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Politique Internationale

Hakim Noury sort le premier film politique marocain

Par L'Economiste | Edition N°:299 Le 09/10/1997 | Partager

Double projection pour la première du film de Hakim Noury, le 3 octobre au Dawliz Habous. Un clin d'oeil à la presse marocaine des années 70.


Hakim Noury n'arrêtera pas de surprendre son public. Après les histoires de bonnes maltraitées ou encore d'amitié, pour ne citer que les dernières, il passe au film politique.
Lors de l'avant-première d'»Un simple fait divers» (Aabirou fi samt), qui a eu lieu vendredi 3 octobre au Dawliz Habous, plus de 800 personnes étaient présentes pour féliciter le réalisateur et applaudir très fort un travail qui fait honneur au cinéma marocain. Il a même fallu improviser une double projection, car une seule salle n'était pas suffisante.
Certains qualifient le nouveau film de Hakim Noury d'»événe-ment» car il brise les tabous. En tout cas, c'est un nouveau genre dans le cinéma marocain. Jusque-là, aucun réalisateur n'a osé traiter des sujets aussi épineux que la corruption et la liberté d'expression.
Le film raconte l'engouement de Salim (Rachid El Ouali), un jeune journaliste d'opposition, pour une enquête sur un haut fonctionnaire corrompu, Jamali (Hammadi Amor), se disant intouchable.
«J'ai voulu, à travers cette histoire, rendre hommage à une presse qui a milité pour avoir sa liberté d'expression», avait confié Hakim Noury lors du tournage(1).

L'histoire se passe dans les année 70. Les décors, les costumes, les coiffures, le maquillage..., tout a été choisi minutieusement pour qu'il n'y ait pas d'anomalies.
Omar (Hamid Zoughi), compagnon de guerre de Salim et journaliste à ses côtés à «Taabir», essaye à maintes reprises de le dissuader de poursuivre son enquête sur Jamali. «Es-tu prêt à aller jusqu'au bout, lui disait-il à chaque fois, tu risques de le payer cher». Mais Salim reste de marbre, même devant les propositions de corruption, les menaces et les complots de Jamali à son encontre.
Rachid El Ouali a encore une fois confirmé son talent de grand acteur. A ses côtés, Mouna Fettou a brillé dans son rôle de maîtresse de Jamali et de piège pour Salim.

Les moyens


Hammadi Amor a, lui, surpris par un nouveau genre. Le téléspectateur n'a pas l'habitude de le voir dans un rôle aussi sérieux, mais cela ne l'a pas empêché d'être à la hauteur.
Autre révélation, un jeune acteur qui fait ses premiers pas dans le cinéma, Hicham Ibrahimi. Il joue le rôle d'un stagiaire, Ali, de passage dans la vie de Salim mais qui a été marqué par son histoire.
Le choix de Khalid Jamaï pour le rôle du rédacteur en chef de Salim a fait l'objet à la fois de critiques et d'applaudissements. Mai on peut dire qu'en plus des multiples tours que Khalid Jamaï a dans son sac, il a finalement bien caché son talent d'acteur.
Les scènes du journal ont été tournées à Al Bayane, «car ses locaux ont gardé le même style des années 70», explique le réalisateur.
«Un simple fait divers» n'a reçu pour prime du Fond d'Aide que la modique somme de 1,28 million de DH alors qu'il a coûté presque le double. Hakim Noury a décidé de relever le défi et il a réussi.
«Ce film n'aurait jamais vu le jour sans le soutien de beaucoup d'amis et la bonne volonté d'une équipe entière, du premier rôle au plus petit technicien», dit-il. D'ailleurs pour les remercier, celui-ci a tenu à les appeler tous sur scène après la projection.

Le tournage a duré 4 semaines au lieu de 6, initialement prévues. L'équipe devait travailler jusqu'à 12 heures par jour.
L'image et le son, traités dans les laboratoires et l'auditaurium du Centre Cinématographique Marocain, sont d'un niveau de qualité que l'on trouve rarement dans le cinéma marocain.
Fidèle compagnon de Hakim Noury, Mounsef Adyel, a encore une fois composé la musique de son film. Une musique qui colle si bien au contexte qu'elle se fait discrète mais toujours présente.
Comme à son habitude, le réalisateur de «L'enfance volée» et de «Voleur de Rêves» pose encore une fois le doigt sur certains maux de la société marocaine. La liberté de la presse est aujourd'hui un acquis mais la corruption est toujours de mise.
«Aabirou fi samt» (Exprimez-vous en silence) est en salle depuis le 8 octobre. Et Noury a déjà un projet de film en tête: le chantage au divorce.

Hanaâ FOULANI

(1) Cf L'Economiste N°271.

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