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    L'Otan procédera-t-elle à une attaque terrestre?
    Par L'Economiste | Edition N°:476 Le 02/04/1999 | Partager

    · L'Otan poursuit ses frappes aériennes sans dissuader les Serbes
    · Selon des experts, l'Otan devra opter pour une opération militaire terrestre
    · La médiation des Russes n'a pas abouti à un accord


    LES avions de l'Otan ont regagné leurs bases hier dans la matinée après huit jours de bombardements. Les frappes vont se poursuivre tant que le Président serbe Slobodan Milosevic n'arrêtera pas ses tueries, indiquent les responsables de l'Otan. La médiation russe n'a pas abouti a des résultats concrets. Le chef de la diplomatie du Vatican s'est rendu lui aussi hier à Belgrade pour tenter de trouver une solution pacifique.
    Milosevic pose des conditions: pas de négociations d'un plan de paix sans arrêt des frappes militaires. Entre-temps, des dizaines de milliers d'Albanais sont terrorisés et forcés de quitter le Kosovo sans que l'Otan ne puisse s'y opposer. Car ce sont les Serbes qui règnent sur le terrain et affirment n'avoir pas enregistré de pertes importantes sur le plan militaire.
    Le nouvel élément qui peut faire basculer l'affaire du Kosovo est l'arrestation en territoire macédoine de trois soldats américains pris en otage par les Serbes. Cet événement pourrait être déterminant et pousser l'Otan à une attaque militaire terrestre. Pour l'heure, les Américains sont contre toute intervention terrestre par peur de pertes humaines et par manque de maîtrise du terrain trop montagneux. Ils ne veulent pas revivre la douloureuse expérience du Vietnam.
    L'opinion internationale dénonce les actes de barbarie au Kosovo et appelle à une intervention militaire sur le sol. A voir l'état de milliers d'expulsés qui viennent se réfugier aux frontières, les représentants d'organismes humanitaires sont terrifiés et disent que la paix ne peut être rétablie sans des opérations militaires terrestres.
    Il est possible de procéder à une conquête militaire à partir de la Macédoine et de l'Albanie. L'hypothèse serait même envisagée par les Américains, mais pas encore retenue. Selon certains experts, une attaque terrestre nécessiterait 70.000 hommes et non pas 200.000 (chiffre avancé par les responsables de l'Otan). De plus, la force aérienne de l'Otan permettrait d'isoler le Kosovo et bloquer l'accès à l'armée yougoslave qui ne pourra plus venir en renfort à ses soldats. En attendant, l'Otan continuera ses frappes aériennes et les Serbes gagneront de plus en plus le terrain.

    Hicham RAÏQ (AFP)


    L'argument financier


    La Russie a décidé d'envoyer des navires de guerre dans les eaux de la région des Balkans. L'objectif, selon un diplomate russe, est "d'assurer la sécurité de la Russie". Les navires se limiteront dans un premier temps à collecter les informations, assurent les Russes. Les Serbes comptent beaucoup sur leur soutien. Toutefois, Milosevic risque de se retrouver seul face aux forces des alliés qui disposent de l'argument financier. Ceci est d'autant plus valable que la Russie demande l'effacement de 75% de sa dette qui remonte à l'ex-URSS (voir aussi en page 11). Cette dette est évaluée à 103 milliards de Dollars. Des négociations sont en cours avec le FMI pour débloquer les aides financières gelées depuis le mois d'août 1998.

    H. R.

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