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Affaires

Grosse arnaque et scandale immobiliers au COS de l’ONE

Par L'Economiste | Edition N°:1763 Le 07/05/2004 | Partager

. En raison de sa gestion hasardeuse, 100 familles risquent d’être expropriées. Le CIH n’ayant pas été remboursé par le COS met les logements aux enchères . Des propriétaires s’érigent en association Scandale total dans un des quartiers chic de la capitale casablancaise. En effet, certains habitants des lotissements Aïn Diab II et M’Zouga V, logements construits par le COS de l’ONE, vivent une histoire kafkaïenne, mais pas si isolée que cela. S’ils en croient l’avis de vente judiciaire qui leur est parvenu le 28 avril dernier par le CIH un beau matin, leurs logements seront vendus aux enchères publiques. Surprise, et grande colère surtout, pour “ces personnes qui se sont acquittées des leurs traites pour l’achat de leurs logements”, tel que l’indique El Mostafa Slaoui, membre de l’association des habitants de Aïn Diab II. L’explication provient du fait que “le COS avait entre-temps hypothéqué les terrains en échange de crédits auprès du CIH”. Seulement, grand hic et au grand dam des “propriétaires”, dix ans plus tard, la banque fait valoir son hypothèque au titre des crédits immobiliers non remboursés par le COS de l’ONE. Un véritable cauchemar pour les riverains. Non seulement ils ne seront plus propriétaires de quoi que ce soit, mais ils auront aussi perdu leurs capitaux et les logements seront vendus aux enchères. Rappelons que ces logements ont coûté à leurs propriétaires entre 1,7 million de DH et 2 millions de DH il y a dix ans. “Le CIH les a fait évaluer par un expert à 1,2 million de DH”, affirme Berrada. Et le comble: même la date de la vente aux enchères a été fixée “au 28 mai”, explique Badr Berrada de l’Association Mzouga V. Passé la stupeur et l’incrédulité, les habitants ne sont pas restés les bras croisés et ont préparé leur riposte. Attache est prise avec les responsables du COS de l’ONE pour éclaircissements. Absorbé dans sa propre spirale, Mohamed Abderrazak, président du COS et ex-n°2 de l’UMT (voir encadré), a tout de même tenté de négocier avec les responsables du CIH. “Nous avons pu nous procurer la copie d’une lettre adressée par le COS à la banque. Elle fait état d’une proposition consistant à vendre 12 propriétés immobilières appartenant à la Caisse mutuelle complémentaire et de l’action sociale (CMCAS) afin d’en récupérer le produit des ventes. En contrepartie, le CIH doit délivrer aux habitants de Aïn Diab II et M’Zouga V leurs titres fonciers libres de toute hypothèque”, indique Slaoui. Pour lui, cette missive les blanchit de tout éventuel amalgame et prouve que les propriétaires sont parfaitement dans leur droit. Et surtout que ce problème doit être résolu entre le COS et le CIH. Les propriétaires possèdent d’ailleurs quasiment tous, les preuves des versements effectués au COS au titre de l’acquisition des logements. Mais la tentative a échoué, car “à aujourd’hui le CIH n’a pas encore donné de suite à cette proposition”, souligne Berrada. Ayant compris que le COS, avec tous les problèmes auxquels il doit faire face en ce moment, ne leur sera d’aucune utilité, les habitants se sont tournés vers l’ONE pour lui soumettre le problème. Là aussi, gifle retentissante. “Nous avons été jetés à la rue comme des malpropres”, explique Slaoui. “La direction nous a fait savoir qu’elle ne souhaitait pas nous rencontrer, ne se sentant absolument pas concernée par ce problème. Pour elle, il faut s’adresser au COS et au CIH”, ajoute-t-il . Interrogé par L’Economiste, l’ONE campe sur sa position. “Nous n’avons strictement aucun lien avec cette affaire. D’autant plus que ces personnes ont acquis leurs logements auprès d’une société immobilière que nous ne connaissons pas et sur laquelle nous n’avons aucun contrôle», affirme Ryad Jarjini, responsable communication de l’ONE. Allusion est faite à la Société immobilière des œuvres sociales (SIMOS), qui a construit les logements en question par le biais de crédits CIH, et qui est présidée par Mohamed Abderrazak (encore lui!). Toutefois, les habitants affirment avoir acquis leurs logements auprès de la CMCAS, la Simos n’étant que la société immobilière qui s’est occupée de la construction ainsi que le prouvent les contrats de vente. Et la CMCAS est bel et bien une structure dépendante du COS et reconnue comme telle par l’ONE. D’ailleurs, les statuts régissant le COS-ONE prouvent clairement que la direction générale de l’Office intervient dans la gestion quotidienne, dans la prise de décision et dans le contrôle financier du COS. «Le COS reçoit et exerce, dans les limites du budget mis à sa disposition, des pouvoirs par délégation du directeur général de l’Office». Les statuts stipulent aussi que la direction de l’Office est représentée dans un comité de surveillance aux côtés, entre autres, de deux commissaires aux comptes agréés par elle-même. Ce comité a pour mission le contrôle financier et de gestion du COS. “S’il y a eu des malversations dans la gestion du COS, ce n’est pas à nous d’en payer les frais”, rappelle Berrada. La question qui se pose inévitablement est de savoir pourquoi, une fois les logements payés, les habitants n’ont pas exigé en retour leur titre foncier. “Cela fait maintenant dix ans que nous les réclamons sans cesse au COS. Certains ont pu les récupérer alors que d’autres non”, précise Slaoui. Devant le mutisme des deux instances, les riverains ont adressé de nombreuses requêtes aux ministères de la Justice et des Finances ainsi qu’à la Primature réclamant que justice soit rendue. Là non plus, “aucune réponse à ce jour”, fait observer Berrada avec amertume. En attendant ce sont plusieurs familles qui vont se retrouver dans la rue dans moins d’un mois, sans aucune réaction de la part des responsables.


Et l’UMT dans tout ça?

Redoutant que la gestion du COS (Conseil des oeuvres sociales) de l’ONE ne débouche sur un scandale au moins aussi grand que celui de la CNSS, ou du CIH, Mahjoub Benseddik n°1 de l’UMT a anticipé les événements en “coupant le fil” reliant l’UMT au COS-ONE. Le limogeage de Mohamed Abderrazak de la centrale syndicale en mars dernier, expliquent des sources proches du dossier, a été fomenté en partie dans ce sens, sa maladie n’étant qu’un prétexte. Rappelons que Abderrazak a été depuis les années 1970 et jusqu’à 1989 vice-président du Conseil d’administration et président du Comité de gestion à la Caisse. En écartant Abderrazak, “Benseddik veut enterrer un passé peu reluisant”. Et ce n’est pas la première tentative de Benseddik de dresser un mur entre son syndicat et les scandales (www.leconomiste.com). Selon la même source, il avait déjà tenté de destituer Abderrazak en 1988. A l’époque, dit-on, Benseddik n’aurait pas renouvelé la candidature de son second au poste d’administrateur. “Le syndicat préparait son retrait de la CNSS car il se sentait hautement impliqué”, ajoute la même source. «Un véritable cauchemar pour les riverains. Non seulement ils ne seront plus propriétaires de quoi que ce soit, mais ils auront aussi perdu leurs capitaux et les logements seront vendus aux enchères«Fédoua TOUNASSI

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