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Economie

Fiqh Basri "invité spécial" de 2M

Le mythe est redevenu un homme politique
Par L'Economiste | Edition N°:453 Le 01/03/1999 | Partager

Ceux qui attendaient des déclarations définitives et sulfureuses en ont été pour leurs frais: Fiqh Basri n'est pas le mythe qui s'était tissé autour de lui. Analyse d'un décalage.


Sentiments mitigés après le passage de Mohamed Fiqh Basri sur 2M, dans l'émission "invité spécial", jeudi soir. Cela aurait dû être un événement national, mais en réalité les failles du mythe sont irréversiblement apparues, alors que l'homme redevient un membre presque ordinaire du monde politique. Jusqu'à son accent, jugé un peu trop orientalisé, risque de jouer contre lui, dans une société jeune qui pense chaque jour davantage à la globalisation et ses risques.
Du côté des médias politiques aussi, la déception était perceptible.
Les commentaires de presse ont été extrêmement rares et contradictoires. Al Ittihad Al Ichtiraki a souligné dimanche le soutien de Fiqh Basri au gouvernement d'alternance. Le Matin du Sahara du même jour a pour sa part relevé que le vieux leader socialiste a insisté sur le fait que "la légitimité du Roi du Maroc tire sa force du passé, du présent et du futur".
Fqih Basri a en fait assez déçu les attentes. Il avait une forte image d'homme politique. Ainsi, les attentes du public portaient-elles sur un discours capable de répondre aux préoccupations concrètes et actuelles des Marocains. L'époque actuelle veut que la politique d'aujourd'hui soit un moyen plutôt qu'une fin par elle-même. Or, l'ensemble du discours de l'ancien leader a été un discours de politique en elle-même, sans évoquer les préoccupations économiques, sociétales et morales du pays. Il n'y a pas eu davantage de développements sur les problèmes auxquels est confronté le Maroc sur le plan international: l'Europe, la mondialisation, le chômage, la compétitivité.

Réalité du petit écran


Le délicieux frisson d'attente n'a pas tenu ses promesses. Le décalage entre l'image devenue mythe et la réalité rencontrée sur le petit écran.
En fait, la responsabilité n'en revient pas à Fiqh Basri: lui n'a pas changé, mais il avait cristallisé des espoirs, espoirs nourris par les changements que le Maroc a réalisés, mais des changements auxquels le leader n'a pas participé.
En conséquence, même les critiques formulées à l'égard du gouvernement sont tombées à plat. Ainsi, lorsqu'il évoque le fait que les ministres USFP doivent libérer les postes de responsabilité dans le parti, les jeunes téléspectateurs comprennent immédiatement qu'il s'agit d'une simple manoeuvre en prévision du Congrès. Mais ce n'est pas là que se situent les attentes du public vis-à-vis du gouvernement.
Al Ittihad Al Ichtiraki n'a donc pas eu de difficulté à désamorcer la mèche en soulignant davantage le soutien au gouvernement que les rivalités sous-jacentes dans le parti: l'organe politique de l'USFP relève l'espoir de Fqih Basri de voir le gouvernement d'alternance éviter les erreurs commises dans d'autres pays, alors que dans d'autres expériences similaires le parti s'était mis à gouverner en fonction de son intérêt propre plutôt que dans l'intérêt du pays tout entier.
De son côté, Le Matin du Sahara relève les corrections que Fiqh Basri a lui-même apportées à son propre mythe d'homme politique persécuté par le pouvoir: il est parti de son plein gré, avec passeport et voiture.
En fait, que retenir de cette prestation? Certes, ce n'était pas un événement historique comme l'avait été le retour de Fiqh Basri, mais c'était quand même un moment historique. En effet, l'émission a été significative de la normalisation politique dans le sens où les mythes redeviennent humains politiciens ordinaires, et sont évalués en tant que tel par les citoyens.o

Aabdelmounaïm DILAMI

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