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    Economie Internationale

    Haro sur la mondialisation

    Par L'Economiste | Edition N°:641 Le 18/11/1999 | Partager



    · Ecologistes, syndicats et consommateurs du monde entier se mobilisent pour faire entendre leur voix à la prochaine réunion de l'OMC
    · Plusieurs manifestations sont prévues en marge du Round de Seattle


    La mondialisation terrorise les salariés américains. Et ces craintes nourrissent le sentiment protectionniste sur lequel jouent des politiciens dans la perspective des prochaines élections qui auront lieu l'année prochaine.
    Selon un récent sondage réalisé par l'institut privé de recherche Pew Research Center, 52% des personnes interrogées pensent que la mondialisation sera néfaste. Cette proportion atteint 63% auprès des salariés aux revenus les plus modestes. Leurs deux principales préoccupations semblent être la concurrence de la main-d'oeuvre bon marché des pays en développement ainsi que l'imprévisibilité de l'ouverture effrénée des frontières, comme l'a montré la crise asiatique. Et dans le pays de l'Oncle Sam, ce ne sont pas les exemples qui manquent. Des statistiques récentes montrent que les Etats-Unis ont perdu 500.000 emplois manufacturiers en 18 mois à la suite des délocalisations de la production dans des pays à bas salaires. Dernier incident en date, la fermeture en septembre dernier de deux usines de montage de bicyclettes du fabricant Huffy, qui a décidé de les délocaliser en Chine, supprimant ainsi mille emplois.
    Pour stopper l'hémorragie, syndicats, écologistes et consommateurs américains, mais aussi d'autres pays, entendent faire de la réunion ministérielle de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) à Seattle, début décembre, un forum international contre ce phénomène. Plusieurs meetings et manifestations sont ainsi prévus en marge de cette rencontre qui réunira les représentants des 134 pays membres de l'Organisation. Ces derniers tenteront de définir les contours du nouveau visage du commerce pour le prochain millénaire. Ainsi, l'AFL-CIO, la principale centrale syndicale américaine avec 13 millions d'adhérents, espère mobiliser au moins 15.000 personnes pour une manifestation à Seattle le 30 novembre, premier jour des travaux de l'Organisation. Objectif, signifier à cette dernière qu'elle doit prendre en compte les droits des salariés ainsi que les normes de protection de l'environnement dans les négociations.
    Par ailleurs, Public Citizen, un important groupe de défense des consommateurs, dont les adhérents seront également présents lors des manifestations, affirme dans un récent rapport que "l'OMC est une autorité supranationale, représentant les intérêts des multinationales. Celle-ci pourrait contrai-ndre un pays à modifier ses législations, par exemple, pour se conformer à des décisions prises dans le secret de l'organisation" et ce, au détriment des intérêts du public. Position qui ne repose sur aucun fondement, répliquent les détracteurs de cette thèse. Selon eux, l'OMC a contribué au contraire à l'accroissement de 37% du commerce mondial depuis sa création en 1994, engendrant 1,5 million d'emplois dont une grande partie aux Etats-Unis.


    Les OGM aussi


    La prochaine réunion ministérielle de l'OMC sera également une occasion pour les anti-OGM (Organismes Génétiquement Modifiés), notamment les Européens et les Japonais, de manifester leur mécontentement. Ils entendent profiter de ce round pour défendre leur cause, mais surtout pour sensibiliser le public américain et les politiques afin de réglementer davantage l'utilisation de ces organismes. Pour eux, il ne s'agit pas d'inverser les phénomènes scientifique et économique de la biotechnologie mais de donner aux consommateurs la possibilité de faire un choix. Les industriels, très inquiets que la forte réticence du public européen ne gagne les Etats-Unis, se sont mobilisés pour désamorcer un tel mouvement, alors que les enjeux commerciaux et financiers sont énormes.

    Abdelaziz MEFTAH (AFP)


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