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    Affaires

    Had Soualem
    Les coopératives agricoles se découvrent un nouveau métier

    Par L'Economiste | Edition N°:1983 Le 22/03/2005 | Partager

    . Après s’être longtemps contentées de collecte et stockage, elles passent à la transformation. Manafid Al Houboub, une minoterie née de l’engagement des coopératives La filière céréalière serait-elle en train de se prendre en charge pour contrecarrer les effets de la libéralisation? En tout cas ce qui est nouveau dans l’histoire, c’est que le simple agriculteur est concerné par ce qui s’apparente à une nouvelle approche. Elle se base essentiellement sur l’implication des coopératives dans le jeu de la concurrence en développant de nouveaux métiers. La minoterie Manafid Al Houboub sise à Had Soualem (à 70 km du port de Jorf Lasfar et 20 de Casablanca) et qui sera opérationnelle en juillet 2005 est le fruit de ce sursaut des coopératives. Elle s’est créée grâce à des apports consistants notamment de 11 coopératives agricoles appartenant à l’Uncam. C’est l’exemple d’une intégration verticale de la filière tant voulue par les professionnels. Preuve que l’agriculteur peut investir, prendre des décisions et gérer ses potentialités sans perdre de vue les grandes tendances mondiales. L’implication des coopératives et de l’Uncam, à côté de l’organisation arabe pour l’investissement et le développement agricole (AAAID), a permis d’avoir le financement nécessaire pour une minoterie à la pointe de la technologie: 91 millions de DH en fonds propres (32% émanant de l’Uncam, 30% de l’AAAID et le reste venant des 11 coopératives). Les responsables n’ont pas lésiné sur les moyens. Ils ont fait appel à la technologie suisse, “30% plus chère que les Italiens et 100% que les Turques”, selon un responsable de la minoterie. Celle-ci répond aux standards européens. Elle est dotée d’un système de télégestion programmable et des logiciels permettant le suivi en tant réel de tout le processus de production. Les estimations des responsables parlent de la transformation de 1 million de blé tendre qui devra produire 800.000 quintaux de farine par an. Ce choix permettra à l’entreprise d’avoir facilement le financement nécessaire pour son programme d’extension. En effet, le projet est promu, selon l’AAAID à une phase où la production devra doubler, portant l’investissement à 500 millions de DH. “Il n’est pas suffisant d’avoir une minoterie. Nous ambitionnons de créer un réseau notamment par le lancement de deux minoteries à Meknès et Safi qui seront opérationnelles en 2006”, annonce Mbarek Moghli, directeur général de la minoterie. Dans cette perspective et en plus de l’intégration verticale de la filière, les responsables de Manafid Al Houboub compte beaucoup sur un développement horizontal en lançant d’autres produits. La superficie de la minoterie qui est de 4,5 hectares peut accueillir une semoulerie et même une chaîne de production de la gomme du caroubier. “Nous voulons bien que la filière s’institutionnalise”, ajoute Moghli. En effet, il n’y a pas mieux pour lutter contre l’atomisation que connaît le secteur des coopératives au Maroc. En tout cas, les coopératives montrent à travers la nouvelle minoterie qu’elles peuvent faire des choix stratégiques pour optimiser les coûts et atteindre de nouveaux marchés notamment dans le monde arabe. “ Nous voulons couper court avec l’économie de rente qui prévaut dans le secteur pour passer à une économie de marché initiée par les agriculteurs eux-mêmes ”, souligne Moghli. D’après leurs dires, les promoteurs de Manafid Al Houboub veulent barrer le chemin aux spéculateurs de tout acabit dans une filière qui continue toujours d’en souffrir. En effet, pour gagner la subvention de l’Etat dans la FNTB, certains professionnels de la minoterie ont recours à des acrobaties.Les coopératives qui ont pris part au projet ont fait preuve d’une nouvelle maturité qui devra créer une émulation dans l’avenir. Elles sont ainsi passées à une troisième phase de leur développement après une gestion étatique et une deuxième phase où elles subissaient les changements internationaux dans le secteur des céréales. Elles se lancent désormais dans un troisième métier, celui de produire après s’être longtemps contentées des rôles classiques de collecte et de stockage des céréales (des façonniers pour l’Etat). La mue des coopératives est riche en enseignements. Mais serait-elle annonciatrice de leur proche mise à niveau face à une concurrence internationale de plus en plus rude? En tout cas, l’exemple de Manafid Al Houboub en dit long sur un changement de mentalité de nos fellahs. “L’Etat est appelé à encourager cette tendance et soutenir les efforts fournis par les producteurs à travers des lois et des incitations”, selon Sidi Mohamed Gaouzi, président du directoire de la minoterie. Mais abstraction faite du rôle que l’Etat devra jouer, la nouvelle entreprise montre clairement que les coopératives sont capables de créer de la valeur ajoutée. Mostafa BENTAK

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