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    Tribune

    Gouverner c'est pleuvoir !

    Par L'Economiste | Edition N°:204 Le 16/11/1995 | Partager

    par Mohamed Laroussi

    Quel splendide week-end nous venons tous de passer!
    Il a plu, enfin! Et pas ces gouttelettes éparses et timides, ni ces grosses gouttes grasses et éphémères qui font souvent l'effet d'un flop. Non! C'était de la vraie pluie, insistante et généreuses, qui nous a fait l'effet, oh combien agréable! d'une douche chaude. Ce week-end, nous avions tous des mines radieuses. Nous ressemblions aux gens du Nord, du grand Nord, un jour de soleil.
    Oui il a plu, enfin! Ce qui signifie, c'est vrai, que le soleil brille pour tout le monde. Hip Hip Hip Hourrah!
    Et maintenant? Vous avez voulu la pluie, nous avons eu la pluie. Et après? Bien sûr, comme m'a dit, joyeux, un ami un peu porté sur la bouteille: "C'est bon pour les glaçons". Mais il n'a même pas raison, mon ami, car les glaçons, paraît-il, certains les faisaient avec du Contrex. Eli-mi-né!
    Non, soyons sérieux. Il paraît que l'absence de pluie entraînait l'absence de "liquide". Je n'ai jamais compris le rapport, mais admettons. Alors, la pluie est là, on n'a plus le droit de jouer à cash-cash.
    Entre nous, cet argument bateau (à sec), je dois avouer que moi-même j'en usais tant que je pouvais.
    A mes fournisseurs: "tu sais, à cause de la pluie, il n'y a pas de "cash-flow", "Que Dieu nous arrose!".

    A mon personnel: "Vous voulez des augmentations?", "Priez avec moi le Bon Dieu. Je fais ce que je "pleux", "Que Dieu nous arrose!"
    Même à ma femme: "Tu vois bien, chérie, que je ne peux pas t'offrir de nouvelle robe, ni même te changer ta vieille bagnole. Regarde le ciel. il est aussi bleu qu'un billet de 200DH. Que Dieu nous arrose! (de billets)".
    En fait, j'ai 111 anecdotes à évoquer. De ce côté-là il n'y avait pas de sécheresse.
    Oui, mais Et maintenant? Qu'avons-nous à dire?
    La pluie est là. Et nous sommes mouillés jusqu'au cou.
    Et à propos de coût, maintenant que le niveau des barrages va augmenter, les prix, eux, vont-ils baisser? En tout cas, pas les miens. J'ai déjà donné. Vous vous rendez compte? J'étais amené à solder toute l'année. Et je n'étais pas le seul. Mais moi, c'était carrément Tati. Mais, comme dit Hervé Villard: "Tati, c'est fini". Maintenant qu'il a plu, on va tous se rattraper.
    En plus, vous qui lisez les journaux, vous savez que nous sommes arrivés à faire courber l'échine aux gens du Nord (avec leur mine radieuse).
    Ils nous ont menés en "bateau" avec leurs barricades et leurs manifs. Niet, c'était Niet!
    Nous n'avons pas de pluie, mais nous avons des idées. Résultat: notre poisson, nous allons le donner, mais c'est nous qui allons fixer le taux de remise. Ce qui est bon pour l'un est bon pour "lotte".

    Ceci dit, ne pêchons pas par excès d'optimisme. La menace n'est pas tout à fait écartée. Le vilain soleil risque à tout moment de revenir. Sur ce plan, nous connaissons tous un rayon. Moi-même, par lâcheté compréhensible, j'ai tiré les rideaux de mon bureau pour ne pas le voir.
    Maintenant que c'est sombre, je vois plus clair. Moi qui ne travaille qu'avec mes méninges, le gris est ma couleur favorite.
    Je vois que vous faites déjà grise mine. Eh bien vous avez tort. Car s'il a plu, ça doit vous plaire.
    Faites comme moi. J'ai vidé le flacon de mon eau de toilette (je l'ai achetée au "free shop". Vous savez, par les temps qui courent). Et je l'ai remplie de la divine pluie. Alors, à chaque fois que je sentirais que le vent de scepticisme et de sinistrose est en train de tenter de m'envahir, Pshiit! Pshiit! sur le visage et en avant!
    On ne va pas me la refaire à moi.
    "Gouverner c'est pleuvoir", avait dit un jour Lyautey. Moi, je préfère Bécaud: "L'important c'est l'arrose".

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