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IMEC: Un labo pour les textiles et un labo pour les plastiques

Par L'Economiste | Edition N°:21 Le 19/03/1992 | Partager

Gardant le même sigle et changeant son intitulé, l'IMEC (l'Institut Marocain d'Essais et de Conseils, ex Institut Marocain de l'Emballa ge et du Conditionnement) a considérablement modifié son activité. Récemment doté de deux nouveaux laboratoires, son objectif majeur se concentre essentiellement au niveau de la contribution à l'amélioration de la qualité des produits industriels.

Nous avons changé de nom car nous allons élargir la base des activités de l'institut. Avant, l'IMEC avait pour objectif principal tout ce qui est emballage. Mais, depuis cinq ou six ans, on s'est aperçu, suite à une étude que nous avons effectuée, que le tissu industriel marocain ne permet pas de faire vivre un laboratoire tel que le nôtre; par ailleurs, pour permettre d'économiser les moyens, on a pensé à mettre en commun, pour plusieurs laboratoires, la logistique c'est-à-dire tout ce qui est administration, gestion, maintenance ", déclare M. Ali Zaki, Directeur Général de l'Institut. Ainsi, à partir de là, "on a eu l'autorisation de créer deux autres laboratoires au sein de l'IMEC: un pour le Plastique et Elastomères (caoutchouc) et l'autre pour le Textile", ajoute M. Zaki. Pour le Plastique et Elastomères, l'IMEC réalise déjà 50% des essais et dispose de 40 à 50% du matériel, "il nous reste toutefois à acquérir tout un matériel de résistance au feu et nous attendons une aide extérieure, du point de vue compétence, afin d'établir les cahiers de charges", dit-il. Au sein du laboratoire Plastique, les techniciens réalisent actuellement des essais sur l'identification de la nature du plastique. Ils testent également tout ce qui est effet de la lumière, les ultra-violets, effectuent des essais de vieillissement, des essais d'allongement (voir quelles sont les déformations d'un plastique soumis à une compression), des essais de migration (quelles sont les éléments du plastique qui peuvent migrer dans un produit). Par ailleurs et toujours au niveau du plastique, M. Zaki met l'accent sur les nouvelles réglementations européennes qui rejettent un certain nombre de produits d'emballages non recyclabes. Pour lui, l'Institut doit se doter de matériel performant, pour effectuer des recherches et essayer d'aider les exportateurs, d'une part pour respecter la réglementation et, d'autre part pour aider au niveau de l'environnement au Maroc.
Au niveau du textile, l'Institut ne dispose pas encore du matériel, mais a un projet bien déterminé, l'accord de principe du Ministère et un budget en cours d'approbation pour monter un laboratoire en collaboration avec l'Association de Textile. Ce laboratoire se limitera aux matières premières, c'est-à-dire le coton, les fibres synthétiques, les fibres artificielles, la laine, et à la filature. "On s'est limité à ces deux branches d'abord parce qu'il s'agit d'une question de moyens financiers et ensuite parce que si on contrôle la matière première, puisque l'on en importe beaucoup, on peut sortir un produit fini (le fil) de qualité. Pour nous, si on touche dans les matières premières le fil, on touche 50% du textile au Maroc", explique M. Zaki.
De plus monter un laboratoire qui comprendrait toute la chaîne du textile reviendrait à 30-40 millions de DH.
Pour le futur laboratoire, ont été recrutés un ingénieur textile et un technicien supérieur qui seront envoyés en stage à l'étranger avec un complément de formation au niveau des usines marocaines.

Qualité, une compétition internationale

Par ailleurs, l'insertion actuelle du Maroc au sein du commerce international oblige l'ensemble des professionnels marocains, qui sont en compétition directe avec les pays développés, à améliorer la qualité. "Pour nous, améliorer la qualité signifie l'élimination des pertes. C'est ce que l'on appelle la non-qualité, et c'est aussi le rôle des laboratoires. Dans l'amélioration de la qualité, les laboratoires constituent une chaîne incontournable pour les essais quels qu'ils soient", renchérit M. Zaki.
Selon lui,"nous perdons énormément en qualité". La France, par exemple, a estimé que la non-qualité lui coûte 1.200 FF par ouvrier et par an. Concernant la non-qualité au niveau des emballages et selon une étude réalisée par le Centre du Commerce International, les pays en voie de développement perdent 30% de leurs exportations sur les pays développés. D'après cette étude, le Maroc serait en-dessous de ce taux, autour de 7-10%, alors que le taux toléré au niveau mondial est entre 3 et 5%. Une étude a été effectuée par l'IMEC au niveau de l'emballage, plus particulièrement le sac de farine, pour l'emballage en papier kraft. L' IMEC a démontré qu'il se perdait 1% de farine (pour l'emballage actuel). Dans les minoteries industrielles, 30-35 millions de quintaux de farine par an sont écrasés et il se perd chaque année entre 30 et 35 millions de kg de farine.
M. Zaki note, toutefois, une certaine prise de conscience chez les industriels marocains au niveau de l'amélioration de la qualité. En effet,"à partir du moment où la protection douanière n'existe plus et que l'industrie marocaine se trouve donc en concurrence avec l'étranger, il y a automatiquement un progrès. Les industriels se sentent menacés et savent que s'ils ne font pas de la qualité, s'ils ne sont pas compétitifs, ils ne peuvent pas vendre à l'étranger", dit-il.

Banque de données

Au niveau de l'information, l'IMEC dispose d'une banque de données ouverte aux chefs d'entreprise, cadres supérieurs, techniciens, fabricants ou utilisateurs d'emballages. Ce centre de documentation est géré par un ingénieur en information assisté par une technicienne supérieure et un chef de service, tous les trois ayant effectué un séjour d'un mois à Packdata de Genève, base de données bibliographiques. Celle-ci est conçue et développée par le Centre du Commerce International (CCI) à Genève et constituée de plus de 3.000 enregistrements. Depuis Juillet 1990, le Centre du Commerce International et l'IMEC ont procédé à un échange de données et passé une convention d'actualisation, les données étant actualisées à un mois de différence par échange de disquettes.
Le CCI, dont le siège est à Genève, emploie une trentaine d'experts qui travaillent depuis plus de trente ans sur l'emballage et les répercussions. "Ces experts ont accumulé des informations inestimables sur l'échelon international. Lorsqu'ils se sont intéressés aux pays en voie de développement, ils ont pu constaté que l'IMEC dispose d'une banque de données sur à peu près 17 années d'exportation marocaine. C'est ce qui explique notre volonté commune de procéder à un échange de données", explique M. Zaki. Par ailleurs, l'IMEC organise en moyenne une fois par an un séminaire international, financé la plupart du temps par des organisations internationales telles que le PNUD, la FAO ou par des pays tels que l'Italie, le Canada. Le prochain séminaire aura lieu en Avril pour les pays africains francophones, financé par la francophonie à travers le Canada.
L'IMEC s'occupe aussi de la formation et du recyclage au niveau du Maroc, et c'est ainsi que l'Institut a conclu avec le Ministère de l'Agriculture une convention pour informer tous les inspecteurs et techniciens de la répression des fraudes sur l'emballage sous toutes ses formes.

Carte de visite

Créé en 1973, l'IMEC était au départ une S.A. à capital privé dont les principaux actionnaires étaient les fabricants d'emballages et les associations professionnelles. "Malheureusement, le privé n'a pas joué le jeu et ne s'est pas intéressé à cette activité", explique M. Zaki, Directeur Général de l'institut. En Mai 1991, le conseil d'administration a décidé de rembourser le privé. Actuellement, le président du Conseil d'Administration est le Ministre du Commerce et de l'Industrie, les administrateurs sont le Directeur Général de l'Industrie et le Directeur de l'OCE.
"Notre avantage, en tant que société anonyme, est que nous sommes régis par le droit commercial, ce qui nous donne une souplesse dans la saisie d'opportunités. Cette souplesse nous permet également de pouvoir travailler avec beaucoup de pays étrangers", ajoute t-il.
Les sources de financement de l'Institut sont de deux ordres. La première est constituée par une subvention sur la taxe para-fiscale, la taxe de contrôle à l'exportation qui couvre à peu près 60-70% des besoins de l'IMEC. La seconde source (25 à 30%) provient des recettes directes, c'est-à-dire des services rendus par l'Institut.
Le capital social actuel de l'IMEC est de 9.500.000DH (190.000 actions de 50DH). Les investissements réalisés depuis la création de l'Institut s'élèvent à 18.000.000DH.
Enfin, l'effectif est de 24 personnes, dont 14 ingénieurs et techniciens et 8 administratifs.

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