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Haro sur les organismes génétiquement modifiés

Par L'Economiste | Edition N°:601 Le 23/09/1999 | Partager

· 135 pays montent au créneau et veulent adopter un protocole réglementant le commerce de ces
organismes

Il n'est plus question de permettre l'exportation des organismes génétiquement modifiés (OGM). Après cinq jours de discussions au siège de l'ONU à Vienne, les délégations de 135 pays ont affirmé leur détermination à adopter un protocole qui réglemente le commerce de ces organismes en raison de leur danger potentiel pour l'environnement. Les Etats-Unis et leurs alliés(1) se retrouvent donc de plus en plus isolés. Ce groupe avait déjà réussi à faire échouer les négociations pour l'adoption de ce protocole additionnel à la convention de Rio sur la biodiversité signée en 1992, lors de la réunion de Cartagène (Colombie) en février dernier.

Aujourd'hui, 75 pays en développement sont venus renforcer les rangs des contestataires. Ces derniers ont durci leur position et insisté sur le droit de refuser ces importations s'ils peuvent comporter des risques pour leur environnement, ce qui est un développement significatif selon Greenpeace. Mais il reste encore beaucoup à faire avant de parvenir à un consensus, estiment les spécialistes. Les négociations doivent d'ailleurs reprendre au niveau des ministres de l'Environnement du 20 au 28 janvier prochains à Montréal. D'ici là, Greenpeace et la majorité écrasante des pays signataires de la convention de Rio continueront à dénoncer l'utilisation de ces organismes. Les OGM comportent en effet des gènes qui peuvent transmettre à d'autres récoltes leurs caractéristiques avec des conséquences imprévisibles sur l'agriculture et l'environnement.
Pour sa part, le "groupe de Miami" insistait sur l'existence d'une différence entre les OGM destinés à la culture et ceux destinés à la consommation. "Ces matières premières, commercialisées pour la consommation directe ou la transformation en produits alimentaires, ne sont pas destinées à être introduites dans l'environnement", précisent-ils, et ne représentent donc pas de danger pour la bio-diversité.
Aussi, ce groupe bataillait-il jusqu'à présent pour que seules les règles de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) s'appliquent aux litiges entre exportateurs et importateurs d'OGM. Aujourd'hui, il accepte que le protocole ait un statut égal aux autres accords internationaux, y compris ceux de l'OMC. Une petite percée, mais le chemin demeure truffé d'embûches.

Abdelaziz MEFTAH (AFP)

(1) Appelé aussi "groupe de Miami", ce groupe est composé en plus des Etats-Unis, de l'Argentine, de l'Australie, du Canada, du Chili et de l'Uruguay.

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