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    Economie

    Grogne chez les transporteurs

    Par L'Economiste | Edition N°:2354 Le 05/09/2006 | Partager

    . Ils veulent récupérer une partie de la TIC. Des mesures d’accompagnement: 400 millions de DH seront débloquésGrogne chez les transporteurs. Depuis samedi dernier, la hausse des prix du carburant donne du fil à retordre aux professionnels du transport de marchandises. «C’est la 5e hausse survenue en moins de deux ans», s’indignent des représentants du secteur. A l’heure où nous mettions sous presse, une réunion se tenait entre le département de tutelle et les représentants du secteur du transport. A l’ordre du jour, l’adoption de mesures d’accompagnement en concertation avec les professionnels au lendemain de la dernière hausse survenue le 2 septembre (www.leconomiste.com). Pour Abdelilah Hifdi, président de la Fédération transport de la CGEM, le secteur évolue, se structure et se modernise. Parallèlement, des mesures d’accompagnement doivent être enclenchées pour atténuer l’impact de l’embrasement du prix du gasoil.. De l’avis de Hifdi, «nous allons demander à ce que la tutelle arrête un nouveau tarif de référence pour le transport de marchandises». Pour rappel, une structure a été arrêtée, en juin dernier. Ce premier effet de la libéralisation a fixé des indicateurs de tarification dans un cadre concurrentiel. Pour le transport de marchandises, le coût de référence est de 8,30 DH le kilomètre roulé. Avec la nouvelle hausse, une révision du coût de référence pourrait être à l’ordre du jour. Les professionnels parlent de 8,50 DH le km au lieu de 8,30 actuellement. Mais ce n’est pas tout, encore faut-il que les professionnels appliquent à l’unanimité l’actuel coût de référence, poursuit Hifdi. Une chose est sûre, les professionnels du transport, toutes filières confondues, fondent beaucoup d’espoir sur la réunion du lundi 4 septembre. Ils souhaitent surtout l’allègement de la fiscalité, principalement la TVA. De nombreux transporteurs veulent récupérer 20% de la TVA au lieu de 7%. Aujourd’hui, le gasoil représente entre 32 et 40% du coût de revient dans le transport de marchandises, c’est dire que la moindre variation du prix du gasoil a aussitôt son impact sur la trésorerie des transporteurs. Autre sujet qui fâche, la taxe intérieure sur la consommation (TIC). Les opérateurs réclament une TIC à taux zéro, sinon, «une exonération partielle de cette taxe». Pour Abdelghani Berrada, secrétaire général de l’Association nationale du transport moderne, «cette dernière hausse du prix des hydrocarbures était inattendue. Elle aura certainement de nombreuses répercussions sur les coûts de facteur et la distribution». Pourtant, poursuit Berrada, au lendemain de la 4e hausse survenue en février dernier, «les pouvoirs publics avaient promis aux professionnels que les éventuelles révisions à la hausse allaient être subventionnées par l’Etat». Les pouvoirs publics avaient, rappelons-le, calculé sur la base d’un baril à 60 dollars. Or, aujourd’hui, le prix du brent se situe autour des 67,5 dollars à l’heure où nous mettions sous presse. Pour Mustapha Nguimate de la Fédération nationale du transport sur ports et routes, les enjeux de cette dernière hausse seront lourds pour l’ensemble de la profession. Il rappelle également que le gasoil normal représente 45% de la consommation des hydrocarbures. Selon Nguimate, avec un gasoil à 8 dirhams le litre, des mesures d’urgence devraient être adoptées. Aujourd’hui, l’institution d’un carburant professionnel revient comme un leitmotiv. Pour les transporteurs, ce type de carburant est en mesure d’alléger les effets de la hausse des cours du pétrole sur le coût de revient et, partant, améliorer la compétitivité des opérateurs nationaux vis-à-vis de leurs confrères européens. Les professionnels citent d’ailleurs en exemple les secteurs de la pêche maritime et du transport aérien qui bénéficient de cette récupération. Il faut préciser néanmoins que la requête du gasoil professionnel ne fait pas l’unanimité. Selon Nguimate, la solution du gasoil professionnel a montré ses limites dans la pêche maritime. «Le contrôle de ce dispositif n’est pas efficient. Par conséquent, ce type de carburant est souvent contourné par l’informel vers des véhicules particuliers».Du côté du ministère du Transport, «le gasoil professionnel n’est pas une mesure qui peut être mise en place dans l’immédiat». C’est un dispositif lourd qui demande l’implication de plusieurs départements, notamment la tutelle, les Finances...Outre le gasoil professionnel, les transporteurs fondent beaucoup d’espoir sur des subventions de l’Etat pour le renouvellement du parc. Une mesure phare de renouvellement, prévue pour l’année 2007-2008, doit consacrer 360 millions de DH sur trois ans à la mise à niveau du parc, à raison de 120 millions de DH par an. A l’heure où nous mettions sous presse, il a été convenu de débloquer 400 millions de DH aux transporteurs. C’est le montant global des mesures d’accompagnement. La moitié (200 millions) sera allouée au transport routier, alors que l’autre moitié ira au transport urbain, les bus notamment. Au niveau de la Fédération du transport urbain, l’on se pose déjà la question: Est-ce que les 200 millions ne vont être affectés qu’aux régies? L’on parle aussi d’une aide de 13 millions de DH de l’UE qui serait allouée au secteur du transport. Cette aide s’inscrit dans le cadre d’un programme de mise à niveau et de la mise en place d’un observatoire du transport. Une mise à niveau du transport urbain (taxi et bus) serait également à l’ordre du jour. Un chantier qui relève plutôt du ministère de l’Intérieur. La grogne ne se limite pas au transport de marchandises. Les loueurs de voitures qui utilisent des véhiculent de dernière génération avec un gasoil 350 PPM, les transporteurs de marchandises et ceux de messagerie sont logés à la même enseigne. Tous demandent «une tarification spéciale».Selon Omar Bennouna, président de la Fédération de transport de voyageurs (FNTRV), «cette hausse est un coup dur asséné à la profession. Nous sommes le seul secteur où les tarifs n’ont pas évolué depuis 1997. Entre-temps, les tarifs des assurances ont changé, le carburant, la pièce de rechange... ». Pour Bennouna, le secteur est encore administré par l’Etat. A la veille de la libéralisation prévue pour 2007, «il serait judicieux de mener une étude sur les coûts du transport de voyageurs et réaliser un observatoire sur ce secteur».


    Autoroute: 5% des charges

    A la Fédération nationale du transport routier (FNTR), l’on parle de 5% des charges qui vont au péage des autoroutes. Pour alléger le coût d’une tarification jugée onéreuse et inciter les transporteurs à emprunter fréquemment le réseau autoroutier, la FNTR suggère l’application d’une «tarification spéciale de nuit». La Fédération étaye sa revendication par un argument de taille, à savoir la rareté du trafic de voitures et du coup, la diminution des accidents de la route. A. R.

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