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    Politique

    Kosovo: Milosevic de plus en plus seul
    Par L'Economiste | Edition N°:494 Le 27/04/1999 | Partager

    · Pour la première fois depuis le début du conflit une cassure apparaît au sein de la coalition au pouvoir à Belgrade
    · Le vice-Premier ministre yougoslave part en campagne contre Milosevic


    Serait-ce le début de la fin de Slobodan Milosevic? Le vide se fait autour du Président yougoslave. Pour la première fois depuis le début du conflit au Kosovo des voix, et non des moindres, commencent à s'élever à l'intérieur même de la Serbie pour réclamer la coopération avec la communauté internationale.
    La plus spectaculaire est celle du vice-Premier ministre yougoslave Vuk Draskovic. Dans une interview télévisée diffusée dimanche soir, et dont l'effet dépasse peut-être celui des bombardements, l'ancien opposant à Milosevic a appelé "ceux qui gouvernent le pays" et "les prétendus patriotes" à ne plus mentir au peuple et lui dire enfin la vérité. "La vérité, c'est que nous sommes seuls.
    L'OTAN n'est pas près de s'effondrer, la Russie n'aidera pas militairement la Yougoslavie et l'opinion internationale est contre nous", a-t-il souligné.
    Au cours d'une conférence de presse tenue lundi, M. Draskovic a réitéré ses discours tout en précisant que sa prise de position exprimait celle du gouvernement yougoslave en entier.
    "Je ne parle pas au nom de Slobodan Milosevic, mais j'ai exprimé hier soir l'opinion du gouvernement fédéral qu'il préside... Aujourd'hui, j'ai rencontré le Président serbe Milan Milutinovic qui a très fermement appuyé mon point de vue", a déclaré M. Draskovic à la presse.
    Cette prise de position met pour la première fois en plein jour une fissure au sein de la coalition au pouvoir. Celle-ci regroupe le Parti Socialiste de Slobodan Milosevic, la gauche Yougoslave (JUL-néo communiste) de Mira Markovic, son épouse, et le mouvement serbe du renouveau (SPO-droite nationaliste) de Vuk Draskovic, entré au début de l'année au gouvernement.
    Le vice-Premier ministre s'est ainsi prononcé pour le déploiement d'une force des Nations Unies au Kosovo, une solution rejetée jusqu'à présent par Milosevic qui a dit n'accepter que des observateurs non armés.
    Cette solution devra être, selon lui, basée sur un consensus entre la Russie et les pays membres de l'OTAN et se fonder sur une résolution du Conseil de Sécurité.
    De plus en plus seul, le Président yougoslave multiplie les tentatives pour retrouver un semblant de légitimité sur la scène politique. Il en est ainsi du vote du Parlement en faveur d'une union Yougoslavie-Russie-Bélarus, et dont les deux autres parties concernées ne veulent en aucun cas entendre parler.
    Autre exemple de l'isolement du régime de Belgrade, l'envoi en fin de semaine d'un émissaire au dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, porteur d'une "initiative" pour un règlement en Yougoslavie prévoyant notamment la "création d'une force pour le maintien de la paix".
    Milosevic est obligé ainsi de recourir à l'un des adversaires les plus irréductibles des Etats-Unis pour leur porter son offre de compromis.

    Ghassan KHABER (AFP)

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