×Membres de L'Economiste Qui sommes-nousL'Editorialjustice régions Dossiers Société Culture Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Affaires

Hôtellerie: La recette pour tuer l'emploi

Par L'Economiste | Edition N°:1518 Le 14/05/2003 | Partager

. Sit-in, grèves sauvages et menaces à l'encontre de la clientèle. Faute d'avoir évolué, la culture syndicale devient un obstacle à l'emploi Ceux qui ont cru voir un changement de la culture des organisations syndicales dans les récents accords conclus la veille du 1er mai doivent vite déchanter. L'incident survenu la semaine dernière dans l'enceinte de l'hôtel Mansour Eddhabi à Marrakech vient leur rappeler que rien de fondamental n'a vraiment changé dans les méthodes de nos syndicats. Sous prétexte de mettre la pression sur l'employeur afin qu'il accède à ses revendications (voir encadré), la section de l'UMT a cru bon d'envoyer des centaines d'employés pour intimider la clientèle pendant le déjeuner autour de la piscine. Entre les chants fustigeant le groupe allemand Kempinski, gérant du complexe et le renversement des chaises et des tables, la clientèle a fini par avoir peur. Certains ont dû quitter précipitamment l'hôtel pour se mettre à l'abri, alors que d'autres se sont enfermés dans leur chambre. Par le bouche à oreille, tous ces gens tétanisés deviennent potentiellement des relais de contre-publicité pour la destination marocaine et de manière générale, du Maroc. Car comment attirer des investisseurs s'ils doivent vivre sous la menace constante des coups de poing des syndicats? Tant que la sécurité de l'investissement ne sera pas assurée (dans son acception la plus large), les actions de promotion n'auront pas plus d'effet qu'un prêche dans le désert. Et peu de gens croiront aux proclamations de foi qui accompagnent les réunions dites de dialogue social.A Marrakech comme à Casablanca ou ailleurs, les syndicats semblent faire peu de cas de ce danger. Dans le cas de l'hôtel Mansour Eddahbi, moins de congrès ou de séminaires signifie moins d'activité pour l'entreprise et in fine, une menace sur l'emploi des salariés dont les syndicats sont censés défendre les intérêts.Ce qui a été présenté comme un sit-in par la section locale de l'UMT relève en réalité d'un comportement irresponsable que les chefs d'entreprise dénoncent depuis des années. L'action syndicale est légitime mais pour autant, elle ne doit pas mettre en péril l'entreprise. Le complexe du Palais des Congrès comme la plupart d'unités dans l'hôtellerie, n'a pas fini de digérer les dégâts de l'après-11 septembre 2001 et la baisse d'activité consécutive à la guerre en Irak. La niche des congrès et incentive plus que les autres segments du marché a particulièrement souffert. Depuis l'automne 2001, jamais l'hôtel n'a franchi plus de 140 chambres vendues par jour, alors qu'il en compte près de quatre fois plus. L'effectif est toujours le même et donc, la masse salariale (45 millions de dirhams par an, soit près de 9.000 dirhams de salaire mensuel moyen par employé), révèle le directeur de la région Afrique de Kempinski, Willy R. Optekamp. Il s'étonne que ce soit au moment où l'entreprise doit faire des efforts que le syndicat renchérit par des demandes irréalistes (voir encadré). Ces requêtes paraîssent décalées car l'urgence, aujourd'hui, confie le manager de Kempinski, est de maintenir l'emploi. Accéder à ces revendications aujourd'hui inopportunes et irréalistes, d'après le management, porterait un coup fatal à la situation économique de l'entreprise, et donc à l'objectif du maintien de l'emploi.La gravité du sit-in musclé de l'UMT, même localisé est incontestable. Elle signifie que les syndicats ont du mal à se mettre au diapason de l'évolution de l'économie et qu'ils sont très loin de prétendre au statut de partenaires comme se plaisent à les qualifier les discours institutionnels. Personne ne conteste la légitimité de l'action syndicale, à partir du moment où elle s'exprime par des méthodes constructives et ne met pas en péril l'entreprise. Malheureusement, les syndicats sont encore accrochés à de vieux schémas de confrontation. A l'évidence, ils se trompent d'époque par des méthodes incompatibles avec les contraintes de la globalisation auxquelles sont soumises les entreprises. C'est encore plus palpable dans des secteurs où la concurrence est par nature, de dimension mondiale comme le tourisme. Il n'y a pas que Marrakech sur la carte des villes des congrès. Les grands tour-opérateurs ont une palette des choix sur la carte touristique mondiale. Le moindre incident, comme celui du Mansour Eddahbi, est aussitôt répercuté dans leurs bureaux de vente. Et ils n'hésiteront pas un instant à dérouter des affaires sur des destinations jugées beaucoup plus «fiables et sûres« pour leurs clients. Voilà comment les syndicats défendent l'emploi de leurs adhérents en pratiquant «l'euthanasie économique«.


Le catalogue des requêtes du syndicat

Augmentation des salaires de 20%; Octroi d'une prime de transport à raison de 300 dirhams; augmentation de la prime de l'Aïd Al-Adha à 1.500 dirhams; faire passer la prime du 13e mois à 100% du salaire; don en nature à l'occasion des fêtes religieuses; augmentation de la prime de scolarité à 500 dirhams; institution d'une prime annuelle correspondant à dix jours de travail pour chaque salarié; hausse de la contribution patronale à la CIMR de 3 à 6%; mise en place d'une indemnité de risque; octroi d'un congé annuel de 30 jours pour l'ensemble du personnel; indemnité de nourriture pendant le congé annuel; intégration des primes dans le salaire brut, base de calcul de la retraite; indemnité compensatrice du travail de nuit; promotion interne et conservation des droits acquis.. Les avantages sociaux offerts par KempinskiAssurance-maladie groupe à une mutuelle; adhésion au régime de retraite «CIMR«; contribution à la Caisse des oeuvres sociales dotée actuellement de 600.000 dirhams; titularisation de 105 employés saisonniers; prime de l'Aïd Al-Adha de 950 dirhams par employé; prime de scolarité de 200 dirhams par enfant; indemnité compensatrice de la nourriture durant le mois de Ramadan; convention avec organisme financier pour faciliter l'accès au crédit à la consommation; prise en charge des frais de voyage et de séjour au profit de 5 employés candidats au pèlerinage; affectation d'un local aux délégués syndicaux; prime du 13 è mois à hauteur de 45% du salaire mensuel net; transport de certains employés retenus la nuit pour raisons de service; prime de rendement suivant les résultats de l'établissement.Abashi SHAMAMBA

Chère lectrice, cher lecteur,

L'article auquel vous tentez d'accéder est réservé à la communauté des grands lecteurs de L'Economiste. Nous vous invitons à vous connecter à l'aide de vos identifiants pour le consulter.
Si vous n'avez pas encore de compte, vous pouvez souscrire à L'Abonnement afin d'accéder à l'intégralité de notre contenu et de profiter de nombreux autres avantages.

Mot de passe oublié?
CAPTCHA
This question is for testing whether or not you are a human visitor and to prevent automated spam submissions.
ABONNEZ-VOUS
  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc