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    Economie

    Globalisation: Débats politiques chauds chez HEM

    Par L'Economiste | Edition N°:468 Le 22/03/1999 | Partager

    · Le patron du Monde Diplomatique: La globalisation est suicidaire
    · Adil Douiri: Merci à Mme la Globalisation si elle crée des emplois
    · Michalet: Pas de quoi enthousiasmer les foules, mais pas de choix non plus


    «Il faut réduire le commerce, car il consomme de l'énergie pour son transport et il pollue en épuisant les ressources de la planète». Le directeur du Monde Diplomatique, M. Bernard Cassen, utilise plusieurs fois cet argument pour s'inscrire en opposition contre l'ouverture et la globalisation.
    En l'invitant à exposer les vues développées dans sa publication, HEM avait fait un bon choix: la salle du Centre Multimédias de Rabat était comble le vendredi 19 mars 1999. Pour M. Cassen, pas question de renoncer ne fusse qu'un iota, à des positions de contradiction, même s'il faut forcer le trait jusqu'à rendre l'argument amusant.
    Face à trois autres conférenciers favorables à l'ouverture, M. Cassen n'avait pas la partie facile, mais il avait, selon le mot du Pr Michalet, le beau rôle: celui du critique.
    Pour le directeur du Monde Diplomatique, la globalisation est un pari trop risqué. «Il y a beaucoup d'appelés et peu d'élus», explique-t-il et considère donc qu'il vaut mieux ne pas se lancer dans une course «largement perdue d'avance». De plus, indique-t-il en substance et en citant le cas des pays d'Asie, faire partie des élus est une donnée sans cesse remise en cause.
    Certes, ces risques existent bien, rétorque le Pr Michalet, enseignant à Paris Dauphine et consultant auprès de la Banque Mondiale, «mais il n'y a pas d'autre option». Ce qui lui vaut d'être contré par M. Cassen: «Vous n'étudiez pas d'autres options, (car) vous déifiez le commerce, c'est du suicide écologique». Il est vrai que dresser, comme l'a fait le Pr Michalet, l'agenda des réformes pour entrer dans la globalisation, et admettre que ce n'est pas gagné à tous les coups, n'est pas très susceptible d'enthousiasmer les foules. Néanmoins, le Pr Michalet est tout aussi applaudi par la salle que l'est M. Cassen.
    C'est Adil Douiri, cofondateur de CFG, qui propose la sortie du labyrinthe. Abandonnant totalement le terrain des batailles idéologiques, il campe fermement sur le terrain de la pratique quotidienne. «La multinationale SGS Thomson fait de meilleurs résultats dans son usine à Casablanca qu'en Asie, tant mieux pour les gens qui travaillent chez elle. Est-ce que je dois dire qu'il faut qu'elle quitte le Maroc parce que je ne veux pas de la globalisation?», fait mine de se demander M. Douiri. «Non bien sûr. Au contraire je vais dire merci à M. SGS Thomson». Evidemment, la salle applaudit très fort cette option pragmatique. M. Cassen fait la grimace, mais se garde d'abandonner son propre champ de bataille pour aller sur celui que lui propose M. Douiri.
    Habile politique, ce dernier offre même des ouvertures d'options critiques: «Je ne suis pas d'accord avec la manière dont se font les concessions de services publics, il faut impliquer davantage le tissu local», lance-t-il proposant par là une ouverture de débats politiques (et polémiques). Mais les auditeurs et conférenciers ne reprennent pas la perche tendue, mais si elle démontre que l'entrée dans l'option de globalisation n'est pas, loin s'en faut, l'abandon du droit à avoir des choix stratégiques à l'intérieur.

    Nadia SALAH


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