×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Entreprises

    Hôtellerie: «Touche pas à mes étoiles»

    Par L'Economiste | Edition N°:309 Le 18/12/1997 | Partager

    La campagne de classement bat son plein dans plusieurs villes. Certains la qualifient de «mascarade». Mais au-delà du bien-fondé de cette opération, son résultat concret est à l'ordre du jour.


    Finie l'indulgence. Le Ministère du Tourisme entend déclasser et sanctionner sévèrement les unités d'hébergement défaillantes. M. Driss Benhima, ministre du Tourisme, a promis que les décisions prises au terme des tournées des commissions seront rigoureusement exécutées.
    Depuis le 8 décembre, des commissions d'inspection tournent dans les hôtels de Casablanca, Marrakech, Rabat et Agadir. Dans une première phase, l'inspection ne concernera que ces quatre villes et durera presque un mois. Dans une seconde étape, c'est-à-dire après le Ramadan, le contrôle touchera le reste des provinces (Fès, Ouarzazate, Ifrane...) et en dernier lieu Tanger, la ville la plus sinistrée.

    Dix jours seulement après le démarrage de l'opération, les réclamations fusent de toutes parts. Le terme de «mascarade» a été avancé à plusieurs reprises pour qualifier cette campagne. Les hôteliers, objet de ce contrôle, se disent persécutés par une commission qui «manque d'organisation et de cohérence». Le responsable du Safir de Casablanca s'est estimé humilié. Il accuse la commission d'avoir des objectifs plutôt destructifs. «Elle a contrôlé et jugé l'établissement avec une opinion préétablie», indique-t-il. L'hôtelier refuse d'ailleurs toute recommandation de cette commission et demande une contre-expertise.
    Pour le Ministère du Tourisme, la campagne ne se propose pas de semer la terreur. Son objectif final: relever le niveau de qualité des hôtels. Mais pour l'heure, il s'agit d'un problème chatouilleux pour les établissements hôteliers déjà en mal de touristes et de surcroît surendettés.
    Sans rejeter l'opération, la Fédération Nationale de l'Industrie Hôtelière (FNIH) s'interroge sur le bien-fondé de cette opération. Les normes de classement sont aujourd'hui dépassées et un projet de réforme est dans les tiroirs du Secrétariat Général du Gouvernement.

    Tarif plancher


    «L'Administration de tutelle aurait pu attendre au moins que ce projet soit adopté», souligne M. Azzelarab Kettani, secrétaire général de la FNIH. Le moment est donc mal choisi.
    En outre, ajoute-il, les contrats avec les tours opérateurs pour la saison prochaine ont déjà été signés sur la base du classement actuel.
    Auprès de la Direction des Entreprises et Activités Touristiques qui pilote cette campagne, il est précisé que cette question sera prise en compte. «Des délais seront accordés aux hôtels qui ont entamé leurs saisons», assure M. Zaki Ziadi, responsable de cette Direction. L'année dernière déjà, une opération d'inspection a été menée sur 455 unités d'hébergements dont 64 ont été déclassées, 18 reclassées et 13 fermées. Le classement des hôtels restants a été maintenu avec des réserves pour quelques établis-sements. La commission leur a accordé un sursis de 6 mois pour une remise à niveau qui n'a d'ailleurs pas été prise au sérieux par la plupart des hôtels.

    Reste à connaître le résultat concret de cette campagne. Pour la Fédération, il faut d'abord trouver une corrélation entre cette opération et la liberté des prix. «Même en déclassant les établissements ou en les reclassant, l'Administration est loin de régler le problème des prix et des dumpings», explique M. Kettani.
    Le Ministère du Tourisme pour sa part espère arriver à une solution
    via un tarif plancher. En vérité, il s'agit d'une très vieille solution qui n'a pas abouti. Pourtant, les hôteliers avaient signé une convention pour ne pas accorder des réductions dépassant les 30% (en attendant, ces promotions atteignent 70%.).
    La Fédération propose à l'Administration plutôt de faire bénéficier les hôteliers d'un fond d'aide à taux bonifié qui sera destiné à la rénovation des établissements.o

    Badra BERRISSOULE

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc