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Economie

Commémoration de la reconstruction d'Agadir

Le code de construction parasismique en cours de finalisation
Par L'Economiste | Edition N°:720 Le 08/03/2000 | Partager

· Les chercheurs avancent que le Maroc dispose maintenant d'une banque de données multidisciplinaires pour le calcul du risque sismique et l'établissement de la réglementation parasismique

· Un réseau de stations de détection d'événements sismiques est en cours d'installation dans la région d'Agadir


Le colloque sur les préventions et les prévisions des séismes, qui s'est tenu à Agadir les 1er et 2 mars dans le cadre des festivités de commémoration de la reconstruction de la ville, n'a pas attiré grand monde. Les architectes comme les ingénieurs de bureaux d'études et les représentants de sociétés de contrôle étaient bien rares. Les intervenants de la conférence étaient pratiquement plus nombreux que l'assistance. Pourtant, cette question concerne au plus haut point les spécialistes du bâtiment. Certes, les chercheurs affirment que le Maroc est une zone à sismicité modérée (le pays n'a jamais connu de secousses dépassant la magnitude 6), mais les tremblements de terre destructeurs d'hier nous rappellent qu'il est indispensable de nous protéger en construisant des édifices adaptés. A travers les siècles, les études faites par les experts soulignent qu'aucune région au Maroc n'a été épargnée. Le Pr Touria El Mrabet, du Centre National de Coordination et de Planification de la Recherche Scientifique et Technique (CNCPRST) a recensé dans ses recherches un grand nombre de séismes qui se sont produits depuis le 9ème siècle. Elle a indiqué que l'histoire de la sismicité du Maroc révèle qu'Agadir a connu 4 tremblements de terre sentis. 27 se sont produits également à Fès, 6 à Meknès, 126 à Mellilia. Cette activité sismique, explique M. Lahsen Aït Brahim, professeur à l'Université Mohammed V et responsable du laboratoire GéoRisk, vient du fait "que notre pays subit les contraintes développées par le rapprochement des plaques tectoniques Afrique-Europe". A l'intérieur du territoire, ajoute-t-il, "cette activité tectonique et sismique se concentre surtout le long des failles qui longent la chaîne atlasique".

L'existence de ce risque, récurrent à travers le pays, a suscité de nombreuses études dans les rangs des chercheurs notamment nationaux. Aujourd'hui rassurent-ils, "le Maroc dispose d'une banque de données multidisciplinaires (géologie, sismologie, géotechnique...) pour l'établissement d'une réglementation parasismique et le calcul du risque sismique. "Les études réalisées sur la quantification de ce dernier ont permis, avance M. Ben Aissa Tadili, professeur à l'Université Mohammed V et chef du Département de Physique du Globe, d'établir certaines probabilités. Ainsi indique-t-il, "pour une période de récurrence de 100 ans, la probabilité d'occurrence d'un tremblement de terre de magnitude 5,5 est de 90% dans la région située entre Nador et Tanger. Cette probabilité est de 70% dans la zone d'Agadir et elle fluctue autour de 50% dans les autres régions du Maroc. "Les recherches effectuées par les spécialistes ont mis en exergue également que la nature du sol peut avoir un effet amplificateur sur l'aléa sismique. La construction elle-même, souligne le Pr Khalid Ramdane, directeur de l'Ecole d'Ingénieurs "peut augmenter l'effet de certains types de vibrations". Quelles méthodes de construction préconisent donc les chercheurs? Le Pr Wolfgang Jalil, ingénieur civil des Ponts et Chaussées et directeur du Département des Ouvrages Spéciaux de la Socotec, a énoncé quelques recommandations.

Expériences étrangères


Les leçons tirées des tremblements de terre, survenus récemment en Turquie et au Taiwan que ces pays ont vécus, indique-t-il mettent en évidence que certaines techniques de conception sont inadaptées aux zones sismiques. Entre autres, M. Jalil a précisé qu'au niveau de la maçonnerie rapportée, "le système poutres-poteaux avec remplissage ultérieur en maçonnerie résiste souvent très mal et cause de nombreuses victimes." Côté préfabrication, ajoute-t-il, les bâtiments constitués de panneaux-porteurs sont à préférer aux éléments linéaires. Le professeur a également souligné que lors de la catastrophe turque, les constructions conformes au code parasismique local ont parfaitement résisté aux secousses telluriques. Cette remarque rappelle l'urgence de disposer d'un code de construction parasismique national. M. Mohamed El Yazghi, ministre de l'Aménagement du Territoire, de l'Environnement, de l'Urbanisme et de l'Habitat, a déclaré lors de l'ouverture du séminaire que le code de construction parasismique marocain verra bientôt le jour. M. Khalid Ramdane qui est chef de la commission (une dizaine de chercheurs dont cinq experts internationaux) chargée de l'élaboration de cette réglementation depuis juin 1999, avance qu'elle est dans sa phase finale. Le texte sera probablement présenté au mois de mai prochain pour la concertation générale. Ce projet, explique M. Ramdane, se base sur des études récentes pluridisciplinaires. Il permettra de simplifier les procédures de calcul pour la conception et le dimensionnement des ouvrages.
Ce n'est pas les seules mesures relatives aux aléas sismiques en projet. M. Azelarab El Mouraouah, chercheur au CNCPRST, assure qu'un réseau de stations automatiques de détection des événements sismiques est en cours d'installation dans la région d'Agadir. "M. Ahmed Jebli, recteur de l'Université Ibnou Zohr d'Agadir en est l'initiateur et ce projet qui est réalisé conjointement par cet établissement et par le CNCPRST s'intègre dans le cadre du Programme d'Appui à la Recherche Scientifique (PARS)", indique M. El Mouraouah. L'appareillage scientifique de ce réseau sera mis en place dès que les abris seront construits. Six sites dans la Wilaya seront utilisés pour cette opération. A noter que le Département de Physique de la Faculté de Sciences d'Agadir a déjà mis en place une station sismique automatisée. Celle-ci est opérationnelle depuis février 1998 et alimente une banque d'événements sismiques, relative à la région. Par ailleurs, précise M. El Mouraouah, une opération de microzonage sismique, comme à Rabat, est également prévue pour le tissu urbain d'Agadir.


Que faire en cas de séisme ?


La panique est souvent le comportement immédiat de la plupart des personnes lors de secousses telluriques. Malheureusement, cette réaction augmente le nombre de victimes. Aussi, les spécialistes recommandent-ils de rester calmes même si cela est difficile. Si vous êtes dans un édifice, ne vous ruez pas vers les sorties ou les portes, conseillent-ils. Eviter les ascenseurs et les escaliers et éloignez-vous des fenêtres, murs, miroirs et lustres.
Protégez-vous en vous mettant dans un coin de la pièce ou sous un meuble solide. Dans la rue, il vaut mieux s'éloigner des constructions, des câbles, des arbres et se diriger vers des espaces libres. Ne pas se diriger également vers la côte car des vagues de hauteurs peuvent déferler sur la plage. Si vous êtes en voiture, les sismologues préconisent de s'arrêter dans un lieu convenable, de ne pas quitter la voiture jusqu'à la fin de la secousse et d'éviter les ponts ainsi que les tunnels.

Malika ALAMI

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