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    Economie

    Hejira: L’Etat ne cédera pas aux promoteurs

    Par L'Economiste | Edition N°:2659 Le 26/11/2007 | Partager

    . «Non à la politique d’assistanat public». «Mr Chaabi se trompe !». «El Omrane continuera d’exister, qu’on le veuille ou non !»Direct et sans complexe, Ahmed Taoufik Hjira qui débute son 2e mandat en tant que ministre de l’Habitat, annonce bien des révolutions dans le secteur. Avec l’objectif de réaliser à 100% le projet de ville sans bidonvilles à Casablanca, le ministre ne cache cependant pas les nombreux problèmes liés à la régulation du marché. Avec 20% des communes qui ne respectent pas la loi d’aménagement, des promoteurs privés qui contestent l’existence du holding public Al Omrane, la tâche s’annonce, en effet, complexe…- L’Economiste: En Espagne, plus précisément à Malaga, le maire a lancé un concept qui a fait ses preuves : donner des terrains gratuitement aux promoteurs s’ils s’engagent à ne pas commercialiser les logements au-dessus de 100.000 euros. Au Maroc, cette expérience a été réalisée dans quelques petites villes. Pourquoi ne pas l’avoir fait dans les grandes villes?- Ahmed Taoufik Hjira : Chaque pays a ses spécificités. Je pense que la gratuité et la grande politique d’assistanat public donneraient l’inverse des résultats escomptés. Aujourd’hui il faut aider, certes, mais il faut cibler le public.- En quoi consiste cette stratégie de ciblage?- En 2000, l’Etat marocain a ciblé une catégorie qui correspond à un revenu mensuel de 2 fois le SMIG. Au titre de la loi de finances 2008, l’Etat a décidé de descendre un peu plus bas dans la hiérarchie sociale et de cibler les ménages qui ont un revenu de moins 1,5 fois le SMIG ou SMAG. Bien évidemment, quand on fait nos calculs, à moins de 0,75 fois le SMIG est plus bas et ne peut profiter de notre nouveau produit à 140.000DH. Mais déjà dans ce segment de 0,75 à 1,5 fois le SMIG, on parle d’une demande annuelle et potentielle de 30.000 ménages par an en milieu urbain et de 10.000 en milieu rural. Ce produit touche une population qui a été toujours exclue, et aujourd’hui nous lui offrons la possibilité d’être exonérée fiscalement. - Pour les domaines publics, comme la côtière de Casablanca par exemple, les constructions illégales se multiplient, notamment à cause de nombreuses irrégularités comme l’existence de terrains non titrés. De nombreux promoteurs ne trouvent pas d’interlocuteurs et d’autres en profitent pour acquérir de terrains de manière arbitraire. Comment expliquez-vous cela ? - Tous les territoires du Maroc qui sont couverts par un document d’urbanisme sont gérés et soumis à la loi de l’urbanisme. Il n’y pas de zones qui échappent à ces lois strictes. Mais il existe effectivement des problèmes. Malheureusement, et ça c’est une mauvaise nouvelle, aujourd’hui 20% des communes urbaines ne sont pas dotées du référentiel de lois qui est le plan d’aménagement. Et lorsqu’un président de conseil ne dispose pas de ce référentiel, par défaut il donne les autorisations sans background, sans référentiel légal. Et ça c’est très mauvais ! D’où un effort considérable en termes de deniers de l’Etat pour pousser les communes à élever le niveau de couverture de territoire national par les documents d’urbanisme. C’est quelque chose d’extrêmement important sur laquelle toute la collectivité doit travailler. Ce n’est plus possible que les gens construisent comme ils veulent sans retour à la loi. - Certains promoteurs immobiliers, surtout Chaabi, veulent privatiser Al Omrane ou carrément l’éliminer car ils l’accusent de concurrence déloyale. Sachant que le ministre des Finances l’a mis sur la liste des entreprises privatisables, quelle est votre position sur cette question ? - Je suis le ministre du secteur public et privé, je défends les deux. Sur ce chapitre Mr Chaibi se trompe. Le secteur public, je suis désolé, va continuer à être dans la promotion immobilière car il a un rôle stratégique à jouer. Qu’on le veuille ou non, c’est un rôle de régulation, de contrôle mais, surtout, pour se trouver là quand le privé n’y est pas ou lorsqu’il est hésitant. Aujourd’hui, on a inventé la villa économique et le nouveau produit de 140.000DH, on ne va pas supplier les promoteurs immobiliers, on va commencer nous-mêmes, et le privé va venir après. Al Omrane, qu’on le veuille ou non, a un rôle, une mission d’Etat. Il est géré par un conseil de surveillance présidé par le 1er ministre et 7 membres du gouvernement. Je suis désolé mais Al Omrane continuera d’exister, et il fera son travail, je le répète, qu’on le veuille ou non !Propos recueillis par Najlae NAAOUMI

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