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Economie

«Il faut revoir la structure économique de la région»
Entretien avec Hamid Narjisse, président du Conseil régional de Marrakech-Tensift-El Haouz

Par L'Economiste | Edition N°:3130 Le 16/10/2009 | Partager

. 45% d’analphabètes et 100 communes pauvres . L’eau à rationaliser Un catalyseur à la recherche des synergies. C’est le rôle que veut Hamid Narjisse, nouveau président du Conseil régional de Tensift-El Haouz, pour sa région. La question agricole devra être au cœur de son plan d’action. Il reste aussi beaucoup à faire dans le tourisme et l’artisanat, estime Narjisse.- L’Economiste: Quel état des lieux faites-vous de la région, maintenant que vous en êtes président? -Hamid Narjisse: Ce serait prétentieux de ma part de présenter une vision exhaustive sur les perspectives de la région, moins d’un mois après mon élection! Pour moi, l’approche et la méthode sont aussi importantes que le plan d’action. Je viens surtout avec une démarche à l’écoute des citoyens et des acteurs locaux pour anticiper leurs besoins et leurs attentes. Et ceci en est un élément important. Deuxième élément de cette approche, une association sincère et durable entre société civile, secteurs public et privé et organes élus. - La région est un paradoxe. Comment peut-elle être la première à attirer autant d’investissements avec des communes qui caracolent en tête des plus pauvres?- Effectivement, la région de Marrakech et, particulièrement, la ville de Marrakech, ont connu un grand développement et ce, dans plusieurs segments, mais qui a été malheureusement à la fois déséquilibré et irrespectueux de l’environnement. Dans le palmarès de la pauvreté et sur les 400 communes rurales considérées comme étant les plus pauvres au Maroc, la région en compte environ une centaine. Par rapport à un poids démographique de 14% seulement de la population rurale, nous détenons le triste record d’y représenter un taux de pauvreté de 25%. Et ces moyennes ne traduisent pas vraiment la réalité. A l’exception de Marrakech, les 4 provinces de la région et, maintenant, la province des Rhamna sont toutes classées en tête des provinces les plus pauvres.- Et quelle sera votre démarche justement pour lutter contre ces disparités?- Ces chiffres doivent nous amener logiquement à revoir cette structure économique qui s’appuie essentiellement sur le tourisme, l’agriculture et l’artisanat. En fait, chacun de ces trois secteurs a besoin d’une mise à niveau plus ou moins profonde. Le grand paradoxe concerne, à mon avis, la question agricole, vu l’importance du potentiel des terres agricoles et terres irriguées, la zone comptant au passage le quart des terres irriguées du Royaume. La réalité des performances de ce secteur ne reflète donc pas ce potentiel. - Mais avec quelles marges de manoeuvre?- Il y a une grosse marge de manœuvre dans l’agriculture. Même chose par rapport à l’artisanat et au tourisme. Un des projets qui me sont chers est la protection sociale de l’artisan. Face à ces trois secteurs phares, nous avons un développement industriel quasi inexistant! Or, il y a de réelles opportunités de développement industriel pour la région de Marrakech qui n’a pas su, ou pu, développer une agro-industrie performante. La région est la première productrice d’olives au niveau du Royaume. Mais quelle est sa part dans la fabrication d’huile d’olive et d’autres produits dérivés? Dans le tourisme, on ne fait actuellement qu’effleurer les niches de richesses. - Que manque-t-il alors?- La qualification des ressources humaines. Dans cette spirale, nous avons des choses qui nous tirent vers le bas. Notre région se distingue malheureusement par un degré élevé d’analphabétisme. Le retard est tellement significatif que notre région se doit déjà de récupérer 8 points rien que par rapport à la moyenne nationale (ndlr: le taux moyen d’analphabétisme dans la région est de 45%). En plus de «l’alphabétisme hérité», notre système éducatif ne cesse d’en créer de nouveaux avec de forts taux d’abandon et de déperdition scolaires. - Quid des déficits des ressources hydriques qui sont aussi problématiques…?- Tout à fait. On spolie les générations futures en se comportant avec l’eau d’une manière aussi extravagante, alors que les deux bassins alimentant la région sont déficitaires. Les précipitations de cette année relèvent plus de l’exception que de la règle. La sécheresse est une donnée constante de notre région avec laquelle il faut apprendre à vivre. Nous sommes en train d’exploiter les nappes phréatiques d’une façon irresponsable alors qu’elles sont tout autant déficitaires. La solution passe nécessairement par une rationalisation de l’utilisation de l’eau, en généralisant le système d’irrigation localisée qui peut nous faire gagner 30 à 40% des quantités d’eau utilisées pour l’irrigation. Et ce n’est pas aussi sorcier. - Avez-vous des budgets conséquents pour vos ambitions? - Je tiens à rendre hommage à mon prédécesseur qui, avec le concours de la tutelle, a réussi à rationaliser les dépenses avec un ratio de 1/3 fonctionnement et 2/3 investissements. Le Conseil de région est une structure de mission et non pas d’action. Dans ce sens, notre budget (ndlr: 89 millions de DH) ne pourra jamais répondre à tous les besoins. Notre rôle est d’abord de mobiliser des ressources complémentaires. A lui seul, le Plan Vert prévoit quelque 2 milliards de DH pour la région. La stratégie de développement régional de l’artisanat prévoit presque 600 millions de DH. Ce sont là autant de ressources mises à notre disposition. Propos recueillis par Badra BERRISSOULE

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