×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Economie

Gestion de l'eau : Le monde rural a besoin de 10 milliards de DH

Par L'Economiste | Edition N°:226 Le 18/04/1996 | Partager

Après neuf ans de sécheresse, l'Alliance Maghreb Machrek pour l'eau a réunis des spécialistes marocains et étrangers pour mener une réflexion sur la gestion participative de l'eau et la stratégie de financement.


L'eau devient une ressource de plus en plus rare qui nécessite une gestion rigoureuse au même titre que les biens et services. Pour cela, l'Alliance Maghreb Machrek pour l'eau(1) a pris l'initiative d'organiser un atelier international sur la gestion participative de la ressource en eau et la stratégie de financement. Cet atelier a été présidé par M. Driss Khalil, ministre de l'Enseignement Supérieur, de la Recherche scientifique et de la Formation des Cadres, en présence de M. Hammouda El Caïd, wali de Casablanca. Ont pris part à cette manifestation des représentants des pays du Maghreb, d'Afrique, d'Europe et d'Amérique du Nord, en plus de nombreux responsables d'ONG. La succession des années de sécheresse au Maroc et dans d'autres pays d'Afrique constitue la principale raison qui a poussé à mener une réflexion sur la gestion de l'eau. La fréquence, qui était d'une année de sécheresse par décennie depuis le début du siècle, s'est élevée à neuf ans de sécheresse en seize ans entre 1980 et 1996. Cette situation s'est aggravée par l'augmentation de la demande, conséquence de la croissance démographique, l'extension des zones urbaines, de l'industrialisation et le changement des modes de vie et de consommation, rappelle le représentant du Réseau Marocain de l'Eau.

Profit immédiat

Près d'un quart de la population humaine n'a pas accès à des moyens satisfaisants d'approvisionnement en eau et d'assainissement. Toutes les huit secondes, un enfant est atteint d'une maladie en rapport avec l'eau, indique le représentant de l'OMS. La mortalité peut être réduite de 20 à 80% grâce à l'existence d'eau potable et d'assainissement.
La gestion participative nécessite cependant l'adhésion des différents organes concernés (Administration, secteur privé, ONG mais aussi les population elles-mêmes essentiellement d'origine rurale), rappelle un intervenant. Toutefois, la mise en application d'un projet de gestion participative de l'eau rencontre un certain nombre de contraintes. La pauvreté en milieu rural par exemple conduit les consommateurs à privilégier le profit immédiat et individuel par rapport à l'intérêt général. En outre, l'analphabétisme et le vieillissement des populations rurales limitent les capacité d'innovation dans ces régions.
Mais le secteur public n'a pas encore initié d'actions concrètes en matière de gestion de l'eau malgré le bon nombre de discours officiels. Le manque de confiance de la part des populations vis-à-vis des programmes des collectivité locales freine la mise en oeuvre d'une approche participative, ajoute le rapport du Réseau Marocain de l'Eau. Le secteur privé, quant à lui, n'agit que de façon ponctuelle et en fonction de ses propres intérêts et les ONG sont encore peu présentes sur le terrain. Ces différentes institutions manquent de coordination et n'ont pas de vision claire sur les projets de développement rural, encore moins sur la répartition des tâches entre les différents intervenants, mentionne le même rapport.

Mauvaise gestion

A la question de "la pénurie du ciel" s'ajoute le problème de la pénurie des ressources financières. Pour certains intervenants, il n'existe pas vraiment de manque de financement. C'est plutôt la mauvaise gestion et les affectations budgétaires qui sont en cause. Il reste toutefois, pour un grand nombre de collectivités rurales, que la question financière est la principale contrainte. A lui seul, le Maroc a besoin de 10 milliards de Dirhams pour rénover ses installations et matériel de pompage permettant une gestion rationnelle de l'eau. Et si l'on prend le Monde arabe en totalité, il ne faudrait pas moins de 5 à 6 milliards de Dollars d'investissements par an. Dans certains pays d'Afrique subsaharienne, ce sont les villageois qui prennent l'initiative de monter une étude de projet et qui sollicitent des ONG pour être accompagnés dans la réalisation sur les plans technique et financier. En Algérie, les ONG sont bien introduites dans le domaine de la gestion de l'eau. En effet, plusieurs interventions ont été réalisées dans le Sud du pays pour l'irrigation des palmeraies. En outre, et en tant que groupe de pression, les ONG participent dans des conseils d'administration de certains organismes publics concernés par la gestion de l'eau.

Hicham RAIQ

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc