Economie

Gaz butane: 20 jours d’approvisionnement tout au plus

Par | Edition N°:2918 Le 11/12/2008 | Partager

. Le stockage est actuellement de 70.000 tonnes. Grosses difficultés sur les terminaux d’Agadir, Jorf Lasfar et Nador. En cause également, le blocage des ports algériens pour mauvais tempsLE marché sera-t-il correctement approvisionné en gaz butane? En cette période de froid, la question préoccupe les professionnels du secteur. Bien que certains tentent de rassurer en affirmant qu’«il n’y a vraiment pas de souci à se faire pour le moment». Mais une chose est sûre, le spectre de grosse pénurie de gaz butane plane sur le pays. En effet, la Société marocaine de stockage (Somas), une joint-venture des principales entreprises d’emplissage et de distribution, ne dispose actuellement que d’une réserve de 20 à 25 jours tout au plus. Fonctionnant en flux tendu, ses capacités sont de 70.000 tonnes. Pas assez pour assurer la demande nationale si les conditions climatiques continuent à être aussi mauvaises. Une situation qui préoccupent le Groupement des pétroliers du Maroc (GPM). De fait, de grosses difficultés d’approvisionnement sont enregistrées ces dernières semaines sur les principaux terminaux dédiés du Royaume, notamment à Agadir, Jorf Lasfar et Nador. D’autres n’hésitent pas à voir dans cette situation la volonté des professionnels à ralentir les commandes pour espérer tirer profit de la baisse des cours sur le marché mondial. De sources proches de la direction du GPM, l’on impute ces difficultés au fait que la plupart des ports algériens (nos principales sources d’approvisionnement) sont, depuis quelques semaines, bloqués pour des raisons de mauvais temps. Voilà qui rappelle la situation vécue en 2002 de la Somas après les inondations causées par le débordement de Oued El Maleh, à Mohammédia (cf. www.leconomiste.com). En effet, son site de stockage avait été enseveli sous plusieurs tonnes de boue. En conséquence, pas moins de 100.000 tonnes de gaz, soit près de 1 mois de consommation nationale, avaient vu leur exploitation commerciale arrêtée. Plus grave encore, les intempéries avaient provoqué un incendie à la raffinerie de Mohammédia et paralysé toute l’activité. Sachant que Samir contribue à hauteur de 15% dans la production du gaz destinée à la consommation nationale, la situation était, pour le moins, dramatique.Selon de nombreux opérateurs, le marché du gaz butane a toujours été «un marché très serré». Dans la mesure où la logistique dédiée au transport du gaz n’est assurée que par des petites cargaisons. Ce qui lui confère un fonctionnement en flux tendu quasi permanent, dans sa phase de distribution. Ensuite, ce type de transport est fortement dépendant des conditions météorologiques. La preuve aujourd’hui. Même si les professionnels du secteur se veulent rassurant quant au risque de rupture d’approvisionnement, ils n’en demeurent pas moins vigilants. Sur certains terminaux comme Nador, Agadir et Jorf Lasfar, c’est déjà le branle-bas de combat pour éviter la crise. Actuellement, seul le port de Mohammédia est à l’abri des aléas climatiques. A ces facteurs naturels s’ajoute le problème récurrent que vivent les opérateurs de distribution du gaz butane. Ils se plaignent de l’irrégularité de paiement de la subvention de l’Etat. Rappelons que le montant global des subventionnées allouées pour les différents produits pétroliers sur le budget 2008 a atteint à fin août dernier la somme de 17,4 milliards de DH. Dans le détail, le gaz butane se taille 30% de la manne, soit plus de 5,22 milliards de DH. Loin devant l’essence (4%), le gasoil 350 ppm (3%) et le fuel industriel (13%). Il est ainsi au deuxième rang des produits pétroliers les plus subventionnés après le gasoil 10.000 ppm. En attendant, les discussions et examens des prix des produits pétroliers sont encore soumis à l’approbation de la Commission interministérielle des prix, siégeant au niveau du ministère des Affaires économiques et générales. L’autre débat attendu également dans ce secteur stratégique est incontestablement la mode de distribution. A l’exception de quelques deux ou trois entreprises structurées et spécialisées dans la distribution (livraison à domicile) des bombonnes de gaz butane de 3 et 12 kg et propane de 34 kg, l’on se croirait encore au siècle dernier. Le bon vieux réseau de distribution via les épiciers du quartier, souvent sans réelle capacité de stockage et sans connaissance du produit (de sa dangerosité), semble avoir encore de beaux jours devant lui. Ici comme ailleurs, les GPL répondent pourtant aux besoins de centaines de milliers de particuliers et professionnels, mais jamais la grande distribution au Maroc n’a pensé à se saisir de ce marché. Sachant que ce réseau est plus à même d’assurer une plus grande sécurité dans la manipulation de ce produit dangereux. A l’instar des grandes sociétés de distribution du gaz dans le monde, la Somas gagerait peut-être à mettre en place un réseau de distribution de proximité. Une sorte de réseau de points de dépôt-vente plus sécurisé.Bachir THIAM

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