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    Economie

    Hassan Bernoussi: «Notre système statistique est toujours aussi défaillant»

    Par L'Economiste | Edition N°:2168 Le 09/12/2005 | Partager

    . Le «patron des investissements» fulmine contre l’appareil statistique. Le Maroc dans le monde: Il faut donner les bons chiffres et les expliquerNi système statistique évolué, ni communication actualisée des bons chiffres. Combien de point de PIB pouvons-nous gagner en réglant ces «petits» problèmes qui pourrissent la visibilité des investisseurs en particulier et des Marocains en général? Doubler la croissance, doubler l’attractivité des capitaux… Ce n’est pas une vue de l’esprit, clame la direction des investissements. Ce qui est impensable, avec le potentiel du Maroc, c’est de n’avoir que quelques menus points de croissance. Et l’on trouve le moyen de se disputer encore sur la légitimité des chiffres… Navrant! Surtout que 2010, l’horizon d’une vision, est au prochain virage. Pour le patron de la direction des investissements, Hassan Bernoussi, tant d’amateurisme n’est plus permis. Un point de vue que bien des cadres partageront.. L’Economiste: Pouvons-nous enfin comptabiliser les investissements directs étrangers (IDE) inférieurs à 200 millions de DH?- Hassan Bernoussi: Notre système statistique est toujours aussi défaillant concernant la mesure des investissements directs étrangers. Nous travaillons toujours d’arrache-pied avec l’Office des changes, la Banque centrale et l’ensemble des organismes en charge des statistiques pour définir et mesurer le plus exactement possible les IDE.. Pourquoi cela prend-il du temps?- Parce qu’il faut mettre en place les instruments de mesure nécessaires et des passages obligés pour inventorier l’ensemble de ces flux. Aujourd’hui, la difficulté réside dans le fait que nous voulons libéraliser au maximum l’accès à l’investissement, ce qui a fatalement pour corollaire une absence précise de mesure de ces flux. Pourquoi est-ce un corollaire?- A l’époque, nous avions ce qu’on appelle une déclaration d’investissement qui se faisait obligatoirement auprès du ministère de l’Industrie pour tout projet se réalisant sur le territoire national. Par ce biais là, nous avions la possibilité de distinguer entre l’investissement national et étranger et les secteurs les plus touchés. Aujourd’hui, ce document n’existe plus.. Est-ce une régression?- Non, nous avons voulu assouplir l’accès à l’investissement, mais ceci ne veut pas dire que nous n’allons pas trouver un moyen d’appréhender ces flux d’investissement, et nous sommes en train de trouver une formule avec notamment les CRI pour inventorier l’ensemble des investissements nationaux et étrangers qui se réalisent. Cela demande du travail car le CRI existe depuis un peu plus de 3 ans disons, et qu’il faut du temps pour mettre en place ces outils nécessaires.. Mais cela prend beaucoup trop de temps…- C’est vrai. La question est fondamentale. Aujourd’hui, même au niveau des flux d’investissement étranger, il y a une grosse partie non comptabilisée comme le réinvestissement. Tout IDE déjà implanté qui réinvestit ses dividendes n’est pas considéré comme un flux étranger alors qu’il doit l’être.. C’est un autre déficit…- Oui, c’est un manque à gagner comptable important. D’autres pays nous dépassent en matière de montant d’IDE grâce à une bonne comptabilité analytique. . On ne peut pas analyser l’évolution de la structure des petits investissements, or, aujourd’hui, c’est le positionnement attractif des pays concurrents…- Absolument. Quand on sait qu’il y a plus de 90% de PME-PMI  opérationnelles au Maroc, c’est tout ce type de mesure qui nous file entre les doigts et c’est regrettable.. Vous expliquez ce retard uniquement à des déficits techniques? Sommes-nous plus bêtes que d’autres pays?- Non. Il faut une réelle volonté de travailler sur des bases statistiques. Bien souvent on a l’impression qu’elles ne sont pas importantes. Or, c’est un instrument de valeur qui nous permet de nous ajuster pour améliorer notre façon de travailler. En sachant correctement et le plus justement possible quel est notre véritable positionnement pour nous fixer de nouveaux objectifs. Cela se base sur des chiffres fiables et nous permet de nous ajuster par rapport à la concurrence. Malheureusement, aujourd’hui, nous ne pouvons nous appuyer que sur des sondages.. Quel est le vrai hic alors?- La vraie difficulté, c’est qu’il y a plusieurs intervenants en matière de mesure statistique. Et le problème au Maroc c’est de trouver un consensus sur un sujet ou un thème auprès de toutes les parties prenantes autour de la table ….. Souvent, dans plusieurs rapports de référence (Davos, Banque mondiale, Onu), nous sommes classés parmi les cancres (analphabétisme, pauvreté, mortalité infantile) mais en réalité nous pourrions ne pas l’être?- Pour que nous ne soyons plus derniers, il faut avoir des bons chiffres et les accompagner d’un message en expliquant par exemple que la composition de la société marocaine est complètement différente de celle des autres sociétés. Tous ces aspects passent entre les filets. Par exemple, nous ne pouvons pas avoir aujourd’hui une idée exacte de la réelle représentativité de l’emploi au Maroc.Propos recueillis par Mouna KADIRI

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