Economie

Grève: Santé, éducation... toujours les mêmes!

Par L'Economiste | Edition N°:2776 Le 14/05/2008 | Partager

. Le secteur semi-public résiste au mouvement. Un nouveau débrayage prévu le 21 mai DES bureaux vides et des services paralysés. Hier, l’appel à la grève, lancé par quatre centrales syndicales, a été largement suivi. Si des employés en ont profité pour s’offrir une grasse matinée, la majorité a suivi le mouvement. Par exemple, dans l’arrondissement du Maârif, à Casablanca, les fonctionnaires étaient là mais n’ont pas travaillé. «Nous sommes venus au bureau, mais sans travailler, histoire de ne pas passer pour des casseurs de grève», révèle un fonctionnaire au service de la légalisation des signatures. A l’arrondissement de Sidi Belyout, Essedik Boulaidi, chef du personnel, ne veut pas communiquer sur le taux de participation à la grève. «Une chose est sûre, toutes les transactions administratives sont bloquées», dit-il. Plus loin, au lycée Ibn Habbous, les enseignants ont suivi massivement le mouvement. . «Dialogue de sourds»En tout cas, du côté des syndicats, on crie victoire. «Le taux de participation a été plus fort que la dernière fois. On pense qu’il y a 90% de grévistes», affirme Mohamed Khafifi, secrétaire régional de la Fédération nationale de l’enseignement (FNE), affiliée à l’UMT. Même son de cloche chez l’Union nationale du travail au Maroc (UNTM): «C’est une réussite totale dans tous les secteurs de l’administration publique», assure Abdelilah El Halouti, vice-secrétaire général. Mine des grands jours également dans le QG de l’Organisation démocratique du travail (ODT). «La grève d’aujourd’hui a été suivie par plus de 90% des fonctionnaires. Dans certains secteurs, le taux est de 100%, comme la santé, éducation, collectivités locales, etc.», explique Mohammed Ennahili, membre du bureau exécutif. Seul bémol, le secteur semi-public où la grève n’a mobilisé que 30% des employés. C’est le cas, par exemple, à l’Office national des chemins de fer (ONCF). Selon Ennahili, ce taux de participation s’explique «par le non-respect des libertés syndicales de ces organismes». Selon des observateurs, cette forte mobilisation s’explique par l’enjeu lié au dialogue social. «Cette grève est un message de fermeté adressé au gouvernement», affirme Khafifi. C’est l’occasion, pour les syndicats de dénoncer «les médiocres résultats du dialogue social et de protester contre le non-respect de l’accord du 1er août 2007», signé entre le ministère de l’Education nationale et quelques centrales syndicales. Ledit accord portait, entre autres, sur la révision du système de notation des fonctionnaires de l’éducation, la refonte du statut des enseignants, la promotion exceptionnelle des fonctionnaires. Dans ce secteur, 100.000 employés répondent aux critères et sont en attente de promotion depuis 2003. Visiblement, un dialogue de sourd s’est installé entre le gouvernement et les centrales syndicales. De plus, rien n’indique que les choses vont aller de l’avant. Déjà, une nouvelle grève est annoncée pour le 21 mai.Hassan EL ARIF

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