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Culture

Histoire, médias et déontologie…
Par Mouna Hachim

Par L'Economiste | Edition N°:3361 Le 14/09/2010 | Partager

Signe des temps: la rapidité avec laquelle évoluent les technologies de la communication n’ont de proportionnel que la fugacité de l’information et l’accélération de la production journalistique tous supports confondus. Le risque est au moins double: celui de recycler à la va-vite et sans recul l’information noyée dans un flot d’images, si ce n’est de reproduire les lieux communs dominants, donnant l’illusion d’une diversification là où il n’y a que duplicata des clichés véhiculés par la nouvelle vulgate.C’est là où la presse d’analyse prend toute sa signification, loin des contraintes de temps, des commentaires à chaud, des débats émotionnels, usant de logique et d’esprit critique, favorisant le débat plutôt que de lui faire obstacle en jetant un voile de diabolisation sur les voix dissonantes. C’est là également où intervient le rôle de l’Histoire qui investit chaque jour un peu plus les médias, avec ses reportages, ses portraits, ses documentaires, ses articles d’investigation, offrant des éclairages diversifiés, en amont et en aval. En somme: c’est le passé et le présent mis dans une relation de complémentarité ou d’harmonieuse interdépendance. Car vouer non-stop un culte au passé et s’entêter dans une vision rétrograde en marge de notre époque peut s’avérer contre-productif, voire dangereux. Tout comme s’agripper à l’actuel en refusant tout ancrage, conduit avec des ornières, l’est tout autant... Dans son ouvrage, «Réflexion sur l’histoire», l’historien français Georges Lefebvre résume le rôle de celle-ci en un triptyque où se conjuguent «l’éducation de l’esprit», «l’éveil du sens social» et «la conservation au sein de la communauté nationale d’une conscience éclairée de son éminente dignité». Comment décrypter lucidement, en effet, les événements nationaux et internationaux, forger une conscience des solidarités humaines et citoyennes, défendre nos causes nationales, valoriser et fructifier nos acquis… sans les leçons de l’Histoire et de la mémoire? Or, pour ne parler que du Maroc, il est un constat établi depuis les temps passés par quelques historiens marocains que celui relatif au manque d’intérêt de leurs compatriotes pour l’Histoire. C’est en tous les cas ce qu’affirment au XVIIe siècle Mohamed El-‘Arbi El-Fassi dans le préambule de son «Mirâat El-Mahassine» ou plus tard, Mohamed ben Jaâfar Kettani en introduction à sa «Salwat al-Anfas». En majorité doublés de doctes théologiens, certains historiographes et chroniqueurs marocains s’appuyaient sur des considérations religieuses pour démontrer l’utilité de l’Histoire, rangée dans la catégorie des sciences orthodoxes. Insistant sur les enseignements de l’histoire en tant que ligne de conduite, ils n’ont pas manqué d’avancer des arguments d’ordre patriotique ou philosophique, reprenant à l’occasion cette fameuse allégorie du voyageur et érudit égyptien, Soyyouti, du XVe siècle, selon laquelle «celui qui ignore l’Histoire est pareil à qui monte une bête aveugle, et hésite à trouver son chemin». Etroitement liée au monde musulman et à la fondation du Royaume du Maroc, l’historiographie marocaine a produit de nombreuses annales dynastiques et royales, des monographies de villes, des dictionnaires biographiques, des relations de voyage, des récits généalogiques, des portraits hagiographiques, des vies des saints…Si certaines œuvres savantes écrites, prêchent par préciosité, élaborées qu’elles sont en prose rimée si ce n’est même en poésie, les genres épiques populaires (en amazigh ou en arabe) se révèlent être un inépuisable réservoir de la mémoire collective, à même de jouer un rôle significatif dans l’écriture de l’Histoire des mentalités. Leur étude permet également d’offrir une lecture moins élitiste, englobant la représentation populaire, avec sa part de théâtralisation et de pittoresque, autrement plus attractive qu’une succession fastidieuse de dates et de faits.Par ailleurs, s’élabore progressivement un regard porté depuis l’extérieur, sous forme d’abord de relations de voyage en Afrique comme celle du père jésuite espagnol Diego de Torres en 1535, la «Relation de la captivité du sieur Mouette dans les royaumes de Fez et de Maroc» en 1682 ou les «Recherches historiques sur les Maures et Histoire de l’Empire du Maroc», publiées en 1787 à la suite du voyage de Louis De Chénier, diplomate de Louis XVI.Avec l’avènement de l’ère coloniale et le bouleversement des institutions traditionnelles dont l’enseignement, la lecture de l’histoire du Maroc commence à s’opérer sous un nouveau regard, faisant souvent l’impasse sur les sources autochtones. La perception de l’Histoire se charge pour l’occasion de clichés orientalistes, embarqués dans une lecture ethnographique en phase avec les pouvoirs politico-militaires.Fidèle au slogan, «Séparer pour mieux régner», l’historiographie coloniale se fait souvent dichotomique et sans nuances, fondée sur de présupposées oppositions entre Blad Siba/Blad el-Makhzen, Arabes/Berbères, plaines/montagnes, sédentaires/nomades, juifs/musulmans… Explorant en profondeur le Maroc antique et exotique, ses tribus, ses zaouïas, son organisation, débusquant toute survivance de paganisme préislamique, elle appuie la mission civilisatrice coloniale, tout en servant d’«éclaireur», offrant de plus, rétrospectivement aux «indigènes», de précieux renseignements. Ces derniers, transformés en objets d’étude et en informateurs, mais non en destinataires, se voient priver de l’enseignement de leur histoire à l’école, le pouvoir colonial ayant mesuré son rôle dans le développement du sentiment national. Ce n’est pas pour rien qu’avec l’avènement de l’Indépendance, une phase nationaliste s’engagea dans un processus de réappropriation de l’Histoire et de sa «décolonisation», avec entre autres figures retentissantes celle de Germain Ayache, natif de Berkane, ou Abdallah Laroui, né à Azemmour…Le professeur Mohamed Mansour distingue dans une contribution consacrée à l’écriture de l’histoire du Maroc durant les trente années suivant l’Indépendance, la période allant de 1956 à 1976, caractérisée par la remise en question de l’historiographie coloniale et l’affirmation de l’identité nationale et la période allant de 1976 à 1986 où s’effectue une orientation vers l’histoire sociale, à travers l’étude monographique, ouverte sur les autres disciplines des sciences humaines et sur la documentation marocaine.Plus tard, avec l’ouverture sur la scène littéraire et médiatique aux témoins, notamment dans le cadre des violations qui ont marqué les années de plomb, l’émotion envahit la fabrique de l’histoire, transformée en objet chaud. Se posent alors les questions des rapports qu’entretiennent  la mémoire et l’histoire et du rôle de l’historien entre homme de science éloigné des enjeux politiques ou de «juge», enrôlé dans un processus d’arbitrage et de «réparations».S’ajoute de plus la globalisation de l’information dans ce village planétaire où guerres, crimes, piraterie, inondations, incendies, marées noires, épidémies, expulsions de masses, lapidations… s’exécutent en direct, interpellant sans cesse les consciences mondiales. Ce qui n’empêche pas de privilégier, plus que jamais et en toutes circonstances, le raisonnement indépendant, distancié vis-à-vis de la doxa et des diktats du prêt-à-penser.

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