×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Entreprises

    Grève à Arab Bank et à ABM Bank : Banques: L'USIB-UMT prépare un mouvement général

    Par L'Economiste | Edition N°:217 Le 15/02/1996 | Partager


    La tension monte dans le secteur bancaire. L'USIB menace de lancer une grève générale après le Ramadan pour appuyer une série de revendications présentées au GPBM dès février 1995.


    Depuis quelques semaines, les grèves se multiplient dans certains établissements bancaires. En quinze jours, le personnel de Arab Bank Maroc en est à son troisième mouvement. Un mot d'ordre de 48 heures est reconduit pour les mercredi 14 et jeudi 15 février. Motifs: le personnel entend protester contre les "augmentations dérisoires de la prime de mérite de fin d'année, fustiger les atermoiements et les tergiversations de la direction générale quant à l'ouverture de négociations responsables avec le bureau syndical et exprimer son mécontentement pour ce qui concerne les tentatives de retour sur les droits acquis".

    Au-delà de ces revendications militantes, le personnel déplore le fait que la direction générale "refuse de jouer son rôle de partenaire social". Les primes de fin d'année ont ravivé la tension. A en croire le bureau syndical de la banque affilié à l'USIB-UMT, le directeur a décidé de traiter l'augmentation des primes d'assurance maladie sans l'aval du personnel, réduisant d'autant les revenus potentiels. Outre le paiement intégral des sommes dues, les revendications portent globalement sur le volet social, notamment la possibilité de bénéficier des avantages du centre d'estivage. Face à cette levée de boucliers, M. Salah Eddine Haroun, administrateur directeur général de la banque, annonce qu'il est ouvert à toute discussion et espère arriver bientôt à un accord. Cependant, il déplore "le manque de logique" dans la démarche adoptée par les grévistes qui ressemble à une "épreuve de force".
    Les dernières négociations menées le 13 février se sont soldées par un échec. "La direction a tout juste promis, sans avoir signé de protocole d'accord, de procéder à la révision des augmentations de mérite de fin d'année à la fin du mois d'avril", indique l'USIB qui regrette par ailleurs le "mutisme" du GPBM dans cette affaire.

    Conflit ABN Amro-personnel


    Autre banque, autre problème. Les employés de ABM Bank avaient lancé un mot d'ordre de 24 heures le lundi 12 février, après un débrayage d'une heure mené quelques jours auparavant. La particularité de ce mouvement ressort du fait que le conflit oppose directement le personnel à la maison mère. Il n'existe pas de grief vis-à-vis de la direction actuelle, annonce-t-on auprès de l'USIB. Les employés entendent protester contre la décision de ABN Amro qui, après avoir pris le contrôle de près de 97% du capital de ABM Bank tente d'installer un directeur général hollandais (déjà dans le pays) à la place de M. Azzedine Mâach. Celui-ci devrait, en contrepartie, hériter d'un poste d'administrateur avec un rôle de conseiller. Le personnel redoute que la nomination d'un directeur étranger ne soit le signal de la mise en place d'un plan de compression. Il est souligné à ce sujet que le contrôle de la banque par ABN Amro a été "favorisé" par le personnel avec pour principale condition le maintien d'une équipe dirigeante marocaine. La position est donc claire. Selon le syndicat, le personnel refuse toute installation d'un nouveau directeur étranger. Actuellement, il est constaté que "la maison mère tente de revenir sur l'ensemble de ses engagements". Ceux-ci portent en outre sur le réinvestissement des bénéfices réalisés pendant les cinq années à venir et l'ouverture d'une quarantaine d'agences. La décision en instance ne constituerait donc qu'un ballon d'essai.

    Malaise


    Pour l'instant, l'expectative est de rigueur. Dans tous les cas, la prise de fonction d'un directeur général dans le secteur bancaire, fût-il marocain, est soumise au respect d'un certain nombre de conditions.
    Il est souligné qu'une forte délégation de la maison mère actuellement présente au Maroc s'est contentée de tenir une réunion avec quelques cadres de la Banque et refuse les discussions globales. Les employés menacent de reconduire le mouvement jusqu'à la satisfaction des revendications. Ils exigent le respect de tous les engagements pris par ABN Amro, le maintien de tout le personnel, l'attribution gratuite de 10% du capital au personnel (ce qui lui permettra d'être présent au conseil d'administration) et le paiement du reliquat (50%) de la prime d'augmentation du capital qui correspond à un mois de salaire.
    Le malaise ne touche pas exclusivement ces petites banques, indique l'USIB qui a déjà entamé le rappel de ses troupes. L'intersyndicale s'apprête en effet à lancer un mouvement général après le Ramadan. Un cahier de revendications en huit points avait été déposé depuis février 1995 auprès du GPBM. Outre la révision progressive de la convention collective, les principaux points soulevés lors de la grève générale de 1994 sont remis sur la sellette. Il s'agit notamment de l'augmentation des salaires, de la réduction des taux d'intérêt sur les prêts au logement et à la consommation ainsi que de la hausse des primes de scolarité.

    Alié Dior NDOUR.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc