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    Economie

    IER: Le travail de mémoire se poursuit

    Par L'Economiste | Edition N°:2122 Le 04/10/2005 | Partager

    . Le Forum pour la réparation recommande aussi de créer des archives nationales. Les centres de détention célèbres transformés en lieux de mémoire. L’AMO à la rescousse des victimes des années de plomb Trois jours de débat suffisent-ils à tracer un projet aussi épineux que la réparation des victimes des violations passées des droits de l’homme? Le Forum national sur la réparation, organisé ce week-end par l’Instance équité et réconciliation (IER), a permis d’identifier les chantiers à venir. A commencer par la mémoire, l’Histoire et les archives. Sur ce volet, les conclusions ont porté sur la nécessité de lever tous les tabous qui faussent une partie de l’histoire contemporaine du pays. Une réécriture par des professionnels et intégrant les différentes dimensions des violations passées des droits de l’homme s’impose. Dans ce sens, la création d’un comité national ou d’un centre national pour la mémoire a été proposée. L’intégration des événements historiques entre 1956 et 1999 dans l’enseignement secondaire a également été mise en relief. Idem pour la conservation de la mémoire à travers la reconversion des centres de détention en lieux de mémoire (plaques commémoratives, musées…). La réforme des archives nationales a été hissée en priorité. La création d’institution qualifiée dans leur mise en place a été recommandée. De même, un travail de mise en relation entre l’immigration (celle du Rif en particulier) et les exactions du passé doit commencer. Les participants ont aussi proposé la tenue d’une journée de deuil national. La relation historique entre les violations passées et la marginalisation dont ont souffert certaines régions est à établir de manière scientifique. Une carte de ces régions est à mettre en place. Le lien entre la réparation et le développement durable a d’ailleurs retenu l’attention. Un atelier lui a été consacré. Au menu, la rupture avec la logique coloniale séparant le Maroc utile du reste et l’adoption d’une “discrimination positive” en faveur des régions où l’impact des années de plomb a été le plus ressenti. La priorité pour le monde rural est à l’éducation et la formation. Dans les villes, les quartiers comme Derb Moulay Cherif et Hay Mohammadi à Casablanca sont à réhabiliter. Le tout devra être intégré à un programme national, qui s’inscrit dans le prolongement de l’Initiative nationale de développement humain (INDH), sans pour autant y être dilué. Dans ce sens, la création d’un fonds national a été mise en exergue, au même titre que la mise en place d’instruments de suivi des projets à mener. A noter que plus de 100 participants ont pris part à cet atelier. A la clef, six exposés, plus de 30 interventions et quelque 15 demandes de prise de parole rejetées. Le colloque a également abordé la santé des victimes des années noires. Beaucoup d’entre elles souffrent encore de problèmes psychologiques (manque de concentration, maux de tête, pertes de mémoire…) et de certaines maladies telles que l’arthrose et des dysfonctionnements du système digestif. C’est du moins ce qui ressort d’une enquête de l’IER sur l’état de santé des victimes. Des propositions ont été émises pour une assistance et des traitements médicaux gratuits et continus. Les participants ont appelé à l’intégration des victimes dans le régime de l’assurance maladie obligatoire. Une institution à même de prendre en charge les victimes, d’évaluer leurs besoins et les traiter en conséquence devra être créée. Une formation, adaptée à l’état de santé physique et morale des victimes, est à intégrer dans les cursus des facultés de médecine et des écoles d’infirmiers et d’assistants sociaux. Des campagnes sont à mener dans les régions ayant souffert des conséquences des années de plomb. Celles-ci devront bénéficier d’une attention particulière de la part des pouvoirs publics à travers le renforcement des infrastructures médicales et la création de réseaux d’accueil et d’orientation des victimes. Pour centraliser ces efforts, un centre national indépendant, à utilité publique, doit voir le jour. L’approche genre n’a pas manqué de faire parler d’elle. Il s’agit d’une nouveauté qui distingue l’expérience marocaine de celles qui l’ont précédés. Sur ce registre, l’absence d’un modèle à suivre a été soulignée. Son adoption nécessite une approche horizontale. Cela explique le caractère limité des propositions émises. Celles-ci se sont arrêtées à des généralités dépassant les objectifs du forum. Elles ont eu trait à l’arsenal juridique qui devra être remodelé pour permettre l’éclosion d’une société égalitaire entre hommes et femmes. Autre proposition, la promotion de participation de la femme, à travers un système de quota, dans des institutions telles que les partis, le Parlement ou encore le CCDH. A rappeler que plus de 300 participants et représentants de 170 ONG nationales et internationales ont participé à ce forum.


    Près d’un milliard de DH d’indemnités

    Le débat sur la réparation donne suite aux initiatives de réparation individuelle menées par le Maroc et chapeautée en 1999 par l’Instance d’arbitrage. Ces indemnisations ont concerné les cas de disparitions forcées et de détention arbitraire. Suivant des critères précis, l’Instance a auditionné 8.000 personnes et réceptionné quelque 5.127 demandes d’indemnisation. Parmi elles, 4.700 décisions allouant des indemnités et 890 rejets. Le montant global des indemnités s’était élevé à près d’un milliard de DH. Cette initiative a prouvé ses limites. D’où le débat actuel sur la réparation collective. Suivront d’autres débats sur la réconciliation, sur les archives et un colloque d’évaluation du travail de l’IER, a annoncé Driss Benzekri, à la fin des travaux du Forum.Tarik QATTAB

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