×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Dossiers

    Globalisation: Les incompétences culturelles

    Par L'Economiste | Edition N°:464 Le 16/03/1999 | Partager

    · Les leaders deviennent globalement civilisés lorsqu'ils parviennent à formuler une vision globale
    · L'évolution des télécommunications et les technologies informatiques ont contribué à la création d'un village planétaire


    Les dirigeants des multinationales doivent prouver qu'ils sont ouverts à toutes les personnes, de toutes nationalités, qu'ils peuvent s'engager dans des alliances réussies et entretenir des relations d'interdépendance à long terme. Ils auront ainsi des valeurs partagées avec toutes les parties prenantes. Les dirigeants du 21ème siècle doivent occuper une position de leadership partout dans le monde (en Amérique, en Europe, au Moyen-Orient, en Afrique) et optimiser ce qu'ils apprennent dans chaque région au profit de tous les consommateurs.
    Pour concevoir une vision globale, les dirigeants ont besoin de mieux comprendre les forces politiques, économiques, socio-culturelles, technologiques et écologiques en jeu dans toutes les régions du monde. Ils pourront alors saisir certains aspects de la civilisation globale émergente: les besoins changeants des consommateurs, les stratégies des concurrents à travers le monde Leurs clients sont des individus issus de différentes cultures avec des préférences diverses. Les ambassadrices d'Avon sont au nombre de 600.000, en Amazonie ou en Chine entre autres; un guerrier de la tribu Sambhuru, au Nord du Kenya, peut acquérir un téléphone cellulaire. Ces exemples illustrent parfaitement le phénomène de la globalisation. L'évolution des télécommunications et les technologies informatiques ont contribué à la création d'un village planétaire.

    Des ours grizzly


    Les considérations d'ordre écologique ne sont plus une mode ou une tendance passagère, elles sont devenues une étape nécessaire vers un changement fondamental de l'opinion mondiale sur le développement et l'environnement. La Banque Mondiale a récemment annulé l'octroi d'un prêt pour un projet de construction d'un grand barrage au Népal, suite aux protestations de groupes de protection de l'environnement.
    Le groupe australien BHP, opérant dans le domaine de l'extraction minière, a poussé ses ouvriers à participer à des ateliers sur le comportement des ours Grizzly pour les préparer à l'inauguration, avec un partenaire canadien, de la première mine de diamants en Amérique du Nord, au milieu de la toundra, au Nord-Ouest du Canada. Cette action fait partie d'un programme visant à s'assurer que le projet serait accepté, en faisant participer les communautés gouvernementales, locales, indigènes ainsi que les groupes de défense de l'environnement.
    Les leaders deviennent globalement civilisés lorsqu'il parviennent à formuler une vision globale, qu'ils peuvent ensuite communiquer à une large audience à travers le monde, tout en inspirant et motivant les employés et les investisseurs à l'échelle mondiale. La vision globale est également une base nécessaire pour la constitution d'une équipe de direction compétitive au niveau international, composée de personnes ayant une expérience directe et des compétences interculturelles et transfrontalières qui leur permettent de travailler sur tous les marchés du monde et capables de transmettre leur savoir-faire à travers le monde.
    Assumer un rôle de leadership à l'échelle mondiale signifie qu'il faut accomplir plusieurs missions à la fois:
    - construire une image de marque globale grâce à un réseau de partenaires mondiaux;
    - consacrer plus de temps et d'énergie aux marchés globaux;
    - répondre aux différents goûts des consommateurs;
    - relever les défis interculturels associés au transfert des idées du local vers le mondial.
    Ceci signifie également qu'il faut importer des concepts d'une culture à l'autre, impliquer des gens de différentes nationalités pour développer des standards de qualité et un meilleur service à la clientèle, établir des centres internationaux d'excellence; encourager le développement des compétences interculturelles et promouvoir une culture de partenariat mondial. Nous ignorons si la civilisation globale actuelle persisterait. Pas moins de vingt et une civilisations antérieures avaient disparues par le passé. Etre globalement civilisé ne signifie pas que notre monde serait un monde transculturel ou sans frontières. Dans un monde composé d'au moins 200 nations et de dizaines de milliers de cultures différentes, les entreprises peuvent ériger, à travers des compétences internationales et interculturelles, une civilisation globale qui a toutes les chances de durer.

    Traduction: Aziza EL AFFAS
    L'Economiste


    La liste des incompétences


    Nous avons mené des recherches sur les incompétences interculturelles qui provoquent l'échec des entreprises dans plusieurs pays, dont l'expérience des firmes suédoises aux Etats-Unis, les Coréennes au Mexique, les Canadiennes au Venezuela, les Françaises en Corée et les Japonaises au Royaume-Uni. Nous avons déceler neuf incompétences:
    Les trois premières sont intimement liées, elles empêchent les entreprises de répondre aux attentes du marché.

    1- L'incapacité de viser les bons créneaux: Le choix du secteur d'activité est fondamental. S'attaquer à une entreprise nationale, bien enracinée sur le marché local n'est pas un choix judicieux.

    2- La résistance aux changements: La concurrence est rude, la modernisation et les mises à jour sont donc nécessaires pour réagir aux changements locaux.
    3- Pas de produits uniques: Les produits ne sont pas perçus par les consommateurs, sur les marchés locaux, comme étant des produits uniques et à forte valeur ajoutée.
    Les quatre incompétences suivantes concernent les capacités et aptitudes de la direction de la filiale:

    4- Un engagement incertain: Il faut du temps pour apprendre à travailler dans un pays comme le Japon. Le succès instantané n'est pas garanti, une période de cinq à dix ans est nécessaire avant de commencer à recueillir les fruits de son labeur, il faut donc savoir être patient. Un engagement incertain peut être un obstacle à l'apprentissage.

    5- Pas de bonnes personnes aux bons postes: C'est le fait de choisir des personnes ou des équipes inadéquates pour les postes à pourvoir dans une filiale. Mais déterminer d'avance la personne qui ne convient pas n'est pas une tâche facile. Le recrutement d'une personne issue du pays d'origine de la firme, n'ayant aucune connaissance du pays d'accueil et dont le seul mérite est d'avoir la confiance de la direction générale peut indiquer une certaine partialité ethnocentrique de la compagnie, surtout lorsque la personne nommée ne possède pas des capacités d'adaptation. La personne inadéquate peut également être une personne qui n'a pas la confiance de la maison mère.

    6- Mauvais choix de partenaires:
    Ce sont des partenaires qui ne possèdent pas les capacités nécessaires pour accéder au marché local. Une bonne relation de partenariat dépend du choix de partenaires qualifiés ayant une vision partagée et évoluant dans une ambiance de confiance et de bonne entente. Les échecs répétés sont des symptômes d'incompétence interculturelle.

    7- Incapacité de gérer les groupes de pression: C'est l'incapacité d'établir des relations satisfaisantes avec les syndicats, les gouvernements, les écoles, les groupes écologiques ces groupements peuvent avoir une grande influence sur la performance de la succursale.
    Deux autres facteurs peuvent être directement reliés à la direction générale d'une multinationale:

    8- Développement d'un sentiment mutuel de méfiance et de manque de respect entre la direction générale et les succursales à différents niveaux: L'incompétence est liée à une dégradation chronique des relations entre le siège social et les dirigeants des filiales. La direction générale perd ainsi confiance dans les managers successifs des filiales.

    9- Incapacité d'exploiter des idées développées dans un pays donné dans d'autres pays: Les innovations développées dans un pays et dont l'application se limite au pays d'origine, constituent une incompétence qui peut entraver la réussite de la compagnie.

    Aziz EL AFFAS

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc