramatiser le fléau. De ce fait, «le statu quo est devenu insoutenable», souligne Santibanez. Il y a 11 millions de sans-papiers aux USA. Une population que le pays veut, avant tout, faire remonter à la surface et régulariser. Le président américain George W. Bush a déclaré le 19 octobre avoir alloué 7 milliards de dollars pour lutter contre l’immigration clandestine. Cette politique est suivie aussi en Europe où des opérations de régularisation se font régulièrement. Par contre, de l’autre côté de la frontière, les pays de transit, pointés du doigt, ne disposent pas de politique claire en matière de lutte contre l’immigration clandestine. Ils réagissent par à-coups aux mises en garde des pays destinataires. Au Mexique, de hauts responsables dans l’Etat allaient même jusqu’à dire dans les années 70 que la vraie politique, c’est de ne pas en avoir. Le chaos est maintenu bien que difficilement après les attentats. En attendant que le gouvernement mexicain s’y mette, le Colef dispose de deux observatoires de l’émigration clandestine, l’un sur la frontière entre le Mexique et les USA et l’autre sur la frontière avec le Guatemala. L’apport de ces observatoires est considérable pour connaître l’envergure du phénomène et ses tendances.


Transferts

COMME pour le Maroc, les transferts des Mexicains résidant aux USA font vivre des millions de familles. Chaque année, 16 milliards de dollars sont injectés. C’est 16 fois les transferts des MRE. Toute une économie est née à travers cet argent. Paradoxalement et contrairement au Maroc, le Mexique ne dispose d’aucune entité étatique ou gouvernementale dédiée à ses ressortissants aux Etats-Unis. Ce pays est aujourd’hui vivement critiqué pour ne pas s’en occuper. Que ce soit au Maroc ou en Mexique, l’argent qui transite par les frontières représente une vraie bouée de sauvetage sociale.Mostafa BENTAK

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