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Il faut sortir notre ingénierie des archaïsmes
Par Zaki SEKKAT, secrétaire général et fondateur de L3E

Par L'Economiste | Edition N°:2314 Le 07/07/2006 | Partager

Des personnalités éminentes de l’ingénierie nationale exerçant de hautes responsabilités se sont exprimées au sujet de la contribution de l’ingénieur dans le projet de progrès sociétal engagé par le Royaume. Certaines organisations politiques ont organisé des journées dédiées à cette thématique. Si la démarche témoigne du souci d’impliquer cette composante de la société civile dans les réformes et chantiers ouverts, ces actions restent floues et non ciblées, étant donné la diversité fonctionnelle de l’ingénierie.D’emblée et selon la logique de projet de restructuration proposée par le nouveau bureau de la Fédération marocaine du conseil et de l’ingénierie (FMCI), mon propos sera consacré exclusivement à l’ingénierie professionnelle du génie civil et industries associés, le bâtiment et les travaux publics.. L’apport des multinationalesPrenons d’abord le cas des bureaux d’études et de conseil. Après l’indépendance, plusieurs sociétés européennes ont créé des filiales au Maroc. Par la diffusion de l’expertise dans le secteur, l’apport technique de ces sociétés est indéniable. Ces filiales des majors européens du conseil et d’études se sont taillées la part du lion dans les projets d’infrastructures lancés pour asseoir les bases du développement économique au lendemain de l’indépendance. Il fallait attendre le début des années quatre-vingt pour voir émerger les premiers bureaux d’ingénieries nationaux (CID, SCET MAROC, etc.) capables de rivaliser avec les grandes structures dominantes de l’époque. Ces dernières ont par la suite amorcé une sorte de «désengagement» avec la prise de contrôle de certaines d’entre elles par des promoteurs nationaux.Dans le domaine des laboratoires du génie civil, le seul organisme datant de la période coloniale a été racheté par les offices marocains. Au départ, son management a naturellement cherché à préserver le monopole. Cela a duré plusieurs décennies. La fin justifiant les moyens, l’essentiel était de garder le contrôle absolu dans le domaine des essais et de l’ingénierie. L’exemple le plus frappant est le combat que se sont livrés les fondateurs du laboratoire Labometal pour leur existence. Ainsi, ce monopole de fait a empêché l’émergence d’une ingénierie de laboratoires compétitifs au Royaume. . Un chapelet d’erreurs Le deuxième directeur général du LPEE (Laboratoire public d’essais et d’études) n’a accédé à la tête de cette institution ni au bon moment ni avec la maîtrise suffisante du secteur. Son arrivée a coïncidé avec la promulgation du code de la concurrence et la restriction de la procédure d’entente directe par le gouvernement d’alternance dans la passation des marchés publics. Sans prétendre à l’exhaustivité, les erreurs du management d’alors peuvent être résumées en ce qui suit: lutte contre le nouveau courrant d’idées en usant de tous les moyens pour la sauvegarde d’un monopole qui était de toute façon, condamné à disparaître; diversification tous azimuts sans qualifications suffisantes (études de faisabilité, études générales, études d’hydrologies, missions de conseil et d’assistance, oubliant la vraie vocation d’un laboratoire, c’est-à-dire, la mesure, le test fiables et leurs interprétations).La troisième grande erreur fut de tenter par maintes obstructions de bloquer l’aboutissement d’un décret de qualification et classification des laboratoires réglementant ce secteur d’activités et refuser l’arbitrage et la médiation des associations professionnelles avec les nouveaux concurrents qui s’installent.Tout en refusant de reconnaître ou d’adhérer à la LABTP (Association des laboratoires de bâtiment et des travaux publics), entretenir des relations occultes avec son bureau permanent ; Ne pas dénoncer le devenir de cette association qui abritait des membres connus pour des manquements déontologiques allant jusqu’à la délivrance de certificats de complaisance. . Les maux qui rongent les bureaux d’étudesPar ailleurs, les recommandations et orientations du ministère de tutelle (l’Equipement) n’ont pas été traduites sur le terrain. Le management s’est montré à l’époque incapable de la moindre initiative pour sauver cette institution et lui faire jouer le rôle qui lui est propre pour le Maroc d’aujourd’hui. Quant aux maux et problématiques quasiment identiques, dont souffrent aujourd’hui les BET (bureaux d’études) et laboratoires nous citons entre autres : l’apparition et la recrudescence du phénomène des «signataires» suite à l’obligation de présentation du plan armé pour tout projet et à l’ouverture à la concurrence; sous-qualification humaine et logistique des BET et laboratoires, etc.La pression du lobby des promoteurs immobiliers et des entreprises de bâtiment (plus de 80% de ces sociétés exercent dans l’économie informelle). De là découle le rôle quasi passif de l’ingénieur dans l’acte de bâtir. L’exercice de l’ingénierie est devenu statique sans innovation : rapports stéréotypés, photocopies collées avec changement de chiffres en l’absence d’approche spécifique et de dispositions adéquates à chaque cas de figure, etc. Cette pratique met en danger la sécurité du citoyen qui n’a pour interlocuteur que le promoteur immobilier. Les cas d’effondrement d’immeubles sont malheureusement la conséquence des déviations mercantiles. Peut-être que l’on devrait imposer que chaque immeuble dispose d’un véritable état civil.Je termine néanmoins par une note d’espoir. Le nouveau bureau de la Fédération marocaine du conseil et de l’ingénierie a entrepris un vaste champ de restructuration de cette institution. Il est conscient du constat actuel de l’ingénierie et de la nécessité d’un plan de redressement. Il faut aussi saluer l’esprit de dialogue de la direction actuelle du LPEE. Son staff et son comité stratégique s’ouvrent sur le secteur privé avec prudence et pragmatisme qu’apprécie l’ensemble de la profession. Un exemple: le différend opposant le LPEE au laboratoire L3E a connu une fin heureuse. Le LPEE a été finalement séduit par le L3E qui a milité et versé dans le même combat de qualité et de service utile rendu à la nation.

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