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    Economie

    Hygiène alimentaire : L'AMC mène campagne contre le non-respect des règles

    Par L'Economiste | Edition N°:154 Le 17/11/1994 | Partager

    Après la publication en juin dernier d'un guide qui regroupe toutes les lois qui protègent les droits des consommateurs, l'Association Marocaine des Consommateurs (AMC) organise un déjeuner-débat sur la fraude alimentaire. Le but est la sensibilisation des consommateurs, mais aussi des producteurs.

    L'Hygiene alimentaire au Maroc est qualifiée par l'Association Marocaine des consommateurs (AMC) de "problème grave et choquant". La prédominance du vrac sur les marchés des denrées alimentaires est un problème qui préoccupe dans l'immédiat l'AMC. Me Mhamed El Fekkak, président-fondateur de l'Association, précise que depuis 1914 le Maroc s'est doté progressivement d'une réglementation générale, refondue dans un Dahir récent de 1984 et de plusieurs réglementations sectorielles. Il existe également une série d'arrêtés et de décrets se rapportant aux différents domaines de la consommation. Il s'agit notamment de la fraude, des prix; du stock de sécurité...

    L'AMC a publié en juin dernier un recueil de textes juridiques relatifs à la protection des consommateurs. Cette action est le prélude à un programme global qui vise à mettre sur pied une culture de consumérisme au Maroc. Dans la foulée, l'Association organise un déjeuner-débat, ce jeudi 17 novembre 1994, dans le cadre du programme qu'elle a entamé depuis sa constitution en janvier 1993, à savoir l'information et la sensibilisation des consommateurs et des producteurs sur tous les problèmes de la consommation.

    Ainsi, lors du déjeuner-débat, les différents thèmes auront trait à " la responsabilité pénale du chef d'entreprise en matière de fraude alimentaire", sujet qui sera traité par M. Amar Hamimaz, chef de la Division de la Répression des Fraudes au Ministère de l'Agriculture et de la Mise en Valeur Agricole. Suivra "le contrôle administratif en matière de répression des fraudes", exposé par M. Abdellatif Dahmani, chef du Service de la Répression des Fraudes au même Ministère. Enfin, Me El Fekkak abordera le sujet du consumérisme au Maroc et le rôle de l'AMC.

    Le problème de l'hygiène, indique Me El Fekkak, touche essentiellement le domaine des produits alimentaires. Il cite notamment l'exemple des moules qui est un produit exactement assimilable dans sa constitution physique et biologique aux huîtres. Or, contrairement aux moules, ces dernières sont réglementées depuis 1925 par deux dahirs et un arrêté ministériel. L'exploitation des moules, à savoir le ramassage, les manipulations, le nettoyage, l'ouverture des valves, "se déroule dans des conditions hygiéniques déplorables".

    Au Maroc, c'est l'approche même de la problématique de la qualité qui est critiquée. Elle est conçue comme une action de "contrôle" et "répressive". Alors que le concept de contrôle de l'alimentation a évolué, la défense du consommateur est perçue comme un moyen de développement puissant, puisqu'elle améliore l'efficience des circuits de distribution et facilité l'exportation de produits alimentaires. Dans les pays développés, une prise de conscience des consommateurs a amené des restrictions sévères à l'entrée de ces marchés. L'homologation des produits a fait l'objet d'une législation sophistiquée.

    Pour atteindre un certain niveau de qualité, l'agro-industrie marocaine a besoin d'un environnement où des normes seraient appliquées. Or, précise Me El Fekkak, les producteurs locaux n'ont pas encore acquis ce souci. Les entreprises travaillant à l'export sont tenues de faire un effort pour commercialiser leurs produits sur des marchés exigeants. Le consommateur marocain, lui, ne bénéficie pas des mêmes égards. Les fabricants qui destinent leurs produits au marché local prospèrent alors que leur process de production ne garantit pas les règles minima d'hygiène.

    Créée en janvier 1993, l'Association se fixe, entre autres priorités, la lutte pour l'hygiène alimentaire, mais aussi l'information des consommateurs sur leurs droits, la défense de l'adéquation prix/qualité des produits mis sur le marché marocain. L'Association se fixe également comme objectif d'inciter les pouvoirs publics à établir un code des consommateurs "définissant clairement les obligations des producteurs de biens et services dans tous les domaines".

    L'AMC prévoit, à partir de 1995, la publication de son propre journal. L'information véhiculée vulgarisera les droits qui protègent le consommateur mais dénoncera aussi auprès des pouvoirs publics les cas de fraudes, de falsification ou encore les infractions à la réglementation des prix. "La dénonciation ne s'effectuera que lorsque l'Association s'assure de l'infraction. Elle prendra contact avec le producteur, la chambre de commerce dont il dépend et enfin les pouvoirs publics. Lorsque tout ce processus s'avère sans résultat. l'AMC passe au stade de la dénonciation", précise Me El Fekkak.

    M.O.

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